Dhammapiti                 "Dans la joie du Dhamma"

                                                                                                                                                                                                                     

                        L'enseignement originel du Bienheureux Gotama  

écoutez la parole de Bouddha: http://bouddhique.free.fr/ParoleduBouddha.MP3

 
Lundi 7 juillet 2008

 

Une nouvelle génération de maitres.

 

 

Rendons hommage aux bhikkhu occidentaux, qui rendent accessible le Dhamma sous une forme plus familière et facilement compréhensible.

Peu sont les bhikkhu Français. Parmi eux, le vénérable Sasana et le vénérable Dhamma Sami. Ce dernier a rendu accessible aux plus grand nombre toute l’essence du Dhamma grâce au site dhammadana.org.

Il est actuellement, retourné vivre en Birmanie.

 

Combien il est bénéfique que des bhikkhu occidentaux soient devenus au terme d’une longue expérience monastique, des maitres de méditation, c'est-à-dire des personnes capables d’enseigner le Dhamma de Bouddha par l’atteinte des plus hautes réalisations des ariya savaka.

Ainsi, parmi ceux que j’ai pu connaitre, appartenant à la tradition des moines de la forêt : Ajahn Tiradhammo qui est Canadien, Robin Moore (ex-Ajahn Suriyo) qui est Américain, ainsi que sister Ariya Nani qui est Suisse de la tradition Birmane.

Ces maitres, avec des mots adaptés aux occidentaux, savent rendre les concepts du Dhamma sous un nouveau jour avec clarté. Ils s’en réfèrent souvent à Ajahn Sumedho (d'origine Américaine) qui, lorsqu'il parle par exemple des trois formes de la « soif » Tanha, évoquant le désir de renaissance et celui de l’annihilation, le fait sous un aspect on ne peut plus emprun du quotidien, et réellement lumineux :

 

«La renaissance est quelque chose que l’on peut voir directement, pas une théorie en laquelle il faut croire. Il y a renaissance à chaque moment, dans tout ce que l’on fait. Comme il n’y a pas de soi, il n’y a rien qui renaisse en tant qu’essence personnelle ou âme passant de vie en vie. Cependant, le désir est une façon de renaître, c’est chercher continuellement quelque chose en quoi s’absorber ou quelque chose à devenir. »

 

« Vous pouvez observer ce processus de renaissance dans votre propre esprit. Qu’est-ce qui va du réfrigérateur à la télévision ? Est-ce une personne ? Est-ce là ce qu’est votre âme, cette essence qui va se perpétuer à travers l’éternité ? Ou bien est-ce le désir ? N’est-ce pas simplement une errance sans but, une recherche habituelle de quelque chose à faire, quelque chose en quoi s’absorber ? »

 

         « Pour la plupart des gens, le sommeil est une forme d’annihilation. Quand on est endormi, on ne souhaite plus être quoi que ce soit, on n’a plus besoin de faire des efforts. Renaître tout le temps devient ennuyeux, alors on en vient à souhaiter ne plus exister. »

 

(Extrait de L’esprit et la voie – Ajahn Sumedho)

 

Ajahn Sumedho, à la demande d’Ajahn Chah, a fondé un monastère spécifiquement destiné aux Occidentaux, dont il devint le premier abbé, le « Amaravati Buddhist monastery » en Angleterre.

 

         Robin Moore (anciennement Ajahn Suriyo), donne par sa présence, son engagement et sa totale ouverture, le Dhamma avec un éclairage nécessaire à la pratique quotidienne des Occidentaux, d’une manière douce mais rigoureuse. Il est facile, dit-il, de ne pas se soucier de ce qu’il nous arrive, lorsque nous sommes heureux, mais bien vite l’insatisfaction nous regagne. Evoquant les saisons et le changement : « A peine le printemps passé et son explosion fantastique et presque insupportable de couleurs et de formes dans la nature, l’on se dirige vers la décrépitude et la mort : le plus beau étant déjà passé, dès le printemps ! »

Il enjoint chacun de se méfier des conceptions trop « brutes » dans le Dhamma qui nous ferait pratiquer face à un « idéal ». Plutôt pratiquer concrètement « metta », par exemple, pour contrecarrer la colère, comme pour accepter toutes nos sensations. Une particularité des moines de la forêt qui –tel Ajahn Tiradhammo- met un point d’honneur à ce que « metta »,  soit le cœur réceptif de notre observation attentive.

