Dhammapiti "Dans la joie du Dhamma"
L'enseignement originel du Bienheureux Gotama
écoutez la parole de Bouddha: http://bouddhique.free.fr/ParoleduBouddha.MP3
Par nos sens le monde est créé. Par les cinq sens et la faculté mentale, nous avons appris à connaître le monde. Par eux, le monde est source de plaisirs, d’expériences, de jouissances.
Un récent voyage à Paris m’a montré combien les gens ne sont là que pour jouir de la vie. Les sens sont l’outil et le monde le support de la jouissance ; jouissance d’être, de paraître. Jouissance d’expérimenter, du bon ou du mauvais, d’exister. Et dans ce monde de jouissances -en apparence seulement-, les êtres laissent cette apparence demeurer. Et s’il le faut, ils maintiennent l’illusion coûte que coûte, se fiant naturellement à leurs « bons sens », et à leur satisfaction -temporaire. Nous ne connaissons pas d’autres façons de fonctionner. Allant de plaisirs en plaisirs -plaisirs des yeux, de la bouche, du corps, des oreilles, du nez, du mental- nous poursuivons notre quête indicible de soif de désirs (Tanhâ).
Nous voudrions continuer à jouir du monde, encore et toujours, avec insouciance, comme lorsque nous avions 20 ans.
En réalité, nous sommes soumis aux plaisirs des sens, ils sont nos maîtres. Nourritures, boissons, distractions, musiques, loisirs, discussions, imaginations, etc. « Tout est en feu, les sens sont en feu » dit le sutta. « L’oreille est en feu… Le nez est en feu… La langue est en feu… les yeux sont en feu… l’esprit est en feu… La conscience mentale est en feu… C’est enflammé par le feu du désir, par le feu de la haine, par le feu de l’erreur » (vinayapitaka).
Même si nous prétendons contrôler une partie des sens, comme lorsque l’on fait un régime où un jeûne, les débordements se retrouveront d’un autre côté. (Les disciples eux-mêmes se perdent dans cette contradiction, celle d’être soumis aux sens, et de devoir s’en libérer, d’où la modération prescrite).
Les réactions que provoquent les perceptions et les sensations définissent notre existence, par les processus bien connus d’attirance, de répulsion ou d’indifférence, auxquels nous nous sommes identifiés, et par lesquels nous sommes reconnus.
A cela bien sûr se greffe le « moi », le « mien », le « soi », voire « l’âme », « l’esprit éternel » : L’illusion dont on se dégage par l’observation, la compréhension et la connaissance réelle de la nature des phénomènes (anatta).
Alors vient la doctrine du Bouddha. Et quand nous entendons parler du Dhamma, d’une discipline qui remet en question la toute puissance des sens, du plaisir qu’ils procurent, cela semble non seulement absurde mais impossible. (Tout dépendra de la sensibilité personnelle développé avec dukkha, l’insatisfaction, la souffrance.)
Ce sujet, le Dhamma, je l’ai déjà observé, peut alors devenir quasiment tabou. Il est un danger pour notre monde, sensuel et source de jouissances. Il remet en cause la façon dont nous appréhendons le monde, et ce qui en découle : Les habitudes, les constructions mentales, les réflexes, les réactions, les buts, etc. Et également la nature de notre existence, soumis à la misère dans une échelle de temps sans commencement ni fin, et la nature de notre structure mentale ainsi que sa valeur toute relative quand elle s’occupe de plaisirs sensuels.
« Maîtriser les sens », « renoncer au monde ».
Le Dhamma va bel et bien à contre courant.
Ceux qui ne sont pas « dhammiquement stable » (expression de l’auteur), ne voient ni l’intérêt d’une doctrine, ni celui d’un renoncement au monde. Ceux qui n’ont ni foi ni confiance basé sur l’expérience en l’enseignement de Bouddha, ceux qui n’ont pas encore fissuré leur vision des choses, la vision mondaine et superficielle, ou scindé leur relation avec les plaisirs sensuels par l’aversion et le dégoût, ceux qui n’ont pas saisi « l’essence » de dukkha, ceux qui n’ont pas rompu le cour de leur existence par des expériences, et des prises de consciences profondes sur les caractéristiques inhérentes à la vie (anatta, anicca, dukkha), ceux là sont la majorité, ancré dans la dualité et la division.
Autrement dit, très peu de gens s’engagent sincèrement vers l’aboutissement du Dhamma. Personne ne s’embarque par soi-même sur le courant sans y être poussé par une compréhension de la douleur, ou de la réalité des 4 nobles vérités. Rares sont ceux qui sont entrés dans le courant, et tendent vers nibbâna, le cœur souhaitant voir les monceaux de misère et de souffrance prendre définitivement fin.
Une rencontre de ce type -avec un être souhaitant s’affranchir de la souffrance par la compréhension acquise et à venir- est d’une richesse et d’une profondeur rare. C’est comme trouver un frère. Elle efface la solitude du disciple (qui chemine entouré d’épicuriens en puissance liés à l’ignorance) ; en fait c’est une condition indispensable d’engagement sur la voie, et de « succès » vers la cessation.
Le Bouddha est le refuge, le Dhamma est le refuge,
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Bouddha enseigna la Loi naturelle,
visible par tous, compréhensible en profondeur par ceux qui développent leur discernement.
"Evitez les mauvaises actions ; faites le bien autour de vous ; purifirez votre esprit."
Tel est l'enseignement de tous les Bouddhas.
"Santal, tagara, lotus, jasmin, de tous ces parfums le parfum de l'éthique est de loin le meilleur."

"La voie droite est proclamée, suivez-la, ne vacillez pas; Que chacun s'encourage soi-même, et, par étapes, atteigne le nibbâna."
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