Un jour que le Bouddha parlait aux moines du sens de la mort, un certain moine, ayant arrangé son kasaya (vêtement du moine) sur l’épaule gauche, dit au Bouddha : « je puis méditer le sens de la mort. » Le Bouddha lui demande : « Comment médites-tu ? » Le moine dit : « Je n’espère pas vivre plus de sept ans. » Le Bouddha déclara : « C’est en étourdi que tu médites le sens de la mort. »
Un autre moine dit : « Je n’espère pas vivre plus de sept mois. » Un autre parla de sept jours, et d’autres encore de six, cinq, quatre, trois, deux ou un jour. Le Bouddha leur dit : « Vous tous méditez en étourdis le sens de la mort. »
Un moine dit qu’il n’espérait pas vivre plus d’une matinée, depuis le matin jusqu’à l’heure du repas. Le Bouddha déclara : « Vous aussi vous méditez en étourdi le sens de la mort. »
Enfin, un moine, ayant arrangé son kasaya sur l’épaule gauche, dit au Bouddha : « Je n’espère vivre que le temps requis pour expirer le souffle sans attendre l’inspiration suivante, ou que le temps requis pour inspirer le souffle sans attendre l’expiration suivante. » Le Bouddha déclara : « C’est cela méditer vraiment le sens de la mort, sans y mettre d’étourderie. O moines, toutes les formations naissent et périssent d’instant en instant. Leur temps de durée est très court. Ce qui naît et ce qui périt est une création magique, sans vraie réalité. »
Contes et paraboles du Bouddha, Choisis et présentés par Pierre Crépon
(D’après le recueil le livre des cents apologues et le Tripitaka chinois)
Ceux qui s’engagent dans le dhamma peuvent sentir dès le début de leur pratique des bénéfices liés à la doctrine, par la mise en place d’une éthique correcte, et par les supports intellectuels et spirituels qu’elle offre. Il y aura de nombreuses difficultés, des épreuves et des incompréhensions à surmonter. Parfois, dans l’exercice du contrôle des sens, pendant la maîtrise d’un des côté, il y a des débordements de l’autre côté. Mais chaque effort n’est pas vain, chaque graine positive engendre des gains, ce qui démontre à l’esprit qu’il est bon d’œuvrer dans son contrôle. Le désir de victoire sur notre propre esprit vagabond grandit, non sans mal, pour notre propre bien, et pour la libération finale par rapport à dukkha. Pour atteindre ces objectifs il faut se défaire des habitudes mentales, il faut que l’optique globale change ; la persévérance, le discernement sont nécessaires.
Sur une telle voie -la voie des Ariyas-, ceux qui voient l’objectif, ceux qui voient les bénéfices déjà obtenus, continuent leur pratique avec de plus en plus d’assiduité.
Petit à petit la pratique s’équilibre, les divers facteurs de la voie aidant.
Avec les premiers fruits du sentier, la confiance –saddha- devient un des alliés principaux du disciple.
« On dit dans les écritures, que pratiquer le Dhamma, c’est comme allumer un feu. Avant l’invention des allumettes ou des loupes, il fallait utiliser la technique primitive de la friction pour faire surgir le feu. L’instrument utilisé avait la forme d’une boucle ; il était tenu à l’horizontale ; dans la boucle était fixé verticalement un bâtonnet dont la pointe venait se loger dans une petite cavité creusée dans une planche et remplie de copeaux ou de feuilles. L’instrument était ensuite poussé d’avant en arrière, faisant tourner le bâtonnet qui finalement mettait le feu aux copeaux ou aux feuilles.
(Dans cette vie même, Sayadaw U Pandita)
Ainsi, celui qui veut se libérer à besoin de deux éléments essentiels : La droiture, et la concentration mentale. La méthode comprise, la moralité certaine, la foi établie, le sentiment d’urgence spirituelle muri, ou envahit subitement celui qui a pris refuge dans les trois joyaux.
La seule chose qu’il reste à accomplir est de se libérer de ce monceau de misère (dukkha). C’est-à-dire, renoncer aux attachements des cinq agrégats et donner toute son énergie, pour réaliser le but de la voie, le nibbâna.
Metta
Il est possible de se réjouir de sa propre pureté sans pour autant dénigrer les autres ou se glorifier soi-même. Illustrons cela par une métaphore. Imaginons une essence d’arbre très recherchée dont le noyau constitue la partie la plus précieuse. Cet arbre représente la vie sainte telle que la définit le Bouddha : sîla, samâdhi et pannâ.
La section transversale de ce tronc nous montre quatre composants : le précieux noyau, le corps du bois, l’écorce intérieure et finalement le mince épiderme de l’écorce extérieure. Un arbre a également des branches et des fruits.
La vie sainte comporte trois sections : sîla, samâdhi et pannâ, ce qui inclut la réalisation du chemin et du fruit, c’est-à-dire l’expérience de nibbâna. Il y a également les pouvoirs psychiques au nombre desquels la vision pénétrante de la véritable nature de la réalité par la sagesse vipassanâ. Et il y a par ailleurs le gain, le respect et la notoriété qui résultent éventuellement de la pratique.