Comment ne pas sentir sous cette constante sérénité, en apparence simple, la force de la réalisation.

 

De même Sister Ariya Nani enseigne metta ainsi :

 

 

« Traditionnellement nous devons commencer par pratiquer mettā en premier lieu pour nous-mêmes. Si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous devons reconnaître que tout ce que nous désirons c'est le bonheur. C'est un souhait fondamental que l'on retrouve chez tous les êtres vivants. Ce n'est que quand nous reconnaissons et comprenons ce désir de bien-être profondément ancré en nous, que nous comprenons pleinement qu'en cela tous les autres êtres vivants ne sont pas différents de nous. Sur la base de cette compréhension, il est plus facile de cultiver un cœur ouvert, tolérant et bienveillant envers tous les êtres, indépendamment de leurs croyances, de leurs actes, de leur sexe ou de leur position sociale. Souvenons-nous que mettā signifie amour universel quelles que soient les conditions et les circonstances.

En conséquence, nous devons commencer par développer mettā pour nous-mêmes avec ces mots :

« Que je sois bien, heureux et en paix. Que je sois bien, heureux et en paix ». Quand nous sentons que ce désir d'être bien devient fort et authentique, nous lançons un pont vers les autres êtres : « De même que je souhaite être bien, heureux et en paix, que tous les êtres soient bien, heureux et en paix ». Ensuite nous continuons simplement avec le souhait de bonheur et de bien-être pour les autres. De même que nous souhaitons être traités gentiment, les autres veulent être traités gentiment. De même que nous voulons être respectés, les autres veulent être respectés. De même que nous ne voulons pas être tués, les autres ne veulent pas être tués. mettā prend naissance à la source de la considération que nous avons pour nous-mêmes et pour les autres. L'amour bienveillant jaillit d'un cœur compatissant, d'une empathie avec chaque être vivant. »








par Langlais Pierre publié dans : dhammapiti
Lundi 24 mars 2008










    J'ai réalisé un petit film de 25 mn sur la Birmanie et ses sites Bouddhiques, tels que la vallée de Bagan, Mandalay (le monastère Mahamuni, Kuthodaw, Inwa), et Yangon (la paya Shwedagon). Des versets du Dhammapada sont inclus dans la vidéo, ainsi qu'une petite interview du Bhikkhu U Sujata, responsable des yogis au centre de méditation Chanmyay Yeiktha à Yangon.


    Le tournage a eu lieu en Décembre 2006, le montage en mars 2008.


Ce film est téléchargeable grâce à un logiciel type "utorrent" ou équivalent.
Ensuite, vous aurez besoin d'un lecteur video tel que windows media player ou VCL media player pour le visionner.
Le film est assez lourd, si vous avez des suggestions pour le réduire (actuellement plus de 800 Mo). Merci à Ludovic Limon pour son aide technique.


Télécharger utorrent:


http://utorrent-torrent.softonic.fr/

Le film:

Visite au pays du Dhamma


Vous pouvez voir un extrait -le début du film:






Une autre façon de voir le film:







par Langlais Pierre publié dans : dhammapiti
Mercredi 12 mars 2008

 

 

Le disciple s’accorde avec la voie,

 

Lorsqu’il est établi,

 

La parole, la pensée et l’action dans l’Octuple sentier.

 

Le cœur dans le triple refuge.

 

 

 

En paix sur le chemin,

 

Il n’en dévie plus,

 

Il ne fait qu’un avec les préceptes,

 

Protège et chérie sa vertu.

 

 

 

Lorsque chacun des pas,

 

En concordance avec le Dhamma,

 

Permet d’avancer sans s’attacher,

 

Ni aux émotions, ni aux épreuves, ni aux joies.

