Dhammapiti                 "Dans la joie du Dhamma"

                                                                                                                                                                                                                     

                        L'enseignement originel du Bienheureux Gotama  

écoutez la parole de Bouddha: http://bouddhique.free.fr/ParoleduBouddha.MP3

 
Vendredi 13 juin 2008

 

Le texte suivant est un extrait d’un chapitre du Visuddhimagga (le chemin de la pureté) de Buddhaghosa, « la laideur ».

La laideur traite d’une série de pratiques particulières ou l’attention et la concentration reposent sur la vue d’un cadavre, réservé au moine qui souhaite se défaire de l’attachement au corps.

D’une façon rigoureuse, il est décrit ce que doit faire le moine qui souhaite se consacrer à cette observation, pour que tout se déroule convenablement. Puis quels sont les signes qu’il doit observer.

On remarque la grande précision et réalisme des descriptions, c'est une caractéristique du Dhamma, faire face et connaître la réalité des choses.

 

Voici les particularités des laideurs :

 

 

 



 

Les particularités des laideurs

 

Celui-aux-dix-pouvoirs, aux belles qualités,

à la splendeur louée par Dix-fois-cent-yeux* (Epithète d’Indra)

a trouvé en chacune des laideurs une cause de jhâna.

Celui qui connaît ces laideurs et sait comment s’y exercer

Doit avoir en outre conscience de leurs particularités.

 


Le jhâna que permet d’atteindre l’une ou l’autre laideur écarte les attachements. Il en résulte toujours un comportement dépourvu d’avidité, semblable à celui des Accomplis, qui sont libres de tout attachement.

         Il faut encore associer les laideurs aux étapes de décompositions du cadavre et aux subdivisions du tempérament voluptueux.

         Bien que toujours repoussant, le cadavre change d’apparence, et le moine saisit le signe qu’il peut trouver : aspect déplaisant du cadavre gonflé, aspect déplaisant du cadavre marbré de bleu, etc. Les dix laideurs correspondent donc aux étapes de décomposition du cadavre.

         Le cadavre gonflé convient particulièrement aux moines qui s’attachent aux formes, car il met en évidence la détérioration des formes corporelles.

         Le cadavre marbré de bleu convient à ceux qui s’attachent au teint, car il met en évidence la détérioration de la coloration de la peau.

         Le cadavre suppurant convient à ceux qui s’attachent aux senteurs corporelles que procurent les fleurs et les parfums, car il met en évidence la puanteur des plaies.

         Le cadavre sectionné convient à ceux qui s’attachent à la compacité du corps, car il met en évidence les séparations.

         Le cadavre dévoré convient à ceux qui s’attachent à l’accumulation de chair en certaines parties du corps comme les seins, car il montre comment la plénitude de cette accumulation de chair est détruite.

         Le cadavre éparpillé convient à ceux qui s’attachent à l’élégance des membres, car il met en évidence la dispersion de ces membres.

         Le cadavre coupé et éparpillé convient à ceux qui s’attachent à la perfection de l’ensemble du corps, car il met en évidence la destruction et l’altération de l’assemblage du corps.

Le cadavre sanguinolent convient à ceux qui s’attachent à la beauté des parures, car il met en évidence le caractère déplaisant du corps paré de sang.

         Le cadavre mangé aux vers convient à ceux qui s’attachent à l’idée que ce corps leur appartient, car il met en évidence les espèces de vers avec lesquelles ils doivent le partager.

         Le squelette convient à ceux qui s’attachent à la perfection des dents, car il relève le caractère déplaisant des os.

         Voilà comment les dix catégories de la laideur correspondent aux dix subdivisions du tempérament voluptueux.

 

         Un bateau ne peut voguer sur une rivière au flot tumultueux et au courant rapide sans un gouvernail solide. L’absence de gouvernail lui interdit de naviguer. De même, l’attention ne peut rester focalisée sur la laideur que si la prise-ferme est puissance, car l’objet manque de force (d’attrait). Sans prise-ferme, l’attention ne peut se maintenir sur l’objet. C’est pourquoi cette pratique ne permet d’atteindre que le premier jhâna.

 

Bien que l’objet soit déplaisant, le ravissement et la satisfaction sont possibles parce que le moine voit l’intérêt du signe : « C’est assurément par ce moyen que je serai délivré du vieillissement et de la mort », et parce que le tourment des obstacles est éliminé. Le moine comprend l’intérêt du signe de la même façon qu’un chiffonnier voit le gain conséquent que va lui rapporter un tas d’ordures, ou qu’un malade souffrant d’une grave affliction voit l’avantage d’un émétique ou d’un purgatif (désagréable à ingurgiter).

         La laideur présent dix aspects, mais une seule caractéristique : sa nature à la fois malpropre, malodorante, repoussante et déplaisante.

 

Même vivants, les corps présentent cette caractéristique, …


 


 


 


par Langlais Pierre publié dans : Extraits de livres
Lundi 12 mai 2008




PERMETTRE AUX CHOSES DE SE MANIFESTER





Par le Vénérable Ajahn Sumedho
(extrait du livre les Quatre Nobles Vérités)


Texte intégral disponible ici :
           http://dhammasukha.free.fr/biblio/4NoblesVerites.html#permettre











  Avant de pouvoir vraiment lâcher prise et mettre les choses de côté, il faut en prendre pleinement conscience. La méditation est un moyen de permettre au subconscient de se manifester consciemment. Toutes les déceptions, les peurs et les angoisses, tous les désirs inavoués et les ressentiments ont la possibilité de devenir conscients. Beaucoup de gens aspirent à un idéal très élevé et, par conséquent, sont parfois très déçus de leur incapacité d’être à la hauteur – de ne pas se mettre en colère, par exemple – tout ce que l’on devrait ou bien ne devrait pas être. Dans ces conditions, nous pouvons aisément créer le désir – et nous y attacher – de nous débarrasser de ces choses négatives qui ne correspondent pas à notre idéal. Ce type de désir peut sembler juste au niveau moral. Vouloir se débarrasser de pensées cruelles, de ressentiments et de jalousie paraît bon, puisqu’une personne respectable ne devrait pas les ressentir. C’est ainsi que l’on crée un complexe de culpabilité.

