Dhammapiti                 "Dans la joie du Dhamma"

                                                                                                                                                                                                                     

                        L'enseignement originel du Bienheureux Gotama  

écoutez la parole de Bouddha: http://bouddhique.free.fr/ParoleduBouddha.MP3

 
Samedi 31 mai 2008



ANATTALAKKHANA-SUTTA

La doctrine de "Non-Soi"



  "Ce sutta est considéré comme le deuxième sermon du Bouddha; il fut prononcé quelques jours seulement après le premier sermon, à l'intention des mêmes cinq bhikkhus."

  (Môhan Wijayaratna dans Sermons du Bouddha)


Aussi essentiel que le premier "Dhamma-cakkappavattana", sutta des quatre Nobles Vérités, celui-ci expose la doctrine du "Non-soi", anatta, résolument en contradiction avec la plupart des croyances de son époque, et même actuelles qui soutiennent une âme ou conscience éternelle, ou divine.
Aucun des 5 agrégats (sens, sensation, perception, composition mentale, consciences) qui constituent les individus ne peuvent être conçus comme nous appartenant, et c'est bien là, la voie de la Libération.



*** 



Une fois, le Bienheureux séjournait au parc aux Daims, à Isipatana, près de Bénarès (...) Le Bienheureux s'adressa aux cinq moines et dit:



La forme, ô moines, n'est pas le Soi. Si la forme était le Soi, ô moines, la forme ne serait pas sujette aux maladies et l'on aurait la possibilité de dire à propos du corps: "Que mon corps devienne ou ne devienne pas tel pour moi."



Cependant, puisque le corps n'est pas le Soi, le corps est sujet aux maladies et l'on n'a pas la possibilité de dire à propos du corps: "Que mon corps devienne ou ne devienne pas tel pour moi."



La sensation, ô moines, n'est pas le Soi. Si la sensation était le Soi, ô moines, la sensation ne serait pas sujette aux maladies et l'on aurait la possibilité de dire à propos de la sensation: "Que ma sensation devienne ou ne devienne pas telle pour moi."



Cependant, puisque la sensation n'est pas le Soi, la sensation est sujette aux maladies et l'on n'a pas la possibilité de dire à propos de la sensation: "Que ma sensation devienne ou ne devienne pas telle pour moi."



La perception, ô moines, n'est pas le Soi. Si la perception était le Soi, ô moines, la perception ne serait pas sujette aux maladies et l'on aurait la possibilité de dire à propos de la perception: "Que ma perception devienne ou ne devienne pas telle pour moi."



Cependant, puisque la perception n'est pas le Soi, la perception est sujette aux maladies et l'on n'a pas la possibilité de dire à propos de la perception: "Que ma perception devienne ou ne devienne pas telle pour moi."



La tendance habituelle, ô moines, n'est pas le Soi. Si la tendance habituelle était le Soi, ô moines, la tendance habituelle ne serait pas sujette aux maladies et l'on aurait la possibilité de dire à propos de la tendance habituelle: "Que ma tendance habituelle devienne ou ne devienne pas telle pour moi."




Cependant, puisque la tendance habituelle n'est pas le Soi, la tendance habituelle est sujette aux maladies et l'on n'a pas la possibilité de dire à propos de la tendance: "Que ma tendance habituelle devienne ou ne devienne pas telle pour moi"



La conscience, ô moines, n'est pas le Soi. Si la conscience était le Soi, ô moines, la conscience ne serait pas sujette aux maladies et l'on aurait la possibilité de dire à propos de la conscience: "Que ma conscience devienne ou ne devienne pas telle pour moi."



Cependant, puisque la conscience n'est pas le Soi, la conscience est sujette aux maladies, et l'on n'a pas la possibilité de dire à propos de la conscience: "Que ma conscience devienne ou ne devienne pas telle pour moi."



Qu'en pensez-vous, ô moines ? La forme est-elle permanente ou impermanente ? - La forme est impermanente, ô Bienheureux. - Si une chose est impermanente, est-elle dans le malheur ou dans le bonheur? - Dans le malheur, ô Bienheureux. - Alors, donc, de ce qui est impermanent, qui est malheur, sujet au changement, peut-on, quand on le considère, dire: "Cela est mien, je suis cela, cela est mon Soi ? " - Certainement non, ô Bienheureux.