 

 

 

Assemblé dans un corps, un esprit, sans fondements

 

Dans un temps qui s’effrite, la mort attenante,

 

Mouvant dans des désirs trompeurs,

 

Venant à saisir ariya sacca, la compréhension juste.

 

 

 

D’un contrôle devenu spontané, la pensée juste ;

 

Evitant la facile médisance, la parole juste ;

 

Découlant des bénéfices entrepris, l’action juste ;

 

Dans un environnement sain, le moyen d’existence juste.

 

 

 

Avoir conscience que c’est un travail permanent, l’effort juste ;

 

Permettant d’allier les énergies,

Comme de dissiper l’illusion, l’attention juste ;

 

L'accès à la vision profonde, la concentration juste.

 

 

 

Sur le début du chemin, déjà, on acquiert un cœur léger,

 

Présent, en confiance, sans plus de peur,

 

Dans la joie de l’accomplissement, de la bonté et de l'attention,

 

Voyant alors la « vie sainte ».

 

 

 

Namo tassa bhagavato arahanto sammasambudhassa

Buddha,

 

Dhamma,

 

Sangha.

 
 



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Metta

 

par Langlais Pierre publié dans : dhammapiti
Dimanche 9 mars 2008

 

Vous remarquerez que souvent, les personnes qui adhèrent à une tradition spirituelle ont tendance à cracher sur le monde de la consommation, en disant à propos des autres : " Ce sont des gens qui courent après les plaisirs des sens, qui croient trouver un certain bonheur dans le matériel, mais nous, nous avons quelque chose de plus, nous sommes dans le spirituel ". Vous remarquerez que les matérialistes diront : " Les gens qui sont dans le spirituel sont dans un rêve, ils s'imaginent des tas de choses et s'astreignent à toutes sortes de disciplines, qui finalement, les contraignent et ne les mènent pas au bonheur, car tout est basé sur du rêve ".

Chacun campe sur ses positions et il est convaincu d'avoir raison. Ce que nous pouvons dire, est que l'un comme l'autre n'a pas tout à fait tord. C'est la raison pour laquelle nous ne nous engageons pas ; ni dans la voie de la spiritualité, ni dans celle du matérialisme.

Il n'y a pas de bonheur en dehors de celui qu'on peut trouver dans la vie.

La voie de la spiritualité est suivie par ceux qui croient dans le bonheur éternel, dans la conscience éternelle, dans l'unité éternelle, état de félicité, de bonheur absolu. La voie du matérialisme est suivie par ceux qui ne croient en rien et qui croient qu'au moment de la mort, tout disparaît, que tout est totalement détruit. C'est pour cela qu'on dit qu'ils ne croient en rien. Pour eux, la vie est apparue au moment de la naissance et s'arrêtera au moment de la mort, et entre les deux, " il faut en profiter au maximum ". Nous évitons ces deux extrêmes, qui sont basés, selon nous, sur une méprise, sur une mécompréhension. Nous ne nous intéressons pas beaucoup à un hypothétique bonheur au-delà de la vie, et nous avons cessé de courir, parce que nous sommes assez murs et intelligents pour avoir compris qu'il n'existe pas de bonheur en dehors de celui qu'on pourrait trouver dans cette vie.

La voie du Dhamma, une voie légitime et saine

Cette voie qui est censée amener les êtres à la fin de la souffrance, est une voie légitime et saine. C'est une voie dans laquelle s'engage toute personne suffisamment sensée et suffisamment intelligente. Seuls, les animaux – qui ne peuvent pas échapper à leur misère quotidienne – s'y entretiennent de la manière la plus confuse qui soit, en continuant de vivre malgré eux dans un monde de prédation, d'agressivité, de peur, de fuite, de haine et de violence.

Les humains ont une capacité que les animaux n'ont pas. Dans un premier temps, c'est de concevoir qu'il est peut-être possible d'y échapper. Dans un deuxième temps, désirer sincèrement vouloir y échapper et d'aller vers quelque chose, vers un lieu, un état, une expérience qui en serait totalement vide.