Si nous contemplons cela, nous prenons pleinement conscience du désir d'être à la hauteur de cet idéal et de nous débarrasser de ces tendances négatives. Nous pouvons ainsi lâcher prise : plutôt que de travailler à devenir cet individu parfait, nous laissons de côté ce désir. Ne reste qu’un esprit clair et serein. Il n’est pas nécessaire de devenir cet individu parfait, ce genre d’idéal n’étant qu’une création mentale apparaissant, puis disparaissant ; l’esprit originel reste le même.


L’idée de cessation est facile à comprendre au niveau intellectuel, mais réaliser l’expérience que constitue la cessation peut s’avérer très difficile, car cela nécessite de bien vouloir cohabiter avec ce que l’on pense ne pas pouvoir supporter. Par exemple, quand j’ai commencé à pratiquer la méditation, je m’attendais à ce que cela me rende plus gentil, plus heureux et me conduise à faire l’expérience d’états méditatifs très agréables. Mais, jamais auparavant, je n’avais connu autant de haine et de colère qu’au cours de ces deux premiers mois. Je me disais : «  C’est affreux, la méditation m’a rendu pire qu’avant ! ». Mais je réussis à contempler pourquoi tant de colère et d’aversion remontaient à la surface. J’ai réalisé qu’en grande partie, ma vie consistait précisément à fuir tout cela. Lorsque j’étais un laïc, la lecture était une obsession. Où que j’aille, j’avais besoin d’avoir des livres en ma possession. Lorsque la peur ou la colère commençaient à se manifester, je prenais refuge dans un bouquin… ou alors, j’allumais une cigarette… ou bien encore je mangeais quelque chose, convaincu d’être quelqu’un de gentil, incapable de haïr les autres. Le moindre signe d’aversion ou de haine était réprimé.

C’est la raison pour laquelle, durant les premiers mois de ma vie monastique, j’avais désespérément besoin de trouver différentes activités. Je cherchais les moyens de me distraire parce que la pratique de la méditation ramenait à ma mémoire toutes sortes de choses que j’avais essayé d’oublier. Des souvenirs d’enfance, mais aussi de mon adolescence, refaisaient surface continuellement, accompagnés d’un sentiment de colère et de haine si fort qu’il devint presque intolérable. Mais je commençais à voir qu’il me faudrait supporter ces émotions : j’ai donc fait preuve de patience. C’est ainsi que toute la haine et la colère que j’avais réprimée en trente ans d’existence fit irruption, pour ainsi dire, et put se consumer et s’éteindre grâce à la méditation. C’était un processus de purification.


Pour permettre à ce processus de cessation de prendre place, nous devons être prêts à souffrir. C’est pourquoi j’insiste sur l’importance de la patience. Nous devons faire de la souffrance une expérience pleinement consciente car c’est seulement en l’accueillant que la souffrance peut prendre fin. Quand nous prenons conscience que nous souffrons physiquement ou mentalement, il convient alors de faire face à cette douleur qui est présente. Nous l’acceptons complètement, l’accueillons et la prenons comme objet de contemplation en lui permettant d’être ce qu’elle est. Cela demande d’être patient et de surmonter le désagrément d’une condition quelle qu’elle soit. Au lieu de nous enfuir, nous devons endurer l’ennui, le désespoir, le doute et la peur pour être à même de voir et de comprendre que ces conditions prennent fin.

Tant que nous ne permettons pas aux choses de cesser, nous continuons à créer du nouveau kamma qui ne fait que renforcer nos habitudes. Quand quelque chose se manifeste, nous nous en saisissons et nous l’utilisons pour fabriquer toutes sortes de créations mentales. Tout devient plus compliqué ainsi. De cette manière, ces réactions sont répétées continuellement au cours de nos vies. Tourner en rond à la poursuite de nos désirs dans l’espoir d’éviter nos peurs ne peut pas nous conduire à la paix. Nous contemplons la peur et le désir pour qu’ils cessent de nous duper : il est nécessaire de comprendre ces forces qui nous mystifient pour qu’elles arrêtent de nous tromper et soient ainsi autorisées à cesser. Le désir et la peur nous révèlent leurs qualités fondamentales : ils sont impermanents, insatisfaisants et impersonnels. Ils sont vus et compris pour ce qu’ils sont, c’est ainsi que la souffrance prend fin.

Il est vraiment très important de comprendre la différence entre cessation et annihilation – le désir qui peut se manifester de se débarrasser des choses. La cessation est la fin naturelle de toute condition qui est apparue. C’est autre chose que le désir ! Ça n’est pas une création mentale, mais l’achèvement de ce qui a commencé, la mort de ce qui est né. Par conséquent, la cessation n’a rien de personnel, elle n’est pas le résultat de la volonté de se débarrasser de choses, mais se produit lorsque l’on permet à ce qui est apparu de disparaître. Pour ce faire, on doit abandonner la convoitise. Ça ne veut pas dire rejeter ou refouler : abandonner possède plutôt ici le sens de lâcher prise, laisser de côté.


