Dhammapiti                 "Dans la joie du Dhamma"

                                                                                                                                                                                                                     

                        L'enseignement originel du Bienheureux Gotama  

écoutez la parole de Bouddha: http://bouddhique.free.fr/ParoleduBouddha.MP3

 
Dimanche 24 septembre 2006


Par nos sens le monde est créé. Par les cinq sens et la faculté mentale, nous avons appris à connaître le monde. Par eux, le monde est source de plaisirs, d’expériences, de jouissances.

Un récent voyage à Paris m’a montré combien les gens ne sont là que pour jouir de la vie. Les sens sont l’outil et le monde le support de la jouissance ; jouissance d’être, de paraître. Jouissance d’expérimenter, du bon ou du mauvais, d’exister. Et dans ce monde de jouissances -en apparence seulement-, les êtres laissent cette apparence demeurer. Et s’il le faut, ils maintiennent l’illusion coûte que coûte, se fiant naturellement à leurs « bons sens », et à leur satisfaction -temporaire. Nous ne connaissons pas d’autres façons de fonctionner. Allant de plaisirs en plaisirs -plaisirs des yeux, de la bouche, du corps, des oreilles, du nez, du mental- nous poursuivons notre quête indicible de soif de désirs (Tanhâ).

Nous voudrions continuer à jouir du monde, encore et toujours, avec insouciance, comme lorsque nous avions 20 ans.

 

En réalité, nous sommes soumis aux plaisirs des sens, ils sont nos maîtres. Nourritures, boissons, distractions, musiques, loisirs, discussions, imaginations, etc. « Tout est en feu, les sens sont en feu » dit le sutta. « L’oreille est en feu… Le nez est en feu… La langue est en feu… les yeux sont en feu… l’esprit est en feu… La conscience mentale est en feu… C’est enflammé par le feu du désir, par le feu de la haine, par le feu de l’erreur » (vinayapitaka).

Même si nous prétendons contrôler une partie des sens, comme lorsque l’on fait un régime où un jeûne, les débordements se retrouveront d’un autre côté. (Les disciples eux-mêmes se perdent dans cette contradiction, celle d’être soumis aux sens, et de devoir s’en libérer, d’où la modération prescrite).

Les réactions que provoquent les perceptions et les sensations définissent notre existence, par les processus bien connus d’attirance, de répulsion ou d’indifférence, auxquels nous nous sommes identifiés, et par lesquels nous sommes reconnus.

         A cela bien sûr se greffe le « moi », le « mien », le « soi », voire « l’âme », « l’esprit éternel » : L’illusion dont on se dégage par l’observation, la compréhension et la connaissance réelle de la nature des phénomènes (anatta).

 

Alors vient la doctrine du Bouddha. Et quand nous entendons parler du Dhamma, d’une discipline qui remet en question la toute puissance des sens, du plaisir qu’ils procurent, cela semble non seulement absurde mais impossible. (Tout dépendra de la sensibilité personnelle développé avec dukkha, l’insatisfaction, la souffrance.) 

Ce sujet, le Dhamma, je l’ai déjà observé, peut alors devenir quasiment tabou. Il est un danger pour notre monde, sensuel et source de jouissances. Il remet en cause la façon dont nous appréhendons le monde, et ce qui en découle : Les habitudes, les constructions mentales, les réflexes, les réactions, les buts, etc. Et également la nature de notre existence, soumis à la misère dans une échelle de temps sans commencement ni fin, et la nature de notre structure mentale ainsi que sa valeur toute relative quand elle s’occupe de plaisirs sensuels.

 

« Maîtriser les sens », « renoncer au monde ».

Le Dhamma va bel et bien à contre courant.

 

Ceux qui ne sont pas « dhammiquement stable » (expression de l’auteur), ne voient ni l’intérêt d’une doctrine, ni celui d’un renoncement au monde. Ceux qui n’ont ni foi ni confiance basé sur l’expérience en l’enseignement de Bouddha, ceux qui n’ont pas encore fissuré leur vision des choses, la vision mondaine et superficielle, ou scindé leur relation avec les plaisirs sensuels par l’aversion et le dégoût, ceux qui n’ont pas saisi « l’essence » de dukkha, ceux qui n’ont pas rompu le cour de leur existence par des expériences, et des prises de consciences profondes sur les caractéristiques inhérentes à la vie (anatta, anicca, dukkha), ceux là sont la majorité, ancré dans la dualité et la division.