Nous avons pour cela, certains organes mentaux, qui font partie de notre condition humaine. Ils nous donnent la possibilité de discriminer en ce qui est susceptible de pouvoir nous aider sur cette voie d'une part, et ce qui est susceptible de nous entretenir dans la misère, la souffrance, l'agressivité, la violence et la prédation d'autre part. Nous avons cette capacité à discerner ce qui est habile (kusala) de ce qui est malhabile (akusala).

L'habileté

Le mot pali "kusala" est devenu en anglais "skill" et en latin "scola". Nous savons que le mot "école" a la même racine, qui signifie "habileté", puisque l'école est justement l'endroit où l'on est censé développer l'habileté. "kusala" signifie donc "habile". Comme le précise le commentaire du "dhamma saµghani", rédigé par Buddha Gosa, le mot "kusala" désigne l'habileté d'un artisan à accomplir son œuvre. Voilà donc le sens du mot "kusala", qui ne signifie pas "bien" ou "bon", mais "habile", dans le sens que c'est intelligent, que c'est fin, que c'est ce qui va nous aider à aller mieux. C'est habile, car cela va nous amener à moins de souffrance, et nous aider à avancer. "akusala" signifie donc "malhabile". C'est ce qui est maladroit, ce qui nous fait manquer notre opération.

Nous sommes dans une école ; l'école de l'habileté précisément. Nous allons nous habituer à développer les comportements habiles, utiles, constructifs et bénéfiques. Parallèlement, nous allons nous habituer à abandonner les comportements malhabiles, malheureux et générateurs de souffrance et de peine.

Réfléchir par nous-mêmes

Si, à un Juif, à un Musulman, à un Hindou, à un Bouddhiste Mahayana, à un Bouddhiste theraváda, à un Chrétien, à un Communiste, à un Nazi, à un Fasciste, ou à un Athée, nous demandions : " quels sont les moyens habiles pour arriver à cette destination, à ce lieu, à cette expérience, vide de misère, vide de souffrance ? ", nous obtiendrions probablement des réponses différentes. Nous aurions certainement beaucoup d'éléments risquant de prêter à confusion. Il n'est pas nécessaire d'étudier quelles sont les voies enseignées par les uns et par les autres. Il est plus utile de réfléchir par nous-mêmes et d'essayer de comprendre par soi-même.

D'une part, nous pouvons réfléchir par nous-mêmes sur ce qu'est l'état de peine, le stress, l'état de contrainte dans lequel nous vivons. Pour beaucoup d'entre nous, il n'est pas la peine de réfléchir, cela est spontané, assez direct. Pour certain d'entre nous, la prise de conscience avec la souffrance du monde date de nos plus jeunes années. D'autre part, nous pouvons réfléchir, analyser sur ce qui doit être un lieu, une expérience ou une situation vide de cette peine, vide de cette souffrance.

Une fois que nous aurons réfléchi intelligemment, de façon constructive sur ces deux éléments et que nous les aurons approuvé, nous aurons à développer l'habileté à comprendre ce qui d'une part est générateur de souffrance, de misère, de peine, et ce qui, d'autre part, doit nous amener à expérimenter la fin de la souffrance, de la misère, et du stress.

La confiance et le doute

Nous nous retrouvons en fait dans un monde à quatre dimensions. Cette réflexion doit être mûre, elle doit s'appuyer sur autant de doutes et de remises en question que de conviction et de confiance, car avoir confiance sans douter, c'est dangereux, et douter sans avoir confiance, c'est stérile. Il nous faut trouver une voie d'équilibre juste où subsiste toujours en nous une parcelle de doute. C'est cette parcelle de doute qui nous amène toujours à réfléchir, à nous remettre en question à tout moment, à nous demander si l'on n'est pas en train de partir sur des voies dangereuses. Il faut faire très attention à la confiance, qui devient trop vite une foi aveugle dans un système qu'on ne maîtrise plus.

On dit parfois : " celui qui a fait l'expérience de l'éveil est celui qui a dissipé le doute ". Paradoxalement, dissiper le doute, c'est aussi dissiper la conscience. Bouddha ne dit pas : " celui qui est arrivé à l'expérience de l'éveil a développé une confiance totale ". Il dit : " celui qui est arrivé à l'expérience de l'éveil a abandonné le doute sceptique ". En abandonnant le doute sceptique, par la même occasion, il a abandonné la confiance totale.