Lorsque la fin s’est produite, ce qui vient ensuite est l’expérience de nirodha : la cessation, la vacuité, l’absence d’attachement. Nirodha est un autre terme pour évoquer la réalisation de Nibbana. Lorsque vous avez permis à quelque chose de partir et de cesser, il ne reste que la paix, la sérénité.

Vous pouvez faire l’expérience de cette tranquillité lorsque vous pratiquez la méditation. Quand vous avez laissé un désir se résorber, disparaître de votre conscience, une paix profonde s’ensuit. Il s’agit de la sérénité véritable, située au-delà de la mort. Quand vous réalisez clairement cette expérience, quand vous comprenez vraiment de quoi il s’agit en l’ayant vécu, vous réalisez Nirodha Sacca, la Vérité de la Cessation : un espace dans lequel il n’y a pas d'ego, mais où règnent vigilance et clarté. La véritable signification du bonheur suprême, de la béatitude est cette paix de la conscience transcendant totalement la souffrance et l’angoisse.


Si nous ne laissons pas survenir la cessation, nous avons tendance à opérer sur la base de suppositions que nous faisons sans même en avoir conscience. Parfois, ce n’est que lorsque nous commençons à méditer que nous nous rendons compte combien tant de peur et de manque de confiance remontent à des expériences de l’enfance. Je me souviens que, lorsque j’étais un petit garçon, j’avais un très bon ami qui se désintéressa de moi et me rejeta. A la suite de cet événement, je fus vraiment déprimé pendant des mois. Cela laissa une impression très profonde dans ma mémoire. Je compris par la suite, à travers la méditation, que cet incident apparemment minime avait profondément conditionné ma relation aux autres – j’ai toujours ressenti une grande peur d’être rejeté. Je ne m’en étais pas rendu compte, jusqu’à ce que ce souvenir précis se mette à revenir continuellement au cours de la méditation. L’esprit rationnel nous dit que c’est ridicule de passer notre temps à analyser les tragédies de notre enfance. Mais, si celles-ci ne cessent de visiter notre conscience, il est possible que ce soit parce qu’elles essayent de nous dire quelque chose sur les suppositions et les conditionnements qui ont été mis en place lorsque nous étions enfant.

Si vous faites l’expérience, pendant votre méditation, de souvenirs ou de peurs obsessionnelles, au lieu de vous sentir frustré et contrarié, apprenez à les voir comme des choses qu'il convient d'accepter en votre conscience, de façon à pouvoir les laisser de côté. Vous avez la possibilité d’organiser votre quotidien afin d’éviter de voir ces choses ; ainsi, les conditions nécessaires à leur apparition sont réduites. Vous pouvez vous engager pour de grandes causes ou dans d’importantes activités ; dans ce cas, ces anxiétés et phobies non identifiées ne deviennent jamais conscientes – mais que se passe-t-il lorsque vous lâchez prise ? Le désir ou l’obsession sont mouvants et ils se déplacent vers la cessation : ils prennent fin. Par cette expérience, vous avez la révélation qu’il y a la cessation du désir. Ceci constitue le troisième aspect de la Troisième Noble Vérité: la cessation a été réalisée.



 

 


par Langlais Pierre publié dans : Extraits de livres
Dimanche 13 avril 2008


Visuddhimagga  - Le chemin de la Pureté
De Buddhagosa (traduit du magadhi par Christian Maës)

Prologue (2)





Je vais donner à présent le sens véritable et détaillé

de cette strophe que le grand Sage déclama.

Certains yogis entrent dans l’enseignement du Vainqueur,

si difficile à trouver, sans connaître pour ce qu’il est

le chemin sûr et droit vers la Pureté :

discipline, concentration et sagacité.

Ils aspirent à la Pureté mais n’y parviennent pas malgré leurs efforts.

Pour eux, je vais décrire ce chemin de la Pureté

selon une présentation claire qui leur plaira

et qui suit la méthode transmise

par les résidents du Grand Monastère*.

Je vais l’exposer fidèlement.

Vous tous, hommes de bien qui aspirez à la Pureté, prêtez attention !

 

 

         La « Pureté » désigne le Dénouement*, lequel, dépourvu de toute tache, est extrêmement pur. Le chemin qui y mène constitue le chemin de la Pureté –et l’on appelle chemin le moyen d’accès- ; c’est ce moyen que je vais décrire.

 

         Le chemin de la Pureté fut parfois exposé seulement comme supravoyance* :

 « Voir avec sagacité que toutes les créations sont temporaires et être désenchanté du désagrément*, tel est le chemin de la Pureté. »

 

Parfois comme jhâna* et sagacité :

« Qui possède jhâna et sagacité se trouve en face du Dénouement.* »

 

Parfois comme kamma*, etc . :

« Kamma, science et rectitude, discipline

et mode de subsistance supérieur.

Voilà qui purifie les mortels, non la famille ou la richesse. »

 

Parfois comme discipline, etc. :

« Toujours discipliné, sagace et bien concentré,

Energique et résolu, il traverse l’inondation si difficile à traverser. »

 

Parfois comme vigilance, etc. :

« Il n’existe qu’un chemin pour purifier les êtres, moines… et pour voir le Dénouement de ses propres yeux : celui des quatre vigilances. »

Même formulation avec les quatre efforts-justes.

Mais la réponse en vers parle de discipline, etc.

 

Commentaire de la réponse

« L’homme » : l’être.