Autrement dit, très peu de gens s’engagent sincèrement vers l’aboutissement du Dhamma. Personne ne s’embarque par soi-même sur le courant sans y être poussé par une compréhension de la douleur, ou de la réalité des 4 nobles vérités. Rares sont ceux qui sont entrés dans le courant, et tendent vers nibbâna, le cœur souhaitant voir les monceaux de misère et de souffrance prendre définitivement fin.

Une rencontre de ce type -avec un être souhaitant s’affranchir de la souffrance par la compréhension acquise et à venir- est d’une richesse et d’une profondeur rare. C’est comme trouver un frère. Elle efface la solitude du disciple (qui chemine entouré d’épicuriens en puissance liés à l’ignorance) ; en fait c’est une condition indispensable d’engagement sur la voie, et de « succès » vers la cessation.

 

Le Bouddha est le refuge, le Dhamma est le refuge, la Sangha est le refuge, Sîla est le refuge.

 

 

 

 

METTA

par Langlais Pierre publié dans : dhammapiti
Jeudi 14 septembre 2006

 

 

 

On trouve la plupart du temps comme traduction de sîla : moralité.

 

(Moralité = Conformité aux principes, aux règles de la morale. Sens moral, conduite morale d’une personne.

Morale = Ensemble des principes de jugement et de conduite qui s’imposent à la conscience individuelle ou collective. Tout ensemble de règles, d’obligations, de valeurs.)

 

Or ce terme, souvent associé à la morale chrétienne et à des obligations qui seraient imposées par une autorité extérieure, agit comme répulsif parmi ceux qui rejettent ou se méfie de la religion, et des règles qu’un Dieu fixerait.

La moralité bouddhique, la morale du disciple n’est pas quelque chose qui est imposé extérieurement, elle est au contraire une démarche intérieure de sagesse dont résulte le bonheur.

Bien qu’il existe déjà des règles élémentaires pour évoluer dans la société, la moralité que développe le disciple lui vient de l’intérieur, de la compréhension, de la confiance en l’Enseignement, de la volonté de progression, de la compassion et de la logique. Le disciple peut dans un premier temps, s’imposer des règles de conduite, s’il souhaite par exemple cesser de boire de l’alcool, tout en développement la compréhension de l’intérêt d’une telle démarche. (C’est-à-dire, comme décrit dans le Sigalovada-Sutta, sur le fait de boire des boissons alcoolisées :

« Voici les six mauvaises conséquences produites pour ceux qui s’adonnent aux boissons enivrantes : elles causent la folie et l’inattention, la perte de la fortune, l’augmentation des disputes, la disposition aux maladies, le gain d’une mauvaise renommée, les scandales honteux, la diminution de l’intelligence. »)

De même avec les autres préceptes.

 

« La morale bouddhique, telle qu'elle s'exprime notamment dans les "Cinq préceptes" de base, s'appuiera donc sur un principe universel : tous les hommes préférant le bonheur au malheur, le plaisir à la souffrance, ne fais pas aux autres ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse à toi-même.
Les cinq préceptes présenteront donc cinq types d'action (de corps, de parole et aussi d'esprit - puisque l'intention est le fondement de tout acte karmique ; rappelons-nous la première formule du Dhammapada citée plus haut : "De l'esprit proviennent toutes choses. Tout naît de l'esprit, tout est formé par l'esprit."), capables de générer la souffrance, dont il faudra "s'abstenir" (encore une fois c'est l'état d'esprit, l'intention qui compte) :

- ne pas supprimer la vie puisque tout être sensible apprécie de vivre ;
- ne rien prendre de ce qui n'a pas été donné, puisque l'instinct de propriété est "bien partagé" !
- ne rien dire de futile, d'inutile, ou qui puisse blesser ;
- ne pas avoir de pratique sexuelle blessante pour les autres ;
- et enfin : ne pas consommer d'intoxicants qui feraient perdre le contrôle de soi et faciliteraient donc les actions précédemment évoquées.