 

Le plaisir, source de notre souffrance

Par exemple, lorsqu'il y a un son particulièrement déplaisant, on voudrait qu'il s'arrête, parce que c'est pénible. On a la possibilité de remplacer ce son par un autre. On peut transmuter ce son, on peut le purifier. On peut entreprendre une démarche qui va nous amener d'un son particulièrement désagréable à un son béatifique, merveilleux. Le problème, c'est que de toute façon, nous n'avons pas éliminé le son. Nous sommes passés d'un son désagréable à un son agréable. C'est mieux que rien, cela peut nous apporter un réconfort à court terme. Nous n'avons cependant pas éliminé le problème du son, parce que le son est encore là. De plus, même si nous avons un son particulièrement agréable, il est probable qu'au bout d'un moment, nous en soyons totalement saturé. Même un son particulièrement mélodieux finirait par devenir désagréable. Qu'est-ce qui a changé ? Pourquoi un son est-il plaisant, agréable, et ensuite, ce même son, cette même mélodie, devient-il insupportable ? C'est tout de même bizarre ! Ce qui a changé, c'est tout simplement que nous en avons trop. Nous en sommes gavés.

Même le plaisir devient déplaisir ; par sa présence, il devient insupportable. Il devient lui aussi, source de peine, de contrainte et de stress. Souvent d'ailleurs, le plaisir est utilisé par les humains comme remède à court terme pour effacer les souffrances et les misères. En fait, on en est presque condamné, à courir après les plaisirs pour rendre ce monde plus supportable. Le plaisir devient même source de notre souffrance et de notre misère, parce que nous sommes condamnés à lui courir après.

Le plaisir n'est donc pas le bien être, il n'est pas encore la solution, il n'est pas encore l'alternative à la souffrance. L'alternative à la peine ; c'est la fin de la peine. L'alternative au son déplaisant n'est pas le son plaisant ; c'est l'absence de son. L'alternative à toute expérience douloureuse n'est pas l'expérience heureuse et pleine, c'est l'absence d'expérience.

Voilà ce que Bouddha a découvert et ce que notre réflexion peut nous amener aussi à découvrir.

 

Source : http://dhammadana.org/dhamma/jhana_nibbana.htm

 

 

 

 



par Langlais Pierre publié dans : dhammapiti
Dimanche 17 février 2008

 

 

 

Parmi les trois poisons avec lesquels nous cohabitons, l’aversion, l’illusion et le désir, ce dernier –lobha- peut nous tirailler quotidiennement ou surgir sans crier gare.

En tant que disciples laïcs de l’enseignement de Bouddha, nous sommes confrontés aux plaisirs des sens. Lors d’une retraite nous apprenons à suivre les huit préceptes et à se détacher des plaisirs des sens en prenant nos distances par rapport à eux. Ceci grâce à l’application continu de l’observation des phénomènes physiques et mentaux. Dans un environnement favorable il est plus facile de mettre entre parenthèse le désir, dans le monde quotidien c’est moins évident.

 

Le désir naît du contact et de la sensation, il provoque l’attachement, lequel conditionne le processus du devenir. En désamorçant la sensation, nous rendons le désir moins ardent, voire inexistant.

 

Le désir sensuel s’exprime de plusieurs manières : l’avidité et la convoitise pour les choses matérielles, pour un état, une sensation, la gourmandise, le désir de vivre (et de revivre), le désir sexuel, etc.

 

Le désir sexuel est une force immense qui alimente la vie de façon continue, et donc la misère de dukkha qui en découle et la mort.

Peut-on s’opposer de front au désir sensuel ? C’est-à-dire, peut-on lutter contre lui lorsqu’il est déjà présent ? Ce n’est pas la bonne solution à mon avis. Peu de personnes peuvent contrôler leurs pulsions face à l'objet du désir.

Il s’agit de s’appliquer à des réglages quotidiens, au fur et à mesure des discernements.