« Intelligent » : doué de la sagacité qui résulte du kamma lors du lien-de-renaissance à trois causes.*

« Ferme dans sa discipline » : stable dans sa discipline, s’y adonnant pleinement.

« Qui développe état d’être et sagacité » : qui fait naître et croître la concentration, dite état d’être*, et la supravoyance, que désigne la sagacité.

« Moine » : celui qui considère l’aspect terrifiant du mouvement continuel*.

« Energique » : vigoureux. La vigueur désigne l’énergie qui brûle les souillures de l’esprit. L’homme est « énergique » lorsqu’il possède cette qualité.

« Sage » : doué de la sagacité qu’on dénomme sagesse ou sagacité protectrice. La strophe mentionne trois fois la sagacité, une première fois en tant que sagacité innée, une deuxième en tant que sagacité supravoyante, et une troisième en tant que sagacité protectrice qui guide dans toutes les actions.

 

Le moine « peut démêler ce lacis » lorsqu’il possède six qualités : la discipline, la concentration désignée par l’expression « état d’être », trois formes de sagacité et la vigueur.

 

         Un homme solidement planté sur le sol peut, en maniant une épée bien affilée, couper les bambous enchevêtrés dans un grand fourré. De même, celui qui s’est affermi sur le sol de la discipline et qui manie, avec la main de la sagacité protectrice, pleine de vigueur, l’épée de la sagacité supravoyante bien aiguisée sur la pierre de la concentration peut dénouer l’enchevêtrement des désirs qui encombrent la succession de ses instants d’être ; il peut le trancher, il peut l’anéantir. A l’instant du chemin, il dénoue le lacis ; à l’instant du Fruit, le lacis étant dénoué, il devient digne des sublimes sacrifices que lui offrent le monde et ses dieux. Voilà dans quel sens le Seigneur a dit :

 

         « L’homme intelligent et ferme dans sa discipline,

         qui développe état d’être et sagacité

         comme un moine énergique et sage,

         peut démêler ce lacis. »

 

 

 

 

 

 

Grand Monastère : Monastère proche d’Anurâdhapura, ancienne capitale du Sri Lanka.

Dénouement : Selon le texte, nibbâna vient de la racine , « tisser, entrelacer », ou du mot vâna, « fourré, forêt », plutôt que la racine , « souffler ». Nibbâna =  nir-VĀ-na : sortie du réseau (des désirs), désenchevêtrement, dénouement.

Supravoyance : pour le magâdhi vipassanâ.

Désagrément : pour dukkham, plutôt que « souffrance » ou « douleur », termes qui ne s’appliquent qu’aux désagréments les plus grossiers.

Jhâna : absorption contemplative.

Qui possède jhâna et sagacité se trouve en face du Dénouement : Dhammapada 372.

Kamma : Le kamma est l’action efficiente –nénéfique ou pernicieuse- qui produit un effet ultérieur, par opposition à kiriya, action pure, simplement fonctionnelle.

Trois causes : Absence d’attachement, d’aversion et de confusion (ou : détachement, acceptation et lucidité).

Etat d’être : citta, se caractérise par la qualité de la connaissance : plus ou moins aiguë, plus ou moins entravée par l’attachement, l’aversion, la confusion, etc.

Mouvement continuel : le mot samsâra désigne la succession incessante des instants d’être (ou instants de conscience), et aussi la succession des existences. Car on considère qu’un être  dure un seul instant de conscience, ou toute une vie, selon l’approche adoptée.

 

 

 

 

 

 

par Langlais Pierre publié dans : Extraits de livres
Jeudi 3 avril 2008

 



Visuddhimagga  - Le chemin de la Pureté
De Buddhagosa (traduit du magadhi par Christian Maës)

 


 


 


 


 

Prologue (1)

 

 

 


 


 


 



« L’homme intelligent et ferme dans sa discipline,

qui développe état d’être et sagacité

comme un  moine énergique et sage,

peut démêler ce lacis. »


Ainsi parla le Seigneur.

Pourquoi formula-t-il cette strophe ? Parce qu’un fils de dieu l’approcha une nuit alors qu’il séjournait près de Savatthi, et lui demanda, afin de dissiper ses doutes :

« Lacis à l’intérieur, lacis à l’extérieur,

Tout ce qui naît est pris dans ce lacis.

Voici, Gotama, la question que je pose :

“Qui peut démêler ce lacis ?“ »

 

Expliquons d’abord, brièvement, le sens de cette strophe.

Le mot « lacis » désigne l’enchevêtrement des désirs : les êtres ont constamment soif d’objet physiques et d’états psychiques, tantôt de niveau élevé, tantôt de bas niveau. Ces désirs sont comparables aux branches enchevêtrées dans un épais fourré.

 

« Lacis à l’intérieur, lacis à l’extérieur » : les désirs concernant l’équipement du moine et celui d’autrui, son existence propre et celle des autres, ses domaines personnels et les domaines extérieurs à lui.

 

« Tout ce qui naît est pris dans ce lacis » : tous les êtres sont empêtrés dans ces désirs qui s’enchevêtrent comme les bambous d’un fourré inextricable ; ils en sont prisonniers, ils en sont embarrassés.