- Qu'en pensez-vous, ô moines ? La sensation est-elle permanente ou impermanente? - La sensation est impermanente, ô Bienheureux. -Si une chose est impermanente, est-elle dans le malheur ou dans le bonheur ? - Dans le malheur, ô Bienheureux. -Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est malheur, sujet au changement, peut-on, quand on le considère, dire: "Cela est mien, je suis cela, cela est mon Soi?" - Certainement non, ô Bienheureux.



-Qu'en pensez-vous, ô moines? La perception est-elle permanente ou impermanente? - La perception est impermanente, ô Bienheureux -Si une chose est impermanente, est-elle dans le malheur ou dans le bonheur? - Dans le malheur, ô Bienheureux -Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est malheur, sujet au changement, peut-on, quand on le considère, dire " Cela est mien, je suis cela, cela est mon Soi" - Certainement, non, ô Bienheureux.




-Qu'en pensez-vous, ô moines? La tendance habituelle est-elle permanente ou impermanente? - La tendance habituelle est impermanente, ô Bienheureux. -Si une chose est impermanente, est-elle dans le malheur ou dans le bonheur? - Dans le malheur, ô Bienheureux. -Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est malheur, sujet au changement, peut-on, quand on le considère, dire: "Cela est mien, je suis cela, cela est mon Soi? " - Certainement non, ô Bienheureux.



-Qu'en pensez-vous, ô moines? La conscience est-elle permanente ou impermanente? - La conscience est impermanente, ô Bienheureux. -Si une chose est impermanente, est-elle dans le malheur ou dans le bonheur? - Dans le malheur, ô Bienheureux. -Alors donc, de ce qui est impermanent, qui est malheur, sujet au changement, peut-on, quand on le considère, dire: "Cela est mien, je suis cela, cela est mon Soi?" - Certainement non, ô Bienheureux.



Il en résulte, ô moines, que tout ce qui est corps, passé, futur ou présent, intérieur ou extérieur, grossier ou subtile, vil ou excellent, lointain ou proche, tout ce qui est corps doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu'il est, en se disant: "Cela n'est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n'est pas mon Soi."



Il en résulte, ô moines, que tout ce qui est sensation, passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, vile ou excellente, lointaine ou proche, tout ce qui est sensation doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu'il est, en se disant: "Cela n'est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n'est pas mon Soi."



Il en résulte, ô moines, que tout ce qui est perception, passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, vile ou excellente, lointaine ou proche, tout ce qui est perception doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu'il est, en se disant: "Cela n'est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n'est pas mon Soi."



Il en résulte, ô moines, que tout ce qui est tendance habituelle, passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, vile ou excellente, lointaine ou proche, tout ce qui est tendance habituelle doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu'il est, en se disant: "Cela n'est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n'est pas mon Soi."



Il en résulte, ô moines, que tout ce qui est conscience, passée, future ou présente, intérieure ou extérieure, grossière ou subtile, vile ou excellente, lointaine ou proche, tout ce qui est conscience doit être considéré, selon la sagesse correcte, comme tel qu'il est, en se disant: "Cela n'est pas à moi, je ne suis pas cela, cela n'est pas mon Soi."



Considérant les choses ainsi, ô moines, le disciple savant réprouve le corps, il réprouve la sensation, il réprouve la perception, il réprouve la tendance habituelle, il réprouve la conscience. Lorsqu'il les réprouve, il est sans désir. Lorsqu'il est sans désir, il est libéré du désir. Lorsqu'il est libéré vient la connaissance: "Voici la libération ", et il sait: "Toute naissance nouvelle est anéantie, la Conduite pure est vécue, ce qui doit être achevé est achevé, il n'y a plus rien qui demeure à accomplir, il n'est plus (pour moi) de devenir."



Ainsi parla le Bienheureux. Les cinq moines, contents, se réjouirent de la parole du Bienheureux. De plus, pendant le déroulement de ce sermon, la pensée des cinq moines fut libérée complètement des souillures. A ce moment il y eut six Arahants dans le monde.