 

         A un moment donné de notre existence, le désir sexuel est un moteur, un éveilleur, un libérateur. Bouddha dit même que le corps d’une femme est ce qui captive le plus l’esprit d’un homme. Pourtant, nous comprenons grâce au Dhamma, ce qu’il implique, comme tout désir -avidité et convoitise, et quel est l’intérêt de s’en détacher.

 

Il ne faut pas provoquer le désir sexuel et le laisser s’immiscer en nous (pour les hommes en tout cas), car celui-ci dès qu’il trouve une brèche, nous mène à lui jusqu’à être assouvi.

Il convient parfois de fermer la porte au désir, de ne pas le laisser rentrer, d’être vigilant et de ne pas se laisser surprendre. Jusqu’au cap du désintéressement. Cela ne se fait pas du jour au lendemain.

 

Mais la volonté de se résoudre est à double tranchant. Dans le domaine du désir sexuel, ou même des autres poisons, nous pouvons être comme le Dr Jekyll et Mr Hyde. En occultant la part d’ombre, celle-ci peut resurgir violemment et prendre le dessus. Ce n’est pas en occultant le désir qu’il disparaîtra de lui-même.

 

         Quand le désir s’invite lors d’un instant furtif, il convient de ne pas y sombrer, ni de s’y dérober d’une façon coupable. Se rappeler qu’une pensée naît, dure et surtout disparaît, sans chercher à savoir d’où elle provient (surement d’un moment d’inattention). Lorsque nous nous attachons à nos désirs et que nous ne pouvons les assouvir, cela provoque de la frustration, et des pensées érotiques, lesquelles génèrent une convoitise plus forte.
Magga
est fait de modération et non d’impétuosité. Comprendre le corps c’est comprendre l’esprit.

Pour déconnecter le désir il est nécessaire de saisir régulièrement les bienfaits de la vertu –et l’équilibre entre pensées et actions- ainsi que d’assimiler le non-soi de l’existence, anatta.

        

         Quelle saisie est possible si on ne se possède pas soi-même ? 

Le plaisir quotidien du renoncement s’avère supérieur au plaisir succin de la jouissance.

 

 

En tant que disciple laïc, nous ne sommes pas tenus de nous abstenir de toutes relations sexuelles, cependant il est mieux d’éviter la masturbation. Lors de retraites nous apprenons à vivre sans, dans la vie quotidienne aussi. Pourquoi ? Une raison est que si l’on souhaite rester fidèle on ne doit pas développer de fantasmes ni de pensées sensuelles. Les pensées malsaines salissent la conscience.

 

 

Il faut accepter, reconnaître les pulsions quand elles se présentent, et comprendre avec patience l’intérêt du renoncement. Le renoncement graduel au désir sexuel et à sa satisfaction fait partie de la voie.

    Puissions nous veillez en paix et sans désir.

 

 

 

 

 

 

par Langlais Pierre publié dans : dhammapiti
Dimanche 27 janvier 2008
   



    Imaginez que l'on vous donne un objet de grande valeur. Dès l'instant où cet objet entre en votre possession, votre esprit change : « Où vais-je le cacher ? Si je le laisse ici on risque de me le voler. » Vous vous angoissez terriblement pour trouver une cachette sûre. A quel moment l'esprit a-t-il changé ? A l'instant où cet objet est entré en votre possession. C'est là que la souffrance est apparue. Où que vous mettiez cet objet, vous ne pouvez plus vous détendre : vous avez un problème. Que vous soyez debout, assis ou couché, vous êtes éperdu d'inquiétude. C'est cela la souffrance. Elle commence quand on croit posséder quelque chose. C'est là que la souffrance se cache. Avant d'avoir cet objet, vous ne souffriez pas parce qu'il n'y avait pas encore d'objet auquel vous attacher.



    C'est la même chose avec le soi. Si nous pensons en termes de « moi », tout ce qui nous entoure devient « mien » et la confusion s'ensuit. Pourquoi ? La cause de tout cela est que nous croyons qu'il existe un soi. Nous n'enlevons pas le voile de l'apparent pour voir le transcendant. Vous voyez, le soi n'est qu'une apparence. Il faut faire tomber le voile des apparences pour voir le c
œur des choses, c'est-à-dire la transcendance.