Un bûcheron se rend dans la forêt car il a besoin de sève pour un travail important. Il tombe sur ce beau grand arbre, lui coupe toutes les branches pour les ramener chez lui. Une fois dans son atelier, il constate que ces branches et ces feuilles ne lui sont d’aucune utilité pour son travail ; c’est la personne qui se satisfait du gain et de la notoriété.
Un second bûcheron décolle soigneusement la fine écorce extérieure ; c’est le yogi qui se contente d’avoir une moralité très pure mais qui ne fait aucun effort pour développer son esprit. Vient un troisième yogi, un peu plus intelligent, qui réalise que la moralité n’est pas le but du chemin. Il faut penser à développer l’esprit. Ce yogi va alors se choisir une forme de méditation et travailler intensivement. Lorsqu’il aura atteint la fixité de l’esprit, il se sentira fort. Son esprit sera calme et heureux, il expérimentera la joie et le ravissement. Il est même possible qu’il maîtrise les jhânas ou absorptions méditatives dans une profonde concentration. Il se met alors à réfléchir : « Mon Dieu, comme je me sens bien ! Mais cette personne là, à côté de moi, est tout aussi agitée qu’au début ! » Ce yogi a l’impression d’avoir atteint l’essence de vipassanâ et de la vie sainte alors qu’en réalité, il est tout simplement victime de la dixième armée de Mâra (exaltation de soi-même et dénigrement des autres). C’est le bûcheron qui se contente de l’écorce intérieure de l’arbre sans avoir atteint le noyau.
Un autre yogi, plus ambitieux, est décidé à développer les pouvoirs psychiques, il les atteint et est submergé d’orgueil. En plus, il s’amuse beaucoup avec ses nouveaux pouvoirs. Il pourrait alors penser : « Oh c’est une expérience très avancée, ce doit être l’essence du Dhamma. Ce n’est pas pour tout le monde ! Cette dame, là, ne peut certainement pas voir ce qui est juste devant son nez, les devas et les êtres infernaux ». Si ce yogi ne se libère pas de la dixième armée de Mâra, il finira intoxiqué, incapable de développer les états mentaux positifs ; sa vie sera marquée par une grande souffrance.
Les pouvoirs psychiques ne libèrent pas vraiment. A notre époque, les gens sont facilement subjugués par les pouvoirs paranormaux. Le fait d’exhiber ces pouvoirs psychiques, même très modestement, provoque pour on ne sait quelle raison, une explosion de foi chez les gens. C’était déjà le cas du temps de Bouddha. Il y a même eu un laïc qui s’est un jour approché du Bouddha pour lui suggérer de s’attirer des élèves en faisant étalage de ses pouvoirs psychiques ; le Bouddha devait, selon lui, mettre en évidence ceux parmi ses disciples qui détenaient les pouvoirs psychiques et leur demander de faire des miracles en public. « Les gens seront très impressionnés, dit-il, et vous aurez beaucoup de dévots. »
Le Bouddha refusa. Par trois fois, l’homme réitéra sa demande et trois fois elle fut refusée. Finalement le Bouddha dit : « Homme laïc, il y a trois sortes de pouvoirs psychiques. Le premier consiste à voler dans les airs, plonger dans la terre et faire toutes sortes d’autres performances paranormales. Le second consiste à lire les pensées d’autrui. Vous pouvez dire à quelqu’un : « Oh, tel ou tel jour, vous pensiez ceci, vous êtes sorti pour faire cela… » Les gens peuvent être très impressionnés par ce genre de choses. Mais il y a une troisième sorte de pouvoir psychique : c’est le pouvoir d’instruire ; ce pouvoir vous permet par exemple de dire à quelqu’un : « Vous avez telle ou telle attitude et ce n’est pas bien, c’est négatif, c’est nuisible, cela ne conduit pas au bonheur ni à celui des autres, vous devriez abandonner ce comportement et adopter telle ou telle pratique pour cultiver les bonnes actions. Ensuite, vous devriez méditer en suivant les instructions que je vais vous donner.» Ce dernier pouvoir, celui de guider les autres sur le juste chemin est le pouvoir psychique le plus important.
« Oh ! Laïc, ces deux premiers pouvoirs n’entameront pas la confiance de ceux qui ont foi en vipassanâ, mais s’ils sont exhibés devant les gens qui n’ont pas cette foi, ils pourraient les amener à se poser certaines questions : ‘ Eh bien ! Qu’a-t-elle de particulier, cette méditation ? On peut obtenir ces pouvoirs par les mantras et autres méthodes ésotériques de certaines sectes ou systèmes religieux que je connais ‘. Ces gens là manqueront mon enseignement. »
Le troisième pouvoir psychique est le meilleur. C’est le pouvoir d’enseigner les autres. « Oh ! Laïc, quelqu’un qui est capable de dire ‘ceci est mal, ne le fais pas, tu dois cultiver le bien par la parole et par l’action. Voilà comment on débarrasse l’esprit des kilesas. Voilà comment il faut méditer. Ceci est le moyen d’atteindre la paix de nibbâna qui libère de toute souffrance ‘. Ceci, oh ! Laïc, est le pouvoir psychique le plus intéressant."