 



 

Source:

http://fr.wikisource.org/wiki/Sermons_du_Bouddha_-_Chapitre_13_:_La_doctrine_de_non-Soi_%28ANATTALAKKHANA-SUTTA%29

 

 



 


Note : Môhan Wijayaratna dans Sermons du Bouddha traduit les passages suivant :

"Si une chose est impermanente, est-elle dans le malheur ou dans le bonheur?"

ainsi :

"Si une chose est impermanente, est-elle dans l'état satisfaisant ou dans l'état insatisfaisant?"


De même "la tendance habituelle" peut être traduit par "composition mentale" : sankhara.




 


 


 


par Langlais Pierre publié dans : Sutta
Samedi 5 août 2006

Sæmaññaphalasuttaµ dutiyaµ (Le fruit de l’état de religieux)



« Ensuite, grand roi, quand il s’est défait du bonheur et s’est défait de la souffrance, quand ont été abolis le bien-être et le mal-être antérieurs, qu’il y a absence de souffrance, absence de bonheur, pureté totale par l’indifférence et la conscience de soi, le moine accède et demeure au quatrième stade de la méditation. Il est assis là, imprégnant son corps d’une pensée toute pure, toute nettoyé, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par cette pensée toute pure, toute nettoyée. »

« C’est comme si, grand roi, quelqu’un était assis avec un vêtement nettoyé le couvrant jusqu’à la tête, en sorte qu’aucun point de son corps ne fût à l’abri du contact avec le vêtement nettoyé : tout de même, grand roi, le moine est assis, imprégnant son corps d’une pensée toute pure, toute nettoyé, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par cette pensée toute pure, toute nettoyée. »

« C’est bien là, grand roi, un fruit visible de l’état de religieux, plus beau et plus sublime encore que les précédents fruits visibles de l’état de religieux. »

par Langlais Pierre publié dans : Sutta
Vendredi 4 août 2006

Sæmaññaphalasuttaµ dutiyaµ (Le fruit de l’état de religieux)


« Ensuite, grand roi, se détournant de l’allégresse, le moine vit indifférent, conscient et compréhensif, il ressent dans son corps le bonheur, en sorte que les Nobles l’appellent l’indifférent, le conscient, celui qui vit bien ; il accède ainsi et demeure au troisième stade de la méditation. Il inonde alors, inonde complètement, remplit complètement, comble son corps de ce bonheur sans allégresse, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par le bonheur sans allégresse. »

« C’est comme si, grand roi, il y avait dans un étang des lotus bleus, des lotus rouges, des lotus blancs, et si certains de ces lotus bleus, de ces lotus rouges, de ces lotus blancs nés dans l’eau, ayant crû dans l’eau, ne sortaient pas de l’eau, mais prospéraient dans l’eau où ils étaient plongés, si des pointes aux racines ils étaient inondés d’eau froide, inondés complètement, remplis complètement, comblés et qu’il n’est aucun de ces lotus bleus, de ces lotus rouges, de ces lotus blancs, qui ne fût touché par l’eau froide : tout de même, grand roi, le moine inonde, inonde complètement, remplit complètement, comble son corps de ce bonheur sans allégresse, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par le bonheur sans allégresse. »

« C’est bien là, grand roi, un fruit visible de l’état de religieux, plus beau et plus sublime encore que les précédents fruits visibles de l’état de religieux. »

par Langlais Pierre publié dans : Sutta
Jeudi 3 août 2006

Sæmaññaphalasuttaµ dutiyaµ (Le fruit de l’état de religieux)


« Ensuite, grand roi, ayant mis fin au raisonnement et à la réflexion décisive, le moine accède et demeure au second stade de la méditation, lequel, apaisement à l’intérieur et condensation de la pensée, exclut raisonnement et réflexion décisive et qui, né de l’absorption, consiste en bonheur avec allégresse. Il inonde alors, inonde complètement, remplit complètement, comble son corps de ce bonheur avec allégresse né de l’absorption, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par le bonheur avec allégresse né de la dissociation. »