    Ce n’est que lorsque vous pourrez amener votre esprit au-delà du bonheur et de la souffrance que vous trouverez la paix véritable.
Telle est la paix véritable. Telle est la matière que la plupart des gens n’étudient jamais, qu’ils ne voient jamais vraiment. La façon juste d’entraîner l’esprit est de le rendre lumineux, de développer la sagesse. Ne croyez pas qu’entraîner l’esprit consiste seulement à s’asseoir tranquillement. Cela c’est le rocher qui recouvre l’herbe. Certains peuvent s’en enivrer. Ils croient que le samadhi, c’est s’asseoir mais ce n’est là qu’un des sens de ce mot. En réalité, si l’esprit connaît le samadhi, alors marcher est samadhi, s’asseoir est samadhi, être debout est samadhi, être allongé est samadhi.


    Debout, en marche, assis ou allongé, pratiquez constamment en utilisant sati, l’attention, pour observer et protéger l’esprit, c’est cela le samadhi et c’est aussi la sagesse.


    Les deux sont semblables, même s’ils se présentent différemment. Si nous sommes vraiment conscients de l’impermanence, nous percevrons ce qui est permanent. La permanence c’est que tout doit inévitablement être ainsi et pas autrement. Comprenez-vous cela ? Même si vous ne comprenez que cela, vous pouvez connaître le Bouddha et lui rendre réellement hommage.





                                            Ajahn Chah






Voir : http://bica-vipassana.blogspot.com/search/label/ajahn%20Chah



par Langlais Pierre publié dans : dhammapiti
Dimanche 11 février 2007








Paya Shwedagon
Yangon -Myanmar














"Paya" (Phaya) signifie "Bouddha"
en Birman; "shwe" signifie "or", et "dagon" est l'ancien nom de la capitale Yangon.

La "paya shwedagon" est un zedi, c'est-à-dire un reliquaire. Le mot "zedi" vient du pali "cetiya" (chétiya).


Ce zedi est non seulement le plus vénéré du pays, mais il s'agit historiquement du premier construit, il servit de modèle pour les milliers de zedis construit par la suite au Myanmar. L'histoire nous dit que deux frères commerçants, en voyage en Inde et originaire de la région de Yangon, rencontrèrent Bouddha alors que celui-ci venait d'atteindre l'éveil. Ils lui demandèrent quelques-uns de ses cheveux pour qu'ils puissent les ramener dans leur pays. Bouddha accepta, il leur donna huit de ses cheveux et leur suggéra la construction d'un reliquaire, en leur indiquant la forme que celui-ci devrait avoir.



La Paya Shwedagon abrite donc en sa base huit cheveux de Bouddha. Il y aurait également la canne et une robe de Bouddha.
Sa construction remonte à plus de 2500 années.

Le zedi mesure 98 mètres de haut et il est couvert d'or pur. Depuis le XVe siècle, plusieurs personnages royal du pays ont offert leur poids en feuilles d'or pour recouvrir le monument.




Les Birmans sont nombreux, comme les étrangers, à visiter ce lieu de culte. Ils viennent de tout le pays, en pèlerinage, ou pour rendre hommage au Bienheureux, accumuler des mérites, se "ressourcer", faire des donations, prier, invoquer un destin favorable.
Les membres du gouvernement eux aussi, s'estimant de bons bouddhistes, viennent prier en ce lieu. Les Birmans prêtent énormément de pouvoir à la "Shwedagon", ce qui relève bien sûr de la superstition jusqu'à preuve du contraire.




Autour du zedi on trouve de très nombreuses constructions, réalisées au cours des siècles. Les statues de bouddhas se comptent par centaines. De même le zedi fut plusieurs fois rebâti.
Dans ce sanctuaire sacré ont lieu toutes sortes de cérémonies, des récitations, des prières, les gens y viennent aussi pour les grandes occasions, à la suite d'un mariage par exemple.