Autant de pratiques qu'on verra essentiellement comme "sociales", visant à rendre le plus harmonieuses possibles les relations entre les êtres sensibles vivant au sein du samsâra - y compris donc les représentants des autres états d'existence contenu dans ce samsâra : les dieux et les démons, les fantômes et les animaux...
Le bien ici considéré est un bien conditionné, relationnel. Le mal n'est autre que ce qui provoque un supplément de souffrance à ce qui est déjà, pour ceux qui le savent, souffrance suprême. La consigne pourrait être : "Inutile d'en rajouter ! Et, si possible, faisons tout pour diminuer la souffrance inhérente à l'existence. »

(Dominique Trotignon - http://www.bouddhisme-universite.org/universite.html)


 

Sîla, la moralité, prend aussi le sens très proche d’éthique.

(Ethique = Ensemble des règles de morale. Qui concerne la morale.)

 

Et également celui de vertu.

(Vertu = Disposition particulière propre à telle espèce de devoirs moraux, de qualités. Disposition à faire le bien et à fuir le mal.)

 

Faire le bien et fuir le mal, ceci est bien ce qui résulte de la moralité mise en application, ainsi que la production d’actes bénéfiques (kusala) pour autrui dont la compassion, le don, le respect, etc. étant associés à l’absence de convoitise, de haine et parfois d’égarement, ils amènent une renaissance heureuse. Ces dispositions servent de socle au développement de samadhi, la concentration mentale, de panna, la sagesse, l’intelligence.

 

« Sîla : ‘ moralité ’  est un mode d’esprit et de volition (cetanâ) qui se manifeste soit en parole, soit en action corporelle (v. kamma). C’est le fondement de toute la pratique bouddhique et en même temps, la première des trois sortes d’entraînement formant la triple division de l’Octuple Voie (v.magga), c'est-à-dire : la moralité, la concentration, l’intelligence. La moralité bouddhique n’est pas quelque chose de négatif, comme cela pourrait le paraître d’après les formules négatives dans les textes de Sutta. Elle ne consiste pas dans le seul fait de ne pas commettre de mauvaises actions, mais dans chaque cas, c’est la retenue clairement consciente et intentionnelle des mauvaises actions en question et elle correspond à la volition qui apparaît simultanément. La moralité de l’Octuple Voie, notamment : paroles parfaites, actions parfaites et moyens d’existence parfaits, est appelée ‘ la véritable ’ ou ‘ la forme naturelle de la moralité ‘ (pakati sîla) pour la distinguer de la règle purement extérieure instituée pour les moines ou les laïcs, dite ‘ moralité prescrite ‘ (pannatti sîla) qui, comme telle, est karmiquement neutre.

« Or qu’est la moralité bonne (kusala sîla) ? C’est l’action corporelle bonne, l’action verbale bonne, et aussi la purification en ce qui concerne les moyens d’existence, que j’appelle moralité. » (Majjhima-Nikâya 78) »

 

(Nyanatiloka – Vocabulaire Pali-Français des termes Bouddhiques)

 

 

 

La moralité, source de bonheur, assurance de progrès, est associée à la maîtrise des sens, et à la mise en œuvre d’actes du corps et de la parole entièrement sains.

On trouvera dans le sutta  ‘le fruit de l’état de religieux‘ (Samannaphala–sutta) un petit cours de morale, un cours moyen de morale et un grand cours de morale, Bouddha répondant au roi de Magadha qui souhaite savoir quel est le fruit visible de la profession de religieux.

Ainsi il lui cite toute une série de règles morales, de comportement à éviter, allant du mensonge à la pratique de la divination, permettant la manifestation de la pureté dans le comportement et dans la pensée.

 

« Il s’abstient, lui, de tels arts vulgaires, de telle mauvaise façon de vivre. C’est là sa part dans la morale. » (Sâmannaphalasuttam dutiyam)

 

Le développement d’un pouvoir, de concentration, de décision, ou psychique, non basé sur l’éthique, amènera non seulement la perdition dans la croyance en un « soi », mais surtout la corruption.

 

Que chacun, comprenant la valeur et l’importance de Sîla, mette en application la moralité, distinguant ce qui est bénéfique de ce qui est néfaste, pour sa propre libération, et pour celle d’autrui.

 

Metta

par Langlais Pierre publié dans : dhamma-vicaya
Lundi 4 septembre 2006

Autrefois, il y avait un religieux qui se concentrait sur la méditation et pratiquait la sagesse au milieu des montagnes. Un démon décida de perturber sa méditation et de tester sa sagesse.