« C’est comme si, grand roi, il y avait un étang où l’eau jaillirait sans qu’il y eût une arrivée d’eau dans la direction de l’est, sans qu’il y eût une arrivée d’eau dans la direction du sud, sans qu’il y eût une arrivée d’eau dans la direction de l’ouest, sans qu’il y eût une arrivée d’eau dans la direction du nord, ou sans qu’il tombât de temps en temps une pluie notable. Le courant d’eau froide jaillissant de cet étang l’inonderait complètement, le remplirait complètement, le comblerait et il n’est aucun point de cet étang qui ne serait touché par l’eau froide : tout de même, grand roi, le moine inonde, inonde complètement, remplit complètement, comble son corps de ce bonheur avec allégresse né de la concentration, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par le bonheur avec allégresse né de la dissociation. »

« C’est bien là, grand roi, un fruit visible de l’état de religieux, plus beau et plus sublime encore que les précédents fruits visibles de l’état de religieux. »

par Langlais Pierre publié dans : Sutta
Mercredi 2 août 2006

Sæmaññaphalasuttaµ dutiyaµ (Le fruit de l’état de religieux)

 

« C’est ainsi, grand roi, que le moine considère ces cinq obstacles tant qu’il ne s’en est pas libéré en lui-même, à savoir comme une dette, comme une maladie, comme un lieu de détention, comme un esclavage, comme un chemin à travers la jungle. Et le moine, grand roi, quand il s’en est libéré en lui-même, considère ces cinq obstacles comme l’acquittement d’une dette, comme la guérison, comme la fin d’une détention, comme la mise en liberté, comme un territoire paisible.

Quand il considère ces cinq obstacles dont il s’est libéré en lui-même, la joie naît en lui, de la joie naît l’allégresse ; quand son esprit est allègre, son corps se calme ; quand son corps est calmé, il ressent le bonheur ; quand il est heureux, sa pensée s’absorbe. Se dissociant des désirs, se dissociant des choses mauvaises, il accède et demeure au premier stade de la méditation, né de la dissociation, comportant raisonnement et réflexion décisive, bonheur avec allégresse. Il inonde, inonde complètement, remplit complètement, comble son corps de ce bonheur avec allégresse né de la dissociation, il n’est aucun point de son corps qui ne soit touché par le bonheur avec allégresse né de la dissociation. »

par Langlais Pierre publié dans : Sutta
Dimanche 23 juillet 2006


Theragata - Khuddaka Nikaya

(Traduction personnelle à partir de l'anglais)



Dans le village ou dans la forêt,

Dans les plaines ou les régions élevées ;

Partout où les dignes demeurent

- Ce terrain sera trouvé plaisant.

 

Si agréables sont les forêts,

Où la plupart des gens n’y sont pas bien.

Débarrassé des passions, ils seront heureux

- Ils ne recherchent pas même un simple plaisir !

 

Installé à la racine d'un arbre,

La tête rasée, vêtue d'une robe,

L'aîné principal en sagesse

- Upatissa*, juste médite.

 

Il est devenu calme et au repos,

Sage dans le discours et non égocentrique;

Il a secoué au loin les états malsains

- Comme le vent le ferait des feuilles d'un arbre.

 

Il est devenu calme et au repos,

Sage dans le discours et non égocentrique ;

Il s’est dévêtu des états malsains

- Comme le vent le ferait des feuilles d'un arbre.

 

L’océan puissant et la terre

Une montagne, ou même le vent

Ne sont pas des comparaisons adéquates

- Pour la libération splendide de l’enseignant.

 

L’aîné garde la roue en mouvement,

En possession d’une grande sagesse, composée ;

Et juste comme la terre, l’eau et le feu,

- Il n’est ni joint ni séparé.

 

 

 

 

*Upatissa : Autre nom de Sariputta

Source: Thag 17.2: Sariputta


 



par Langlais Pierre publié dans : Sutta
Mercredi 12 avril 2006

 

Rare est la naissance comme homme, difficile est la vie que les mortels mènent, difficile est l'ouïe du Dhamma sublime, rare est l'apparition d'un Bouddha.

S'abstenir de tout mal, cultiver le bien, purifier son coeur, voici l'enseignement des Bouddha.

La patience et l'endurance sont l'ascétisme le plus haut, Nibbâna est suprême, disent les Bouddhas. Car n'est pas un disciple, celui qui blesse autrui, ni un ascète celui qui moleste les autres.