Mais allez-y, essayez d’atteindre les pouvoirs psychiques si cela vous intéresse. Ce n’est pas essentiel mais cela ne contredit pas la pratique de vipassanâ. Personne ne vous en empêchera et le succès dans ce domaine n’est certainement pas quelque chose dont on puisse se moquer. L’essentiel, c’est de ne pas croire que les pouvoirs psychiques sont l’essence de l’enseignement. Celui qui atteint les pouvoirs psychiques et qui croirait avoir atteint la fin du chemin spirituel, se trompe lourdement. Ces gens cherchent le noyau du bois mais se satisfont de la couche extérieure ; rentrés chez eux, ils constatent qu’ils ne peuvent rien en faire. Donc, lorsque vous aurez atteint les pouvoirs psychiques, s’il vous plaît, poursuivez votre pratique et franchissez successivement toutes les étapes de connaissance vipassanâ, les différentes consciences du chemin et du fruit, jusqu’au moment où vous aurez réalisé l’état d’arhat.
Lorsque l’attention et la concentration seront bien établies, la sagesse vipassanâ va pénétrer les différents niveaux de compréhension de la nature des choses. On peut dire qu’il s’agit là d’un autre type de pouvoir psychique mais ce n’est pas encore la fin du chemin.
Il se peut que vous atteigniez finalement le chemin sotapatti, la noble conscience de celui qui est entré dans le courant. C’est le premier stade d’illumination. Cette première expérience de nibbâna, la conscience du chemin, déracine certaines kilesas de façon définitive. En poursuivant votre pratique, vous arriverez peut-être à la conscience du fruit. Lorsque cette conscience du fruit se manifeste, l’esprit demeure dans la paix de nibbâna. On dit que cette libération n’est pas limitée dans le temps, une fois que vous aurez fait l’effort de l’atteindre, vous pourrez y retourner à n’importe quel moment.
Il faut cependant comprendre que ces premiers succès ne sont pas le but final. Ce que nous propose Bouddha, c’est l’atteinte de l’illumination parfaite, la libération définitive qui anéantit à tout jamais toute forme de souffrance.
Le Bouddha se servit donc de l’image du tronc d’arbre et en guise de conclusion, il dit : « Le bénéfice de mon enseignement ne se limite pas au gain, au respect ou à la renommée, le bénéfice de mon enseignement ne se limite pas à la pureté du comportement, il ne se limite pas à l’atteinte des jhânas, il ne se limite pas à l’atteinte des pouvoirs psychiques ; l’essence de mon enseignement, c’est la libération complète des kilesas et la capacité de réaliser cet état à n’importe quel moment ».
J’espère que vous pourrez accumuler suffisamment d’énergie, de force et de courage pour faire face aux dix armées de Mara, pour les vaincre toutes avec une compassion sans merci, de façon à pouvoir franchir successivement toutes les étapes de connaissance vipassanâ. Puissiez-vous atteindre dans cette vie même la noble conscience de celui qui est entré dans le courant et arriver finalement à vous libérer totalement et de façon définitive de toute souffrance.
Notes :
Les dix armées de Marâ : Les plaisirs sensuels ; le mécontentement ; la faim et la soif ; l’avidité ; la paresse et la torpeur ; la peur ; le doute ; l’orgueil et l’ingratitude ; les acquisitions matérielles, le renom, les honneurs et la réputation mal utilisée ; l’exaltation de soi et le dénigrement des autres.
Kilesa : Tourment de l’esprit, impureté.
Dans cette vie même, Sayadaw U Pandita.
Vipassana
Voici plusieurs approches de Vipassana, principalement selon la tradition du Vénérable Mahasi Sayadaw, qui aideront à cerner ce que cette technique d'observation représente :
Pour commencer, des définitions selon Sayadaw U Pandita :
Vipassana : Littéralement, « voir selon des modes différents ». L’observation énergique des phénomènes physiques et mentaux sous leur aspect d’impermanence, d’insatisfaction et d’absence d’un soi ou d’une essence intrinsèque et indépendante.
Vipassana Jhana : 1) la focalisation continue de l’esprit sur les paramattha dhammas, c’est-à-dire les objets qui peuvent être expérimentés directement, sans la médiation de concepts. 2) L’esprit qui se déplace d’un objet à l’autre en restant fixé sur les caractéristiques d’impermanence, d’insatisfaction et d’insubstantialité. 3) L’esprit capable de rester concentré sur la béatitude de nibbâna.
Deux questions et réponses essentielles concernant vipassana, par Vénérable Sayædaw Ja¥ila :
-« qu'est-ce qui doit être observé pour développer vipassana ? »
-« Dans quel but et quand contempler les agrégats ? »
La réponse à la question « qu'est-ce qui doit être observé pour développer vipassana ? » est : « les cinq agrégats de l'attachement (upædænakkhandhæ) ». C'est-à-dire qu'il convient de contempler ces cinq agrégats, qui, lorsqu'ils ne sont pas observés au moment de leur apparition, sont assujettis à l'attachement.