 

« Voici, Gotama, la question que je me pose ». Le fils de dieu s’adresse au Seigneur par son nom de famille, Gotama, et lui demande : « Qui peut démêler ce lacis ? » Autrement dit : « Qui peut démêler l’entrelacement des trois éléments* ? Qui est capable de les désenchevêtrer ? »

 

Ainsi questionné, le Seigneur dont la connaissance et le comportement sont en tous points inattaquables, dieu des dieux, tout-puissant au-delà des tout-puissants, Brahmâ au-delà des Brahmâ, assuré dans les quatre assurances, détenteur des dix pouvoirs, connaissance sans faille, œil universel, répondit par cette strophe :

 

 « L’homme intelligent et ferme dans sa discipline,

qui développe état d’être et sagacité

comme un  moine énergique et sage,

peut démêler ce lacis. »

 

 

 

 

 

 

 

Fils de dieu : Un devaputta est un dieu mineur du monde sensoriel, kâmaloka.

Soif : Tanhâ, « soif » ou « désir ».

Equipement : Parikkhâra désigne l’équipement du moine : vêtement, nourriture, logement et médicaments.

Les trois éléments : Elément sensoriel, kâma ; élément physique, rûpa ; élément non-physique, arûpa.

 

 

par Langlais Pierre publié dans : Extraits de livres
Jeudi 27 mars 2008

 




Comment le Dhamma nous enseigne-t-il le juste chemin ?

 


Il nous apprend comment vivre. Il a de nombreuses manières pour nous le montrer : dans les rochers, dans les arbres ou juste en face de nous. C’est un enseignement, mais sans mots. Calmez votre esprit, votre cœur et apprenez à regarder. Vous verrez alors le Dhamma dans son entier, à vous révélé, ici et maintenant. Où et quand pourriez-vous regarder, ailleurs qu’ici et maintenant ?

*

D’abord, vous comprenez le Dhamma avec votre pensée. Puis, si vous commencez à le comprendre, vous allez le pratiquer. Et si vous le pratiquez, vous commencerez à le voir : vous êtes le Dhamma et vous connaissez la joie du Bouddha.

*

Le Dhamma doit être trouvé en soi-même, dans son cœur, et voir ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas, ce qui est équilibré et ce qui ne l’est pas.

*


La seule magie qui soit réelle, c’est la magie du Dhamma. Toute autre forme de magie n’est qu’une illusion comme un jeu de carte truqué. Elle nous distrait du véritable jeu : notre relation à la vie humaine, à la vie, à la mort et à la liberté.

*

Tout est Dhamma pour qui sait rester dans la pleine conscience. Quand nous voyons des animaux qui tentent d’échapper au danger, nous voyons qu’ils sont comme nous. Ils fuient la souffrance pour courir vers le bonheur. Ils ont peur aussi. Ils craignent pour leur vie tout comme nous. Quand nous voyons avec le regard juste, nous voyons que les animaux et les humains ne sont pas différents. Nous sommes tous compagnons dans la naissance, le vieillissement, la maladie et la mort.

*


Le Dhamma, ce n’est pas quelque chose de lointain. Il est là, avec nous. Le Dhamma n’a rien à voir avec les anges dans le ciel ou n’importe quoi de ce genre. Il nous concerne, il concerne ce que nous faisons ici, en ce moment. Il suffit de vous observer vous-même. Parfois, il y a de la joie, et parfois il y a de l’insatisfaction. Par moment vous vous sentez bien, et d’autres où vous souffrez… c’est cela le Dhamma.

Pouvez-vous voir cela ? Pour connaître ce Dhamma, il vous suffit de lire vos expériences.

*

Le Bouddha nous a demandé de rester en contact avec le Dhamma, mais les gens sont en contact avec les mots, les livres et les écritures. Ce contact est une connaissance « à propos du » Dhamma ; ce n’est pas entrer en contact avec le Dhamma réel, tel qu’enseigné par notre Grand Maître. Comment les gens peuvent-ils prétendre qu’ils pratiquent bien et de manière juste, s’ils se contentent de pratiquer ainsi. Ils sont vraiment loin de la bonne pratique.

*


Lorsque vous écoutez le Dhamma, vous devez ouvrir votre cœur et vous positionner au centre de celui-ci. N’essayez pas d’accumuler tout ce que vous entendez ou de faire des efforts surhumains pour tout retenir dans votre mémoire. Laissez simplement le Dhamma couler dans votre cœur et resté en permanence ouvert à ce flot, dans le moment présent. Ce qui doit être retenu le sera et cela se produira selon à son propre rythme ; non grâce à un effort volontariste de votre part.

*


De même, lorsque vous exposez le Dhamma, vous ne devez rien forcer. Cela doit se produire de soi-même et couler spontanément du moment présent et des circonstances. Les gens ont différents niveaux de capacité réceptive, et quand vous êtes là, au même niveau, alors cela se produit, le Dhamma jailli. Le Bouddha avait la capacité de connaître le caractère de chacun et sa capacité de compréhension. Il utilisait toujours la même méthode d’enseignement spontané. Il ne possédait aucun don surnaturel, mais Il était simplement réceptif aux besoins spirituels des gens qui venaient à lui, et il enseignait en conséquence.






Ajahn Chah
extrait de “No Ajahn Chah”
traduction par isara

 http://isara.unblog.fr/2008/03/09/a-propos-du-dhamma-par-ajahn-chah/

 

 

 


par Langlais Pierre publié dans : Extraits de livres
Mardi 18 mars 2008






Juste aujourd’hui, accomplis ton devoir pleinement

 

 

Ce qui est passé, ne t’embête pas à le chercher,

Et ne désire pas ce qui n’est pas encore arrivé,

Les jours continuent de passer sans jamais revenir

Et les jours futurs n’arrivent jamais vraiment.

 

Celui qui voit clairement le présent se manifester

Brillamment et ouvertement dans toute sa vérité

Sans les secousses et tremblements habituels

Peut faire face aux choses telles qu’elles sont et avancer.