 

 

Dhammapada (182 - 183 - 184) 

 

 

par Langlais Pierre publié dans : Sutta
Jeudi 23 mars 2006

 


Ainsi ai-je entendu :

Une fois que le Tathâgatha, qui se trouvait au vihâra d'Anâthapindika dans le parc de Jeta à Sâvatthi, s'exprima ainsi : " La façon de surmonter tous les obstacles, ô bhikkhus, je vous l'enseignerai. Ecoutez cela, réfléchissez bien, je parlerai. " " Oui, Bhante ", répondirent ces bonzes.


Alors, le Tathâgatha parla ainsi :

"La destruction des obstacles, ô bhikkhus, je vous le dis, est pour celui qui sait et pour celui qui voit, non pour celui qui ne sait pas, ni pour celui qui ne voit pas. Et que doit savoir, ô bhikkhus, que doit voir celui qui détruit les obstacles ? La pensée sage et la pensée sans sagesse.

En celui qui pense sans sagesse, ô bhikkhus, des obstacles non apparus paraissent, et les obstacles déjà présents s'accroissent ; en celui qui pense sagement, ô bhikkhus, des obstacles non apparus ne paraissent pas, et les obstacles déjà présents décroissent.

Il y a, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par le discernement, il y a les obstacles qui doivent être vaincus par l'action appropriée, il y a les obstacles qui doivent être vaincus en les évitant, il y a les obstacles qui doivent être vaincus en les écartant ; il y a les obstacles qui doivent être vaincus par le développement mental.


Quels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par le discernement ?

Voici, ô bhikkhus, l'homme ordinaire et non instruit qui ne voit pas les nobles êtres, n'est pas instruit de la noble doctrine, ni entraîné dans la noble doctrine, qui ne voit pas les sages, n'est pas instruit de la doctrine des sages, ni entraîné dans la doctrine des sages ; il ne sait pas les choses qui doivent être pensées, il ne sait pas celles qui ne doivent pas être pensées. Alors ne sachant pas les choses qui doivent être pensées, celles qui ne doivent pas être pensées, il les pense, et celles qui doivent être pensées, il ne les pense pas.


Et quelles sont, ô bhikkhus, les choses qui ne doivent pas être pensées et auxquelles il pense ?

Si par la pensée de certaines choses, ô bhikkhus, l'obstacle du désir sensuel non apparu, paraît ; l'obstacle du désir sensuel déjà présent s'accroît ; l'obstacle de l'ignorance non apparu, paraît ; l'obstacle de l'ignorance déjà présent s'accroît ; l'obstacle du désir d'existence non apparu, paraît ; l'obstacle du désir d'existence déjà présent s'accroît ; ces choses qui ne doivent pas être pensées, il les pense.


Et quelles sont , ô bhikkhus, les choses qui doivent être pensées et auxquelles il ne pense pas ?

Si par la pensée de certaines choses, ô bhikkhus, l'obstacle du désir sensuel non apparu, ne paraît  pas ; l'obstacle du désir sensuel déjà présent décroît ; l'obstacle de l'ignorance non apparu, ne paraît pas ; l'obstacle de l'ignorance déjà présent décroît ; l'obstacle du désir d'existence non apparu, ne paraît pas ; l'obstacle du désir d'existence déjà présent décroît ; ces choses qui doivent être pensées, il ne les pense pas.

Ainsi, par le fait de penser aux choses qui ne doivent pas être pensées, et de ne pas penser aux choses qui doivent être pensées, des obstacles, non apparus, paraissent en lui, et les obstacles déjà présents, s'accroissent.