On trouve, à l'angle Sud-Est de l'enceinte, un Banian sacré (voir photo ci-dessus), rejeton de l'arbre de la Bodhi originel sous lequel Bouddha a découvert les quatre Nobles Vérités.
Le lieu offre un spectacle magnifique, notamment au petit matin ou lors du couché du soleil. L'ambiance invite à la paix, à la contemplation, à la dévotion. C'est une rencontre avec le Dhamma.









Merci au vénérable Dhamma Sami auprès duquel j'ai collecté des informations.




par Langlais Pierre publié dans : dhammapiti
Jeudi 25 janvier 2007



Vivre au côté du Dhamma.

 


Au fur et à mesure que notre attention demeure au côté du Dhamma, nous nous rendons compte combien le refuge est un lieu sur.

C’est, en réalité, l’unique refuge valable dans ce monde. Pourquoi ? Car en tant que créatures humaines -chanceuses parmi toutes les créatures- nous vivons là où il n’y a aucune constance. Et où que nous allions, nulle part la constance ne sera trouvée, quoi que nous fassions jamais nous ne maintiendrons un quelconque état de bonheur. Et ceci jusqu’à l’expérience de nibbâna, la cessation de la souffrance.

 

         Il se peut qu’en prenant refuge nous voulions accomplir l’aspect spirituel de notre être. La vie n’étant qu’une mise en scène, il faudra briser les chimères qui s’accumulent dans notre âme. Prendre les aspects repoussant du corps n’est par exemple pas pessimiste, mais seulement réaliste. Voir la « dure » réalité, comme la « belle », telle qu’elle est, voilà ce à quoi nous tiennent les quatre Nobles Vérités.

 

En prenant refuge nous acceptons l’intérêt de l’honnêteté au travers des cinq préceptes. Les cinq préceptes sont les déclencheurs du discernement. La croissance de nos facultés, et la possibilité de faire éclore notre compréhension seront leurs résultats. En poursuivant d'une façon neutre, nous saisirons le silence dans la connaissance.

 

S’appliquer dans le Dhamma est un intérêt vital pour qui souhaite arrêter complètement la souffrance et le ressentiment. Distinguer ce qui est bénéfique de ce qui ne n’est pas, boire à la source de l’Enseignement, affiner les facultés de la méditation, trouver le bonheur dans les gestes simples et quotidiens du Dhamma, tous ceci sont les moteurs et les fruits du mode de vie Bouddhique.

 

Avec le temps la dimension à laquelle nous aspirons prend réellement forme, cette forme nous demande de nous oublier. Plus nous nous attachons au bonheur, plus la douleur et la souffrance nous suivent. Celles-ci vont croissantes vers la vieillesse si les constructions mentales sont toujours actives.

 

Lorsque le refuge, dans un temps privilégié, nous permet d’accéder à la concentration, il nous prive de nos repères mais nous protège de notre incessant bruit intérieur. C’est comme trouver un abri dans une nuit de tempête et d’orages. Le seul abri, digne et Noble.

 

Permettons-nous de prendre refuge dans le triple joyau. En Bouddha -le Bienheureux découvreur de la Loi, le Dhamma -la doctrine du seigneur menant au nibbâna, le Sangha -les Nobles disciples véhiculant le Dhamma. En vivant au côté du Dhamma, celui-ci n’est plus extérieur et ne demande plus de preuve : Il devient intérieur, et son évidence se lie avec sa pratique.


 


 

par Langlais Pierre publié dans : dhammapiti
 

Dhamma

 Bouddha enseigna la Loi naturelle,

visible par tous, compréhensible en profondeur par ceux qui développent leur discernement.

 

 

"Evitez les mauvaises actions ; faites le bien autour de vous ; purifirez votre esprit."

Tel est l'enseignement de tous les Bouddhas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Santal, tagara, lotus, jasmin, de tous ces parfums le parfum de l'éthique est de loin le meilleur."

 

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Dhammapada

 

 

"La voie droite est proclamée, suivez-la, ne vacillez pas; Que chacun s'encourage soi-même, et, par étapes, atteigne le nibbâna."

 

 

 

 

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