Les cinq upædænakkhandhæ (agrégats de l'attachement) sont :
1. rþpakkhandhæ (agrégat de la matière)
2. vedanakkhandhæ (agrégat des sensations)
3. saññækkhandhæ (agrégat des perceptions)
4. sa³khærakkhandhæ (agrégat des volitions mentales)
5. viññæ¼akkhandhæ (agrégat de la conscience)
Si les yogi ne réalisent pas qu'un être humain n'est rien d'autre qu'un groupe de cinq agrégats, il sera convaincu que les phénomènes physiques et mentaux sont atta, c'est-à-dire : je suis MOI, lui est un homme, elle est une femme, etc. Il risquera alors d'être très attaché à cette vue incorrecte qu'on appelle sakkæya di¥¥hi. Pour cette raison, il convient de s'entraîner à vipassana jusqu'à développer une compréhension juste des cinq agrégats.
Comment convient-il de contempler les phénomènes avec une vue juste ? Comme le font les yogi ici et maintenant, en notant durant la marche « pas gauche, pas droit » ou « lever, poser » ou « lever, avancer, poser », etc. Nous procédons exactement comme il est indiqué dans le mahæ satipa¥¥hæna sutta : « gacchanto væ gacchæmøti pajænæti ».
Pendant la marche, lorsque le yogø note le mouvement du pas gauche : le mouvement lui-même est l'agrégat de la matière ; le fait qu'il soit agréable ou désagréable est l'agrégat des sensations ; le fait de le noter est l'agrégat des perceptions ; le fait d'effectuer ce pas est l'agrégat des volitions mentales ; la conscience qui le connaît est l'agrégat de la conscience.
Cela constitue donc les cinq agrégats de l'attachement. Le yogi qui n'observe pas le mouvement des pas durant la marche pensera : « c'est MOI qui avance, c'est MON pied qui avance », etc. Cette vue, qui a pour caractéristique de croire que ceci est « moi », est précisément l'attachement des cinq agrégats.
Pendant l'assise, lorsque le yogi note « assis, toucher » : le corps assis est l'agrégat de la matière ; le fait que ce soit agréable ou désagréable est l'agrégat des sensations ; le fait de le noter est l'agrégat des perceptions ; l'effort de noter est l'agrégat des volitions mentales ; la conscience qui connaît est l'agrégat de la conscience.
Lorsque le yogi note : « monter, descendre », ce gonflement et ce dégonflement de l'abdomen sont l'agrégat de la matière ; le fait que ce soit agréable ou désagréable est l'agrégat des sensations ; le fait de noter ces mouvements est l'agrégat des perceptions ; l'effort de les noter est l'agrégat des volitions mentales ; la conscience qui les connaît est l'agrégat de la conscience.
« Dans quel but et quand contempler les agrégats ? »
La réponse est : « Pour empêcher l'attachement, la contemplation doit être effectuée au moment de leur apparition. » Si le yogi note le gonflement, le dégonflement, le mouvement, la vision, le son, la consommation de nourriture, etc., au moment même de l'apparition de chacun de ces phénomènes, l'attachement peut être évité. Dans le mahæ satipa¥¥hana sutta, il est dit : « kæye kæyænupassø viharati, ætæpø sampajæno satimæ vineyya, loke abhijjhæ domanassa ». Cela signifie que lobha (l'avidité) dosa (l'aversion) et l'attachement peuvent surgir si les yogi ne notent pas les phénomènes physiques et mentaux au moment où ils apparaissent. Ces phénomènes doivent donc être notés dans le présent, au moment même de leur apparition. De la même manière, il faut noter les sensations au moment même de leur apparition.
C'est pourquoi, à la question « Dans quel but et quand contempler les agrégats ? », il est répondu : « Pour empêcher l'attachement, la contemplation doit être effectuée au moment de leur apparition. » Si un phénomène n'est pas observé au moment de son apparition, l'attachement peut naître. Par exemple, en entendant un son agréable, s'il n'est pas noté, l'attachement surgira et ce son sera perçu comme une mélodie, un son plaisant. De la même façon, en percevant une vision agréable, si elle n'est pas notée, l'attachement surgira et cette vision sera perçue comme un beau paysage, une vision plaisante.
Ensuite, on peut supposer que ces agrégats sont bons, beaux et permanents. On peut aussi affirmer : « les sons que je perçois m'appartiennent, c'est MOI qui les perçois », « les visions que je perçois m'appartiennent, c'est MOI qui les perçois », etc.
Pour éviter de telles illusions, chaque yogi doit contempler dans la mesure du possible tous les phénomènes physiques et mentaux qu'il perçoit. Ainsi, en développant cet entraînement sans relâche, il comprendra que tout ce qui apparaît est condamné à s’anéantir, et qu'il n'y a donc pas de raison de s'y attacher. Le yogi pourra alors se défaire des vues erronées quant à l'existence du MOI et de la personnalité (sakkæya di¥¥hi).
En poursuivant assidûment le développement de la vipassana, le yogi comprendra par lui-même que tout est assujetti à la souffrance et que rien n'est permanent. Il comprendra aussi les caractéristiques naturelles de tout ce qui apparaît dans le corps, telles que les tensions, les irritations, les douleurs, les fourmillements, etc.
En notant une douleur, le yogi connaîtra les caractéristiques de la douleur. S'il ne la note pas, il ne pourra pas la connaître. Une fois que ces caractéristiques seront connues, le yogi verra clairement sa³khata lakkha¼æ. C'est-à-dire que les phénomènes se décomposent en trois parties : le début (l'apparition), le milieu (la durée), et la fin (l'anéantissement).