 

Alors ne repousse pas la réalisation de ton devoir aujourd’hui,

Car personne ne peut savoir quand la mort viendra,

Nous sommes incapables de retarder ni d’éviter

La mort et sa grande armée.





*


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Le devoir des humains

 

Le premier devoir des êtres humains

Est de réaliser la plus haute chose disponible pour nous

Avant de devenir des cadavres et des fantômes

Sans gaspiller l’opportunité de la naissance humaine.

 

Le deuxième devoir comme camarade humain

Est de s’entre-aider au plus haut niveau

Arrêter de se blesser, arrêter de se battre sur des débris

Rechercher la vraie amitié dans la naissance, le vieillissement et la mort.

 

Le troisième devoir en tant que citoyen du monde

Est d’aider à réprimer les tristesses du monde

Faisant de ce monde un endroit convenable pour vivre

Vraiment une merveilleuse et belle humanité.

 

 

Chacun d'entre nous a ces trois devoirs

A accomplir complètement

En faisant de son mieux vigoureusement avant de mourir

Alors on parvient à la gloire d’atteindre le plus haut potentiel humain.

 


*




Poèmes d'Achaan Buddhadasa traduit de l'Anglais

http://www.suanmokkh.org/verse/index.htm








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La vision intérieure par la méthode naturelle
Par Achaan Buddhadasa
(Extraits)





La concentration naturelle est généralement suffisante pour le développement de la vision intérieure, tandis que la concentration résultant d’une formation organisée est généralement excessive par rapport à l’utilisation envisagée.

De plus, il arrive que cet état extrêmement concentré génère chez le méditant un sentiment de très grande satisfaction. Un esprit pleinement concentré est susceptible de connaître un tel sentiment de bien-être que le méditant risque de s’y attacher, ou d’imaginer qu’il est l’aboutissement de la voie, le nirvana.

La concentration naturelle est suffisante pour pratiquer l’introspection et ne présente aucun des désavantages inhérents à la concentration poussée dérivée d’une pratique intensive.

 

Si nous y regardons de près, le fait même d’être soi n’a rien de drôle, au contraire, car essayer d’être quelqu’un est source de souffrance. Si l’on parvient à se détacher totalement de l’idée d’être soi, ou une image quelconque de soi, on ne souffre plus.

C’est pour cela qu’il est utile de concevoir l’inutilité d’être quoi que ce soit, et c’est la raison d’être de la formule selon laquelle être quelque chose, n’importe quoi, ne peut être qu’une source de souffrance liée à cette forme d’être particulière. S’il y a « soi », il y a forcément d’autres choses qui ne sont pas « soi » ni « à soi ». Ainsi, on a des enfants, une femme, un ceci, un cela. On a donc des devoirs en tant qu’époux, épouse, maître ou serviteur... Il n’y a aucun état d’être que l’on puisse conserver sans lutte. Les difficultés et les luttes liées à la conservation d’un état d’être ne sont que le résultat de notre obsession aveugle des choses, de l’attachement aux choses.

Puisque le Bouddha et ses disciples éveillés étaient parvenus à éradiquer totalement leurs états mentaux négatifs, responsables du désir d’être quelqu’un ou d’obtenir quelque chose, quelle est donc la force qui les motivait ? Ils étaient motivés par la discrimination, ou la sagesse associée à la bonne volonté (metta).

Les actions fondées sur les besoins corporels naturels, comme de recevoir et de manger de la nourriture, étaient elles-mêmes motivées par la discrimination. Ils étaient libres de tout état mental négatif, libres de tout désir de continuer à vivre pour devenir ceci ou cela ; mais ils étaient capables d’opérer la distinction entre ce qui vaut la peine et ce qui ne vaut pas la peine, et c’était là la force qui envoyait leur corps sur la route pour mendier la nourriture. S’ils en trouvaient, tant mieux. S’ils n’en trouvaient pas, tant pis.

Quand ils avaient la fièvre, ils savaient comment se soigner, et agissaient du mieux possible en fonction de leurs connaissances. Mais si la fièvre était insurmontable, ils savaient que la mort est naturelle et qu’au bout du compte, nous perdons la maîtrise de notre corps. Etre vivant ou mort ne signifiait rien pour eux, les deux étant de valeur égale. Ils étaient sans désirs.

Si l’on veut se libérer entièrement de la souffrance, c’est bien la meilleure attitude que l’on puisse adopter. Il n’y a pas besoin d’idée d’un « soi » qui serait maître du corps, seule la sagesse discriminante permet au corps de continuer à vivre par sa force naturelle.

C’est cette sagesse discriminante qui permet le déroulement naturel des processus corporels et mentaux et qui permet de les observer sans attachement et sans désirs.

 

Lorsque nous avons réussi à percevoir clairement que rien ne mérite d’être désiré, le détachement croit en proportion de notre vision intérieure. L’attachement a enfin commencé à régresser. C’est là un signe que notre esclavage a déjà duré si longtemps que l’idée de nous en libérer nous est enfin venue. Ce désenchantement et cette désillusion peuvent enfin se manifester lorsque nous sommes las de notre entêtement stupide à nous attacher aux choses. Nous voulons nous défaire de ces filets dans lesquels nous avons été retenus prisonniers. Ce processus de rupture ou de séparation des objets de l’attachement était appelé par le Bouddha « émancipation ». C’est une étape des plus importantes, un stade décisif vers la délivrance finale.