Ainsi, sans sagesse, il pense : " Ai-je existé dans le passé ? ", " N'ai-je pas existé dans le passé ", " Qu'ai-je été dans le passé ? ", " Comment ai-je été dans le passé ? ", " Qu'est-ce que, ayant été, j'ai été dans le passé ? ", " Serai-je dans le futur ? ", " Ne serai-je pas dans le futur ? ", " Que serai-je dans le futur ? ", " Comment serai-je dans le futur ? ", " Qu'est ce que, ayant été, je serai dans le futur ? ". Le présent, lui aussi, le rend perplexe sur lui-même : " Suis-je ? ", " Ne suis-je pas ? ", " Que suis-je ? ", " Comment suis-je ? ", " Cet être, d'où est-il venu, où ira-t-il ? ". Ainsi, pensant sans sagesse, l'une des six vues fausses surgira en lui : " J'ai une âme " ; cette vue fausse naît en lui, véridique et ferme. " Je n'ai pas d'âme " ; cette vue fausse naît en lui, véridique et ferme. " Par l'âme, je connais l'âme " ; cette vue fausse surgira en lui, véridique et ferme. " Par l'âme, je connais le non-âme " ; cette vue fausse surgira en lui, véridique et ferme. Ou encore, cette autre vue fausse surgit en lui : "  Cette âme qui est mienne, s'exprimant et ressentant, reçoit ici et là le résultat des bonnes et mauvaises actions, et cette même âme qui est mienne, permanente, fixe, éternelle, de nature immuable, demeure ainsi éternellement ".

Ceci, ô bhikkhus, est appelé spéculations, jungle d'opinions, déserts d'opinions, perversion d'opinions, agitation d'opinions et liens d'opinions. Lié par ces liens d'opinions, ô bhikkhus, l'homme ordinaire et non instruit n'est pas libéré de la naissance, de la vieillesse, de la mort, des chagrins, lamentations, souffrances, peines mentales, agonies ; il n'est pas libéré de la souffrance, je le dis.

Mais le sage, ô bhikkhus, le noble disciple qui voit les nobles êtres, est instruit de la noble doctrine et, est entraîné dans la noble doctrine, qui voit les sages, est instruit de la doctrine des sages, est entraîné dans la doctrine des sages, il sait les choses qui doivent être pensées et sait les choses qui ne doivent pas être pensées.

Alors sachant les choses qui doivent être pensées et sachant celles qui ne doivent pas être pensées, les choses qui ne doivent pas être pensées, il ne les pense pas et celles qui doivent être pensées, il les pense.


Et quelles sont, ô bhikkhus, les choses qui ne doivent pas être pensées et auxquelles il ne pense pas ?

Si par la pensée de certaines choses, ô bhikkhus, l'obstacle du désir sensuel non apparu, paraît ; l'obstacle du désir sensuel déjà présent s'accroît ; l'obstacle de l'ignorance non apparu, paraît ; l'obstacle de l'ignorance déjà présent s'accroît : l'obstacle du désir d'existence non apparu, paraît ; l'obstacle du désir d'existence déjà présent s'accroît ; ces choses qui ne doivent pas être pensées, il ne les pense pas.


Et quelles sont , ô bhikkhus, les choses qui doivent être pensées et auxquelles il pense ?

Si par la pensée de certaines choses, ô bhikkhus, l'obstacle du désir sensuel non apparu, ne paraît  pas ; l'obstacle du désir sensuel déjà présent décroît ; l'obstacle de l'ignorance non apparu, ne paraît pas ; l'obstacle de l'ignorance déjà présent décroît ; l'obstacle du désir d'existence non apparu, ne paraît pas ; l'obstacle du désir d'existence déjà présent décroît ; ces choses qui doivent être pensées, il les pense.

Ainsi, par le fait de ne pas penser aux choses qui ne doivent pas être pensées, et de penser aux choses qui doivent être pensées, les obstacles, non apparus, ne paraissent pas en lui, et les obstacles déjà présents, décroissent.

Ainsi, sagement il pense : " Ceci est dukkha " ; sagement il pense : " Ceci est la cause de dukkha " ; sagement il pense : " Ceci est la cessation de dukkha " ; sagement il pense : "  Ceci est le sentier qui mène à la cessation de dukkha ".

Pensant ainsi, trois liens se détachent de lui : l'illusion du moi, le doute, la croyance en l'efficacité des rites et des cérémonies. Tels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par le discernement.


Et quels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par le contrôle ?

Voici, ô bhikkhus, : un bhikkhu considérant les choses avec sagesse demeure gardant le contrôle de la faculté de vision. Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui demeure sans garder le contrôle de la faculté de vision, ces obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient.