Plus tard, il verra les caractéristiques d’anicca, dukkha et anatta.
Quand un yogi aperçoit une file de fourmis de loin, il ne voit qu'une ligne noire. S'il s'en approche, il peut distinguer les insectes un à un. En étant tout près, il peut voir que chaque insecte est constitué d'une tête, d'un thorax et d'une queue. De la même manière qu'au début de son entraînement, un yogi ne voit que des objets grossiers. Une fois que l'attention se développe et que les observations deviennent plus nombreuses, il commence à percevoir les conditions changeantes d'instant en instant.
En poursuivant toujours à s'entraîner au développement de la vipassana,
le yogi percevra distinctement l'apparition et la disparition des phénomènes. Cela conduit à la connaissance de la caractéristique d’anicca, autrement dit, que rien n'est durable. En même temps, le yogi réalise, que, du fait que tout phénomène qui apparaît s'anéantit aussitôt, rien ne peut être plaisant. Il comprend ainsi que tout est assujetti à l'insatisfaction et à la souffrance. Il s'agit de la connaissance de la caractéristique de dukkha.
Une autre réalisation que le yogi fera est que les choses ne se produisent
pas selon sa volonté, que rien n'est jamais prévisible à l'avance. Cette connaissance est celle de la caractéristique d’anatta. À ce moment, le yogi comprendra par lui-même que les principales caractéristiques inhérentes à toutes choses sont anicca, dukkha et anatta. »
Vipassana par J.P. Schnetzler (« la méditation bouddhique »):
Le terme vipassana, purement bouddhique, s’explique par le verbe vipassati : voir de différentes façons, pénétrer profondément un objet. Il concerne cette vision immédiate, quasi-intuitive, qui jaillit soudainement à maintes et maintes reprises, de la réalité des choses telles qu’elles sont, suivant l’enseignement bouddhique (anicca, dukkha, anatta). Arriver à « voir » ainsi la totalité du monde phénoménal, grossier ou subtil, et du monde sans forme, tel est l’objet de la vision bouddhique. Il va de soi qu’un non-Bouddhiste n’a pas à cultiver une telle forme de médiation, pour lui dénuée de sens et, qu’inversement celui, qui spontanément voit ainsi le monde, est prédestiné à
1. Qu’est-ce que
C’est la compréhension pénétrante associé à une pensée pure.
2. En quel sens est-ce
Parce qu’elle surpasse la perception et la connaissance distinctive. La perception (sannâ) connaît d’un objet sa couleur ou sa forme mais non sa nature intrinsèque. La connaissance distinctive (vinnâna) comprend la couleur, la forme, la nature intrinsèque, mais ne réalise pas la manifestation de la voie supra-mondaine.
3. Quels sont les caractéristiques, fonction, manifestation, et cause prochaine de
Sa caractéristique est de pénétrer la vraie nature des choses, sa fonction de dissiper les ténèbres de l’ignorance, sa manifestation, l’absence d’égarement, sa cause prochaine, la concentration.
4. Combien y a-t-il de variétés de Sagesse ?
(…) Retenons que cette Sagesse peut être mondaine (lokiya) ou supra-mondaine (lokuttara), influencée par ou libre des purulences (âsava), réalisée par le raisonnement, la compréhension des textes ou la méditation, et qu’elle consiste dans la connaissance des quatre Vérités -des Ariya-.
5. Comment
Par la compréhension de l’enseignement bouddhique concernant les agrégats (khandhas), la conditionnalité des phénomènes et notamment de la chaîne des douze origines interdépendantes (paticcasamuppâda) quiconstituent le sol ou Pañña se développe, cependant que la purification morale et mentale constitue ses racines et la purification de Pañña elle-même, son tronc et ses branches.
6. Quels sont les résultats du développement de
En bref, la destruction et pas seulement l’atténuation des purulences (âsava), l’accomplissement de la voie des Ariya, la libération, le Nirvâna, dont les méthodes vipassana constituent la voie directe.
L’ « ABC » de Vipassana par Dhamma sami :
A
Analyse
La toute première étape qui nous pousse à entamer une démarche susceptible de nous mener à la réalisation du dhamma, c'est l'analyse. Nous remettons tout en question : nos convictions, nos idées, nos croyances, nos principes, nos habitudes, notre manière de vivre, de travailler, etc.
Nous vidons entièrement notre sac sur le sol et considérons chaque élément en détail. Pour chacun de nos projets, de nos souhaits et de nos ambitions, nous essayons de réfléchir concrètement, par soi, les bénéfices ou les inconvénients, l'utilité ou l'inutilité, que nous pouvons en retirer pour nous-mêmes ou pour les autres. Dans ces analyses, nous prenons bien soin de laisser de côté tout ce que nous en savons par les autres, même des personnes de confiance. L'essentiel est de comprendre par soi-même, pour chaque chose, si elle est avantageuse, futile ou nuisible.
En s'entraînant à observer le monde tel qu'il est, en sachant objectivement et régulièrement analyser les situations, des prises de conscience se produisent naturellement ; de plus en plus fréquemment et de plus en plus profondément.