Une fois délivrés de nos attachements aux formes, aux sensations et aux idées, nous ne pouvons plus être esclaves du monde. Nous sommes purs, décontaminés de toutes les souillures que sont l’envie, la colère et l’erreur. Quitter l’esclavage pour jouir du goût merveilleux du monde sans désir, c’est réaliser notre pure condition naturelle. Cette pureté réelle donne alors naissance à un calme et une sérénité que rien ne peut plus troubler. La délivrance de l’oppression et de la turbulence était ce que Bouddha appelait simplement « la paix ». Le calme, la paix, une certaine manière de goûter au nirvana pendant notre vie.

Le Bouddha a défini le nirvana comme étant simplement la condition de la délivrance de notre esclavage, de nos tourments et de la souffrance, l’état qui résulte de la vision de la véritable nature des choses et nous permet de renoncer à tout attachement. Il est donc indispensable de cultiver la vision intérieure par un moyen ou par un autre.

L’une des méthodes consiste à faire en sorte que la vision intérieure se révèle à nous par elle-même, naturellement, en cultivant nuit et jour la joie dérivée de la pureté mentale, jusqu’à ce que les qualités décrites se manifestent progressivement.








 

Texte complet disponible ici : http://www.anussati.org/vivre/spip.php?article72

Ou dans le livre : Dharma vivant de Jack Kornfield








 

par Langlais Pierre publié dans : Extraits de livres
Vendredi 29 février 2008



    L
a fonction spécifique d’un Bouddha dans l’évolution historique et cosmique est de redécouvrir et de proclamer le chemin perdu vers le Nibbâna. L’histoire, pour le bouddhisme, ne se déroule pas linéairement de la création à l’apocalypse. Elle se déploie plutôt en cycles répétés de croissance et de déclin, enchâssés dans les révolutions plus amples du processus cosmique. Les systèmes de mondes apparaissent, évoluent, se désintègrent et sont remplacés par de nouveaux systèmes de mondes, nés des cendres des anciens. Sur cet arrière plan sans limite spatio-temporelle, les êtres migrent de vie en vie à travers les trois sphères d’existence. Toute existence cyclique est marquée par la souffrance : elle est transitoire, instable, insubstantielle, débute à la naissance dans la douleur et finit dans les peines du grand âge, de la maladie et de la mort. Périodiquement, cependant, un être surgit –toujours dans le monde des hommes- du fond des labyrinthes obscurs du samsâra. Il démêle l’enchevêtrement embrouillé des conditions qui sous-tendent ce processus d’esclavage et découvre ainsi, par sa seule sagesse et sans aide, le chemin perdu vers le Nibbâna, l’état non conditionné de félicité, de paix et de liberté parfaites. Cet être est un Bouddha.

 

       Un bouddha ne redécouvre pas seulement le chemin vers le Nibbâna ; il instaure également une sâsana, une Diffusion du Dhamma, pour donner à d’innombrables êtres la possibilité d’apprendre le Dhamma et de fouler la voie vers le but. Chaque Bouddha fonde une Sangha afin de faciliter le progrès le long de la voie, un ordre de moines et nonnes renonçants, qui ont abandonné la vie familiale pour assumer pleinement le joug de la discipline, le brahmacariya, ou vie sainte. Chaque Bouddha enseigne librement et ouvertement le Dhamma aux quatre classes de disciples – moines, nonnes, laïcs hommes et femmes – leur montrant comment se comporter pour accéder à de meilleures renaissances dans le cycle des existences, ainsi que le chemin qui libère définitivement de ce cycle vicieux. La venue d’un Bouddha est toujours un événement favorable, même pour ceux qui ne peuvent atteindre la première étape de l’état de noble disciple. En prenant refuge en les Trois Joyaux, en faisant des offrandes au Bouddha et à sa Sangha, en entreprenant de pratiquer l’Enseignement, les êtres sèment des graines de mérite douées de la capacité la plus efficace de produire des fruits favorables.


                Bhikkhu Bodhi


"Les grands disciples du Bouddha" - Nyanaponika Thera & Hellmuth Hecker

par Langlais Pierre publié dans : Extraits de livres
Jeudi 21 février 2008

 

Questions & réponses avec Achaan Jumnien

Extraits de « Dharma vivant » de Jack Kornfield

 

 

 

Question : Vous dites qu’il y a de nombreuses manières efficaces de pratiquer. Que penser des maîtres qui affirment que leur méthode est la seule conforme à la voie du Bouddha, et que les autres pratiques ne conduisent pas à l’éveil ?

 

Réponse : L’ensemble de la pratique bouddhiste peut se résumer en une phrase : Ne t’attache à rien. Il arrive que des gens, même très sages, s’attachent encore à la méthode qui leur a permis de progresser. Ils ne se sont pas encore totalement détachés de leur méthode, ou de leur maître. Ils n’ont pas compris ce qu’il y a de commun à toutes nos pratiques. Ce ne sont pas pour autant de mauvais maîtres. Il faut s’efforcer de ne pas les juger et de ne pas idéaliser l’image du maître. La sagesse n’est pas quelque chose à quoi on puisse s’accrocher, et elle ne peut émerger qu’en l’absence d’attachements.

Pour moi, j’ai eu de la chance. J’ai eu l’occasion de pratiquer avec plusieurs maîtres avant de commencer à enseigner. De nombreuses pratiques sont efficaces. Ce qui importe est de mettre toute votre confiance et toute votre énergie dans la pratique. Vous jugerez vous-même alors des résultats.

 

 

 

Question : Faites-vous généralement commencer vos élèves par la méditation sur la vision intérieure ou par des exercices de concentration ?