Considérant les choses avec sagesse, il demeure gardant le contrôle de la faculté d'audition. Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui demeure sans garder le contrôle de la faculté de l'audition, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui qui demeure gardant le contrôle de la faculté de l'audition, ces obstacles oppressifs et brûlants n'apparaissent pas.

Considérant les choses avec sagesse, il demeure gardant le contrôle de la faculté de l'odorat. Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui demeure sans garder le contrôle de l'odorat, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui qui demeure gardant le contrôle de la faculté d'odorat, ces obstacles oppressifs et brûlants n'apparaissent pas.

Considérant les choses avec sagesse, il demeure gardant le contrôle de la faculté du goût. Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui demeure sans garder le contrôle de l'odorat, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui qui demeure gardant le contrôle de la faculté du goût, ces obstacles oppressifs et brûlants n'apparaissent pas.

Considérant les choses avec sagesse, il demeure gardant le contrôle de la faculté du toucher. Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui demeure sans garder le contrôle de l'odorat, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui qui demeure gardant le contrôle de la faculté du toucher, ces obstacles oppressifs et brûlants n'apparaissent pas.

Considérant les choses avec sagesse, il demeure gardant le contrôle de la faculté mentale. Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui demeure sans garder le contrôle de l'odorat, des obstacles oppressifs et brûlants apparaissent, en celui qui demeure gardant le contrôle de la faculté mentale, ces obstacles oppressifs et brûlants n'apparaissent pas.

Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui demeure sans garder le contrôle de ses facultés, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui qui demeure gardant le contrôle de ses facultés, ces obstacles oppressifs et brûlants n'apparaissent pas.

Tels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par le contrôle.


Et quels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par l'action appropriée ?

Voici, ô bhikkhus, un moine, considérant avec sagesse, se sert de sa robe seulement pour se protéger du froid, de la chaleur, des taons, des moustiques, du vent, du soleil, des serpents, seulement dans le but de recouvrir sa nudité.

Le considérant avec sagesse, il se sert de sa nourriture, non pour le plaisir, non pour l'exagération de la vigueur, non pour l'esthétique, non pour la beauté, mais seulement pour maintenir l'existence de ce corps, pour supprimer la souffrance, pour soutenir une noble vie, pensant : " Ainsi je mettrai fin à la souffrance ancienne, je ne produirai pas de nouvelles souffrances, et ainsi mon existence sera droite et heureuse "

Le considérant avec sagesse, il se sert de sa maison seulement pour se protéger du froid, de la chaleur, des contacts des taons, des moustiques, du vent, du soleil, des serpents, seulement pour éviter le danger des saisons, et pour se procurer un endroit propice à la méditation.

Les considérant avec raison, il se sert de tout ce qui constitue des remèdes à la maladie, seulement pour faire cesser les sensations de malaise, et dans le but de conserver sa santé.

Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui ne pratique pas les actions appropriées, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui qui pratique les actions appropriées, ces obstacles oppressifs et brûlants n'apparaissent pas.

Tels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par les actions appropriées.


Et quels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par l'endurance ? Voici, ô bhikkhus, un bhikkhu considérant avec sagesse, supporte le froid, la chaleur, la faim, la soif, les contacts avec les taons, les moustiques, le vent, le soleil, les serpents ; les discours médisants et malveillants ; les sensations corporelles qui surviennent : douloureuses, perçantes, pénibles, amères, désagréables, déplaisantes, mortelles, il les supporte avec patience. Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui n'est pas endurant, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui qui est endurant, ces obstacles oppressifs et brûlants n'apparaissent pas.

Tels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par l'endurance.


Et quels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus en les évitant ?

Voici, ô bhikkhus, un bhikkhu considérant avec sagesse, il évite l'éléphant furieux, il évite le cheval furieux, il évite le taureau furieux, il évite le chien furieux, le serpent, les souches d'arbres, les buissons piquants, les mares, les précipices, les bourbiers, les cloaques ; il évite de s'asseoir dans des sièges incorrects, de visiter de mauvais endroits, de se lier avec des amis indignes d'amitié, et tout ce que les sages avisés réprouveraient. Considérant avec sagesse tels sièges incorrects, tels mauvais endroits et tels mauvais amis , il les évite sagement.

Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui ne les évite pas, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui qui les évite, ces obstacles oppressifs et brûlants n'apparaissent pas.

Tels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus en les écartants ?

Voici, ô bhikkhus, un bhikkhu considérant avec sagesse ; si une pensée sensuelle s'élève en lui il ne la tolère pas, il l'écarte, il la repousse, il y met un terme, il ne la fait pas naître ; si une pensée malveillante s'élève en lui il ne la tolère pas, il l'écarte, il la repousse, il y met un terme, il ne la fait pas naître ; si une pensée d'hostilité violente s'élève en lui il ne la tolère pas, il l'écarte, il la repousse, il y met un terme, il ne la fait pas naître ; toutes les choses néfastes qui s'élève en lui il ne les tolère pas, il les écarte, il les repousse, il y met un terme, il ne les fait pas naître.

Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui ne les écarte pas, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui qui les écarte, ces obstacles oppressifs et brûlants n'apparaissent pas. Tels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus en les écartant.


Et quels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par le développement mental ?

Voici, ô bhikkhus, un bhikkhu considérant avec sagesse, il développe le facteur de l'illumination de l'attention, accompagné du détachement, de l'absence du désir, de la cessation, et conduisant à l'abandon.

Considérant avec sagesse, il développe le facteur de l'illumination de l'examen de la loi, accompagné du détachement, de l'absence de désir, de la cessation, et conduisant à l'abandon.

Considérant avec sagesse, il développe le facteur de l'illumination de l'énergie, accompagné du détachement, de l'absence de désir, de la cessation, et conduisant à l'abandon.

Considérant avec sagesse, il développe le facteur de l'illumination de la joie, accompagné du détachement, de l'absence de désir, de la cessation, et conduisant à l'abandon.

Considérant avec sagesse, il développe le facteur de l'illumination de la tranquillité, accompagné du détachement, de l'absence de désir, de la cessation, et conduisant à l'abandon.

Considérant avec sagesse, il développe le facteur de l'illumination de la concentration, accompagné du détachement, de l'absence de désir, de la cessation, et conduisant à l'abandon. Considérant avec sagesse, il développe le facteur de l'illumination de l'équanimité, accompagné du détachement, de l'absence de désir, de la cessation, et conduisant à l'abandon.

Alors, ô bhikkhus, qu'en celui qui ne pratique pas le développement mental, des obstacles oppressifs et brûlants apparaîtraient, en celui qui pratique le développement mental, ces obstacles oppressifs et brûlants n'apparaissent pas.

Tels sont, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par la pratique le développement mental.

Et si, ô bhikkhus, les obstacles qui doivent être vaincus par le discernement sont vaincus par le discernement, les obstacles qui doivent être vaincus par le contrôle sont vaincus par le contrôle, les obstacles qui doivent être vaincus par l'action appropriée sont vaincus par l'action appropriée, les obstacles qui doivent être vaincus par l'endurance sont vaincus par l'endurance, les obstacles qui doivent être vaincus en les écartant sont vaincus en les écartant, les obstacles qui doivent être vaincus en les évitant sont vaincus en les évitant et les obstacles qui doivent être vaincus par le développement mental sont vaincus par le développement mental, il est, ô bhikkhus, le bhikkhu qui demeure libéré de tout obstacle, il a détruit la soif du désir, il a dénoué les liens, et par la juste compréhension des fausses mesures, il a mis un terme à la souffrance."


Ainsi parla le Tathâgatha.

 

par Langlais Pierre publié dans : Sutta
 

Dhamma

 Bouddha enseigna la Loi naturelle,

visible par tous, compréhensible en profondeur par ceux qui développent leur discernement.

 

 

"Evitez les mauvaises actions ; faites le bien autour de vous ; purifirez votre esprit."

Tel est l'enseignement de tous les Bouddhas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Santal, tagara, lotus, jasmin, de tous ces parfums le parfum de l'éthique est de loin le meilleur."

 

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"La voie droite est proclamée, suivez-la, ne vacillez pas; Que chacun s'encourage soi-même, et, par étapes, atteigne le nibbâna."

 

 

 

 

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