Seule, une investigation minutieuse l'existence que nous vivons nous permet de comprendre par soi-même – sans appui sur des on-dit non vérifiables –, ce qui est sain et ce qui est malsain. Là est le début de la sagesse. Une autre conséquence est de savoir vraiment ce que nous voulons. Ainsi, nous pouvons nous engager pleinement, en toute confiance et efficacement, sur une voie riche en bénéfices à court et à long terme. Tant que la bienveillance, la prudence et l'analyse objective – dépourvue de tout préjugé et de toute croyance – sont de mise, la voie choisie est profitable, car elle est inéluctablement orientée vers le développement de la connaissance juste de la réalité.
Pour une analyse valable, il importe d'abandonner, de rejeter, de mettre une croix sur toutes nos croyances, même si nous sommes intimement convaincus (ce qui est généralement le cas) de leur véracité. Cet abandon est le plus difficile à faire, car les croyances sont les attachements les plus profonds que nous ayons.
Grâce à l'analyse sur les conditions de notre existence, nous comprenons – entre autres – que le fait de prendre plaisir à une sensation provoque de l'attachement. La fin de cette sensation plaisante provoquera alors inévitablement de la souffrance, à la mesure même de l'attachement qui aura été créé pour elle. Par exemple, plus nous nous attachons à un être, et plus nous éprouverons de la souffrance à sa mort (ou en s'en séparant d'une manière ou d'une autre). Naturellement, il en est de même pour la moindre des sensations. Il va sans dire que cette souffrance est sans le moindre bénéfice, et même plutôt néfaste. L'attachement est donc néfaste, stupide et sans bénéfice. En nous séparant d'une personne pour qui nous n'avons pas d'attachement, nous n'éprouvons aucune souffrance ; le mental reste clair. Est-il besoin de préciser que nous sommes beaucoup plus amènes d'aider sainement une personne pour qui nous n'avons pas d'attachement ?
Nous comprenons aussi que l'existence n'est qu'un flot continuel de souffrances, dans lequel nous ne pouvons rien faire d'autre que tourner en rond. Parfois, nous tournons en rond agréablement, parfois nous tournons en rond désagréablement. Quelle satisfaction peut-il y avoir à cela ?
Pour mettre un terme à la souffrance, il n'y a qu'un moyen : l'éradication de l'avidité, de l'aversion et de l'ignorance, qui constituent la racine de l'attachement, de toutes les impuretés du mental. Seule, la paix de nibbána est vide de souffrance. Pour gagner cette paix, il faut alors éliminer l'avidité, l'aversion et l'ignorance. Pour éliminer l'avidité, l'aversion et l'ignorance, il convient de s'entraîner au développement de la connaissance juste de la réalité.
Lorsque cette connaissance est pleinement accomplie, l'ignorance est éradiquée, et le reste des impuretés mentales ne se manifestent plus jamais. N'étant plus attaché aux sensations, le mental cesse de courir vainement après les plaisirs sensoriels.
Par une analyse profonde de la réalité, ayant trouvé par nous-mêmes la voie juste, nous devons établir les bases de notre entraînement...
B
Bases
Nos actes corporels, verbaux, et même mentaux, sont dominés par la bienveillance et la bienfaisance. Nous nous entraînons à la générosité chaque fois que s'en présente l'opportunité. Nous octroyons des dons, de préférence à des personnes qui en ont besoin. Le don en nature est toujours nettement plus positif que le don d'argent, car d'une part, il nécessite plus d'effort, et d'autre part, on est assuré qu'il s'agira d'un don sain, qui ne pourra pas être transformé en quelque chose de négatif (mauvaise distribution de l'argent, achat d'alcool, etc.)
Toutefois, le don n'est pas limité aux objets. Nous donnons aussi de notre temps, de notre présence, de notre savoir. La pratique idéale de la générosité consiste à donner toujours ce que nous avons de mieux, de neuf, de beau, de belle qualité, tout en gardant pour soi ce qui est moins bien, usagé, laid, de mauvaise qualité, ou plus simplement, savoir se contenter de peu, ne garder pour soi que ce qui est strictement nécessaire.
Outre le développement d'actions méritoires, comme la générosité ou la bienveillance, la base de la voie qui conduit à la connaissance juste de la réalité est principalement constituée par la vertu. Pour nous établir dans la vertu, nous n'avons rien à faire ! Au contraire, il nous faut seulement nous abstenir de faire ce qui est malsain. Rien n'est plus facile, sauf si nous avons de mauvaises habitudes fortement imprégnées. Dans ce cas, c'est précisément sur ces faiblesses qu'il nous faut focaliser notre entraînement de tous les jours.
Il est impossible d'envisager une progression dans la concentration ou dans la vision directe de la réalité en adoptant une mauvaise conduite. Pour développer la connaissance, le mental doit être pur. S'il est entaché de haine, de malhonnêteté, de lubricité, de tromperie, d'intoxication ou d'avidité excessive, comment peut-il voir la réalité telle qu'elle apparaît ? Dans ces conditions, comment peut-il œuvrer à l'accroissement de la tranquillité, de la concentration et de la sagesse ?