         Le démon se transforma tout d’abord en homme sans tête et vint se présenter à lui. Le religieux lui annonça : « Vous êtes dispensé de souffrir des maux qui proviennent de la tête. Les yeux sont ce par quoi on voit les couleurs, les oreilles sont ce par quoi on entend les sons, la bouche est ce par quoi on reçoit les saveurs. Etre privé de tête, n’est-ce pas une joie unique ? »

         Le démon, s’étant retiré, se changea en un homme qui n’avait pas de corps, mais qui avait seulement des mains et des pieds. Le religieux lui dit : « Celui qui n’a pas de corps ne connaît pas les douleurs et les démangeaisons ; étant dépourvu de viscères, il ne connaît aucune maladie. N’est-ce pas là une joie unique ? »

         Le démon se retira de nouveau et se changea en un homme sans mains ni pieds qui, en se posant sur un côté et en tournant à la façon d’une roue, vint auprès du religieux. Celui-ci lui dit : « C’est une grande joie de n’avoir ni mains ni pieds ; on ne peut aller prendre le bien d’autrui. Quelle joie n’est-ce pas là ? »

          Le démon dit : « Ce religieux conserve un cœur constant et inébranlable. » Il se changea alors en homme de belle apparence et vint se prosterner devant le religieux : « O religieux, puisque vous avez su si bien garder la fermeté de votre pensée, maintenant l’objet de votre étude sera entièrement réalisé avant qu’il ne soit longtemps. » Il lui rendit hommage et se retira.

 







Contes et paraboles du Bouddha, Choisis et présentés par Pierre Crépon

(D’après le recueil le livre des cents apologues et le Tripitaka chinois)
par Langlais Pierre publié dans : Extraits de livres
Samedi 2 septembre 2006





Il y avait un moine qui habitait dans une forêt et pratiquait la méditation au pied d’un arbre. Un jour qu’il se promenait, il longea un étang couvert de fleurs de lotus. Il sentit le parfum des lotus, son esprit en fut tout réjoui et il éprouva des sentiments d’affection. La divinité de l’étang lui dit : « Pourquoi as-tu abandonné le pied de ton arbre, l’endroit où tu étais assis en méditation, pour venir me voler mon parfum ? A cause de ton attachement aux parfums, les entraves qui dormaient en toi en sont toutes réveillées. »

         Au même moment, un homme arriva, entra dans l’étang, cueillit des lotus en quantité, arrachant les racines et les tiges, et s’en alla avec toute une charge. La divinité de l’étang garda le silence et n’eut pas une parole. Le moine lui dit : « Cet homme détruit ton étang, prend tes lotus et tu n’as pas une parole. Moi, j’ai seulement longé le bord de l’étang et dès que tu m’as vu, tu m’as insulté et reproché de voler ton parfum ! »

         La divinité de l’étang répondit : « Cet homme vulgaire et mauvais s’est toujours vautré dans le fumier des péchés et des souillures, plongé jusqu’à la tête dans l’impureté ; je ne m’entretiens pas avec lui. Mais toi, tu es un brave homme pratiquant la concentration ; cependant, en t’attachant aux parfums, tu détruis le bien qui est en toi ; c’est pourquoi je te fais des reproches. S’il y a une noirceur ou quelque saleté sur une étoffe blanche et immaculée, tous les hommes la remarquent. Mais ce mauvais homme est comparable à une noirceur sur un habit noir, que personne ne voit. Qui donc l’interrogerait ? »









Contes et paraboles du Bouddha, Choisis et présentés par Pierre Crépon

(D’après le recueil le livre des cents apologues et le Tripitaka chinois)
par Langlais Pierre publié dans : Extraits de livres
 

Dhamma

 Bouddha enseigna la Loi naturelle,

visible par tous, compréhensible en profondeur par ceux qui développent leur discernement.

 

 

"Evitez les mauvaises actions ; faites le bien autour de vous ; purifirez votre esprit."

Tel est l'enseignement de tous les Bouddhas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Santal, tagara, lotus, jasmin, de tous ces parfums le parfum de l'éthique est de loin le meilleur."

 

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"La voie droite est proclamée, suivez-la, ne vacillez pas; Que chacun s'encourage soi-même, et, par étapes, atteigne le nibbâna."

 

 

 

 

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