 

Réponse : La plupart du temps, ils commencent par la pratique de la vision intérieure. Mais parfois, je commence par un exercice de concentration (jhana), notamment s’ils ont déjà pratiqué la méditation ou si leur esprit se concentre facilement. Mais de toute façon, chacun doit tôt ou tard revenir à la pratique de la vision intérieure.

       Il y a, dans les Ecritures en pâli, un discours dans lequel Bouddha, discutant avec des visiteurs laïcs, aborde ce sujet. Il montre plusieurs groupes de moines assis dans le bois autour de lui :

       « Voyez comment les moines qui sont attirés par une grande sagesse sont assis autour de Sariputtra, le plus sage de mes disciples. Ceux qui cherchent à acquérir des pouvoirs sont réunis autour de mon grand disciple Maha Moggallana. Et ceux qui sont attirés par la discipline monastique sont regroupés autour d’Upali, le maître du Vinaya, tandis que ceux chez qui prédominent les tendances jhaniques sont… »

       Nous voyons donc bien que depuis l’époque du Bouddha, les maîtres ont toujours permis à leur disciples de choisir leur pratique de méditation en fonction de leurs prédispositions.

 

 

 

Question : Pouvez-vous nous donner encore quelques conseils pour orienter notre pratique ?

 

Réponse : Votre pratique doit être orientée à l’opposé de vos écueils et de vos attachements. Si vous cherchez sincèrement, vous les identifierez facilement. Ainsi, si votre tempérament vous pousse à l’indifférence, vous devrez cultiver la tendresse. Si le désir sexuel est pour vous un problème, vous axerez votre contemplation sur les aspects repoussants du corps jusqu’à ce que vous soyez capable de voir clairement sa vraie nature, et serez débarrassé de vos désirs. Si vous êtes ignorant et troublé, cultivez l’introspection et la sensibilité en fonction de votre expérience, et soyez disposé à surmonter cette tendance. Mais votre pratique doit être dévote et sincère, vous devez être mené par un désir incessant de connaître la vérité. Sinon, votre pratique stagnera et deviendra un simple rituel. Petit à petit, d’un moment à l’autre, vous devez suivre votre voie avec constance. Pratiquez sans crainte dans le sens de vos attachements, et cela jusqu’à la délivrance. C’est tout.

 

 

 

Question : Est-il utile de méditer sur la pensée, d’utiliser la pensée dans la méditation ?

 

Réponse : Lorsque nous commençons à pratiquer, nous commençons à entrevoir la nature de notre processus normal de pensée. Un flux sans fin d’idées, d’imaginations, de regrets, de projets, de jugements, de craintes, de désirs, de commentaires, de soucis… Il peut être utile, en particulier au début de la méditation, de travailler avec la pensée, d’orienter l’esprit pensant vers notre pratique. Cela signifie que l’on cultive des pensées ayant trait au Dharma, comme la réflexion sur les quatre éléments. Contemplez la manière dont tout ce que nous savons change de forme, le fait que notre monde n’est qu’un mouvement perpétuel d’éléments. Nous pouvons aussi axer notre pensée sur la contemplation des trois caractéristiques dans toutes les situations de la vie quotidienne. Nous pouvons penser à la vie et à la mort imminente pour comprendre notre expérience dans les termes du Dharma. Tout cela revient à cultiver la compréhension juste. A partir des livres et des enseignements, nous passons à notre propre pensée maîtrisée, et enfin à la méditation pour comprendre en profondeur et en silence notre propre esprit.

 

 

 

Question : Parler du Dharma présente-t-il un intérêt pour la pratique ?

 

Réponse : La sagesse peut sans nul doute venir à un esprit concentré et silencieux qui écoute dire le Dharma par des personnes sages. Si vous devez absolument parler, la discussion sur le Dharma est certainement le meilleur thème à choisir. Mais la parole contribue parfois à la confusion. Ce n’est que dans un cœur silencieux que nous pouvons entendre le Dharma de manière spontanée et véridique, au fond de nous-mêmes et dans les paroles de ceux qui ont déjà atteint la connaissance. Pour la plupart des gens, l’esprit est déjà beaucoup trop empli de mots et de pensées et la meilleure pratique consiste à cultiver la concentration et le silence.

 

 

 

Question : La vertu et la morale jouent-elles un rôle déterminant dans votre pratique ?

 

Réponse : Oui. Il y a trois grands niveaux de vertu. Le premier consiste à éviter les actes maladroits, à respecter les préceptes de bases. Le deuxième est la vertu consistant à maîtriser les six sens (y compris l’esprit), qui doivent être orientés sur la pratique et non sur les désirs. Le troisième niveau correspond à la véritable vertu intérieure, par-delà les règles et les préceptes – la vertu d’un esprit silencieux et purifié. La sagesse apparaît alors en conjonction avec les six sens et chaque moment de l’être devient conscient, par-delà l’égoïsme. Nous devons tous commencer par pratiquer les deux premiers niveaux de la vertu, pour atteindre enfin la vertu intérieure. Elle naîtra de l’harmonie entre le corps et l’esprit, de l’abandon des désirs et de la compréhension profonde de la vacuité du monde.

 

 

 

 

 

 

par Langlais Pierre publié dans : Extraits de livres
 

Dhamma

 Bouddha enseigna la Loi naturelle,

visible par tous, compréhensible en profondeur par ceux qui développent leur discernement.

 

 

"Evitez les mauvaises actions ; faites le bien autour de vous ; purifirez votre esprit."

Tel est l'enseignement de tous les Bouddhas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Santal, tagara, lotus, jasmin, de tous ces parfums le parfum de l'éthique est de loin le meilleur."

 

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