Il est donc primordial de faire de notre existence, de chaque situation qu'elle nous offre – facile ou difficile –, un entraînement à la vertu, où nous évitons tout acte susceptible d'être nuisible, voire inutile. Nous nous efforçons d'avoir le mental toujours clair, de plus en plus propre, en demeurant parfaitement honnête, quel que soit le contexte.
Quelle que soit notre voie, le minimum auquel nous devrions nous tenir est l'observation des cinq préceptes.
Une fois bien établis dans la vertu, nous sommes prêts pour commencer l'entraînement du développement à vipassaná...
C
Commencement
L'entraînement à la vision directe, qui mène à la libération de toutes les souffrances et de toutes les insatisfactions, est comme une haute montagne. Le début est aisé pour la plupart d'entre nous. La dernière pente qui mène au sommet, très abrupte, exige toute notre énergie, toute notre concentration, toute notre vigilance et toute notre confiance. Armés de ces bons piolets et de ces bonnes cordes, nous sommes en mesure d'escalader la pente finale de la vipassaná avec la plus grande des facilités.
Pour ce faire, l'idéal est évidemment une retraite intensive de plusieurs mois dans un centre de méditation. Toutefois, il se peut que nous n'ayons pas la possibilité de le faire, ou tout du moins pas dans l'immédiat. Il y a deux raisons principales à cela : soit parce que nous ne sommes pas prêts à mener une telle existence, où l'effort et la concentration sont appliquées sans relâche – de l'instant du réveil à celui de l'endormissement le soir –, soit parce que nous avons encore des obstacles qui nous empêchent de partir (travail, enfants, responsabilités, moyens insuffisants, etc.)
Dans tous les cas, rien ne nous empêche de nous entraîner à l'observation des perceptions de manière occasionnelle. Certes insuffisante, cette façon de faire permet néanmoins de nous mettre petit à petit dans le bain. Contrairement à samatha, qui exige une tranquillité parfaite, l'entraînement qui développe vipassaná prend pour objet tout ce qui apparaît à la conscience, quoi que ce soit, où que ce soit, quelles que soient les conditions et quel que soit l'environnement. Cependant, un lieu peu agité et peu bruyant s'avère nettement plus propice pour un débutant.
Nous commençons toujours cette démarche avec les moyens dont nous disposons.
Ainsi, nous faisons des petites séances chez soi, durant des instants calmes et faibles en activité, avant que n'arrive le jour où l'on pourra s'y investir complètement dans un centre ou dans un monastère en Asie. Tant que nous demeurons encore au sein de la vie laïque (en famille, à l'université, au travail, etc.), nous ne pouvons rien faire de mieux que de nous entraîner à la concentration, au calme mental, à l'attention et à la vigilance chaque fois que se présente un moment creux : dans le train, dans l'autobus, dans une salle d'attente, dans un parc, à la queue aux caisses d'un supermarché, en prenant le repas, le soir avant de s'endormir, etc.
Cela revient, pour l'alpiniste, à s'entraîner en salle, sur un mur jonché de prises en résine, les cordes attachées à une poutre métallique. Ainsi entraîné, l'alpiniste n'en sera que plus assuré, plus rapide et plus habile le jour où il s'attaquera à la haute montagne. C'est exactement la même chose pour le mental.
C'est ce petit entraînement de tous les jours qui nous amèneront à diminuer progressivement notre attachement, jusqu'à n'avoir plus qu'un seul souhait : développer vipassaná jusqu'à l'éradication des impuretés mentales...
J’ajouterai quelques notes concernant la « pratique » de Vipassana :
-Etats d’esprits dans lesquels la méditation est facilitée :
Le calme, le recentrement sur soi-même, la neutralité, l’objectivité, la détermination, l’amour pour tous les êtres (metta).
Avec les facteurs d’éveil comme alliés : L’attention, l’investigation, l’énergie, la joie, le relâchement, la concentration, l’équanimité.
-Une fois assis le dos droit, en semi-lotus, que faire ?
Ne rien attendre, ne rien espérer atteindre (même pas l’éveil), accepter tout ce qui se présente à nous.
Etre conscient de soi-même, de sa respiration, de son corps et de son esprit.
Demeurer en soi-même attentif et observer les cinq agrégats.
Eviter de développer les pensées (même celles liées au Dhamma), en les reconnaissant le plus rapidement possible, en les bloquant si nécessaire avant leur apparition.
Rester au centre de chaque chose en évitant de s’attacher à quoi que ce soit.
Prendre et reprendre pour base d’observation le mouvement de la respiration.
Demeurer en observation quoi qu’il arrive, observer les objets les plus visibles, observer les douleurs physiques, garder l’équilibre mental.
-Qu’apporte Vipassana ?
Dans un premier temps : L’équilibre, le bien-être, la paix de l’esprit, le refuge.
Par la suite, pour ceux qui persévèrent et obtiennent les fruits de la pratique -la maturité des parami- : Le nibbæna.
Metta.
Sources :
Dans cette vie même, Sayadaw U Pandita
Enseignements sur vipassanæ par le Vénérable Sayædaw Ja¥ila :
http://www.dhammadana.org/livres.htm
La méditation bouddhique, J.P. Schnetzler.
« Vipassana de A à Z, toute la démarche », par le vénérable Dhamma sami : http://www.dhammadana.org/vipassana/aaz.htm
P.S : Veuillez télécharger
INTRODUCTION AU DHAMMA DE BOUDDHA
L’enseignement que Bouddha laissa à ses disciples se trouve compilé dans le Canon pali, le Tipitaka –la triple corbeille.
Cette collection de textes comprend le Vinaya Pitaka, l’ensemble des règles de la communauté monastique et leur historique, le Sutta Pitaka collection des discours attribués à Bouddha et à proches disciples, et l’Abhidhamma Pitaka, textes regroupant en système les points essentiels et l’analyse de la doctrine, traitant de la psychologie et de la nature de réalité.
Cet ensemble de plus d’un millier de pages constitue la base du système du Bouddhisme Théravâda (la parole des anciens).
On trouve le principal enseignement de Bouddha dans son premier sermon du Park des gazelles, celui de la mise en mouvement de la roue de
-Dukkha est la première Noble Vérité, celle de la souffrance et de l’insatisfaction, que l’on rencontre sous de multiples formes, des plus grossières aux plus subtiles.
-Samudaya est la deuxième Noble Vérité, celle de l’origine de la souffrance, due en grande partie au désir.
-Nirodha est la troisième Noble Vérité, celle de la cessation définitive de dukkha (l’existence du Nibbâna).
-Magga est la quatrième Noble Vérité, celle du sentier menant à la cessation de dukkha.
Il y a plusieurs niveaux de compréhension des quatre Nobles Vérités, superficiellement, intellectuellement puis en profondeur par l’expérimentation de la nature des phénomènes lors de la méditation Vipassana (la vision multiple), c’est-à-dire : impermanents, dénués de soi propre, insatisfaisants. (anicca, anatta, dukkha)
Toute la pratique se trouve résumé à magga (le sentier) qui comprend :
-Silâ : L’éthique, la moralité, la droiture.
-Samadhi : la concentration mentale, l’attention.
-Panna : la sagesse, la connaissance transcendante.
Le Dhamma de Bouddha est une méthode pragmatique, logique, basé sur l’expérience et le développement de la sagesse, qui permet à chacun de trouver la pureté du cœur et de l’esprit, par le contrôle de ses sens et par la compréhension de la réalité, ceci jusqu’à la libération ultime, le stade d’Arahant, être pleinement libéré des impuretés mentales et débarrassé définitivement des conditionnements dues à l’aversion, au désir et à l’ignorance.
Dhamma, est un mot Pali (dialecte utilisé par Bouddha), qui signifie :
Loi, moralité, réalité, nature des phénomènes, enseignement, chose, doctrine, etc.
-Les principaux termes Pali à connaître
-Les méthodes de la voie de la pleine Libération
-Les cinq agrégats d'attachement



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Sæmaññaphalasuttaµ dutiyaµ (Le fruit de l’état de religieux)
« Ensuite, grand roi, quand il s’est défait du bonheur et s’est défait de la souffrance, quand ont été abolis le bien-être et le mal-être antérieurs, qu’il y a absence de souffrance, absence de bonheur, pureté totale par l’indifférence et la conscience de soi, le moine accède et demeure au quatrième stade de la méditation. Il est assis là, imprégnant son corps d’une pensée toute pure, toute nettoyé, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par cette pensée toute pure, toute nettoyée. »
« C’est comme si, grand roi, quelqu’un était assis avec un vêtement nettoyé le couvrant jusqu’à la tête, en sorte qu’aucun point de son corps ne fût à l’abri du contact avec le vêtement nettoyé : tout de même, grand roi, le moine est assis, imprégnant son corps d’une pensée toute pure, toute nettoyé, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par cette pensée toute pure, toute nettoyée. »
« C’est bien là, grand roi, un fruit visible de l’état de religieux, plus beau et plus sublime encore que les précédents fruits visibles de l’état de religieux. »
Sæmaññaphalasuttaµ dutiyaµ (Le fruit de l’état de religieux)
« Ensuite, grand roi, se détournant de l’allégresse, le moine vit indifférent, conscient et compréhensif, il ressent dans son corps le bonheur, en sorte que les Nobles l’appellent l’indifférent, le conscient, celui qui vit bien ; il accède ainsi et demeure au troisième stade de la méditation. Il inonde alors, inonde complètement, remplit complètement, comble son corps de ce bonheur sans allégresse, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par le bonheur sans allégresse. »
« C’est comme si, grand roi, il y avait dans un étang des lotus bleus, des lotus rouges, des lotus blancs, et si certains de ces lotus bleus, de ces lotus rouges, de ces lotus blancs nés dans l’eau, ayant crû dans l’eau, ne sortaient pas de l’eau, mais prospéraient dans l’eau où ils étaient plongés, si des pointes aux racines ils étaient inondés d’eau froide, inondés complètement, remplis complètement, comblés et qu’il n’est aucun de ces lotus bleus, de ces lotus rouges, de ces lotus blancs, qui ne fût touché par l’eau froide : tout de même, grand roi, le moine inonde, inonde complètement, remplit complètement, comble son corps de ce bonheur sans allégresse, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par le bonheur sans allégresse. »
« C’est bien là, grand roi, un fruit visible de l’état de religieux, plus beau et plus sublime encore que les précédents fruits visibles de l’état de religieux. »
