Dhammapiti                 "Dans la joie du Dhamma"

                                                                                                                                                                                                                     

                        L'enseignement originel du Bienheureux Gotama  

écoutez la parole de Bouddha: http://bouddhique.free.fr/ParoleduBouddha.MP3

 
Dimanche 27 février 2005

 

Le sixième concile s'est tenu dans la grotte de Kaba Aye (construite pour l'occasion), à Yangon, en 1954, quatre-vingt-trois années après que cinquième concile n'ait été tenu à Mandalé. Il a été commandité par le gouvernement birman, mené par l'honorable premier ministre U Nu. Il a autorisé la construction du Mahæ Pæsæna Gþhæ, la grande grotte, une grotte artificielle très semblable à la grotte de Sattapaññi en Inde, où le premier concile s'était tenu.

Le concile s'est réuni depuis le 17 mai 1954. Comme pour les conciles précédents, son premier objectif était d'affirmer et de préserver l'authenticité du dhamma et du vinaya. Il s'agit du seul concile pour lequel les bhikkhu qui y ont participé (au nombre de deux mille cinq cents), sont venus de huit pays. Ces bhikkhu érudits du theravæda sont venus du Myanmar, du Cambodge, d'Inde, du Laos, du Népal, de Sri Lanka, de Thaïlande et du Viêt-Nam.

Le Vénérable Mahæsø Sayædau (mahæthera Sobhana) a été nommé à la noble tâche de questionneur sur l'ensemble du corps du dhamma, quant au Vénérable mahæthera Vicittasæræ, il a répondu savamment et de manière satisfaisante à chaque question.

Sayædau U Vicittasæræ
Mahæsø Sayædau
 

Avant ce concile, tous les pays y ayant participé, excepté l'Inde, avaient une version du tipi¥aka pali rédigée dans leurs écritures respectives. La récitation traditionnelle des textes du dhamma a pris deux ans. Le tipi¥aka et sa littérature dans toutes les transcriptions ont été soigneusement examinés. Toutes les versions ont alors été assemblées et leurs différences ont fait l'objet de toutes les corrections nécessaires. Heureusement, on a constaté qu'il n'y avait pas beaucoup de différence dans la teneur de ces textes.

En conclusion, après que le concile les ait officiellement approuvés, tous les volumes du tipi¥aka et leurs commentaires ont été préparés pour être imprimés sur les presses modernes et édités en caractères birmans. Cet accomplissement notable a été rendu possible par le travail remarquable de deux mille cinq cents bhikkhu et de nombreux laïcs. Ce travail s'est terminé en mai 1956, deux millénaires et demi après le parinibbæna de Bouddha. Le travail de ce concile est le seul accomplissement réalisé par les représentants de tout le monde bouddhiste (hormis les écoles divergentes, évidemment). La version du tipi¥aka qu'il s'est engagé à produire a été identifiée en tant qu'authentique, fidèle aux enseignements primitifs du Vénérable Gotama (Bouddha) et comme étant le rendu le mieux fondé de ceux-là jusqu'ici.

Outre la version en caractères birmans, on trouve de nos jours une version de ce tipi¥aka pali en caractères romains, devanagaris, thaï, cingalais, khmères et mongols, de sorte à rendre disponible au plus grand nombre ces textes authentifiés de la parole de Bouddha.

 

 

source: www.dhammadana.org

 

 

 

par Pierre Langlais publié dans : Histoire
Samedi 26 février 2005

 

Le quatrième concile s'est tenu à Tambapanni (à Sri Lanka) en 96 avant J.C. sous le règne du Roi Va¥¥agæmani. La raison principale de sa mise en place était due au fait qu'il n'était maintenant plus possible à la majorité des bhikkhu de mémoriser entièrement le tipi¥aka, comme cela avait été le cas autrefois par le Vénérable Mahinda et ceux qui l'avaient suivi peu de temps après.

Par conséquent, comme à cette époque, l'art de l'écriture s'était sensiblement développé, il devenait avantageux et nécessaire de coucher par écrit tout le corps des enseignements de Bouddha. Le Roi Va¥¥agæmani a soutenu l'idée des bhikkhu et un concile a été tenu spécifiquement pour mettre le tipi¥aka en sa totalité par écrit. Ainsi, de sorte que le dhamma puisse être durablement préservé, le Vénérable Mahærakhita et cinq cents bhikkhu ont récité mot à mot la parole de Bouddha, puis les ont écrits sur des feuilles de palme.

Cette entreprise remarquable a eu lieu dans une grotte appelée l'Æloka Lena, située dans la fissure d'un éboulement de terrain antique, près de l'actuelle Matale. Ainsi, le but du concile a été réalisé et la conservation par écrit du dhamma authentique a été assurée. Plus tard, au dix-huitième siècle, le Roi Vijayaræjasiha a obtenu des images de Bouddha créées dans cette grotte.

 

Le cinquième concile a eu lieu à Mandalé, au Myanmar en 1871, sous le règne du Roi Mindon. L'objectif essentiel de cette réunion était la récitation exhaustive de tous les enseignements de Bouddha et de les examiner minutieusement dans le détail, pour voir si l'un d'entre eux aurait été modifié, faussé ou relâché.

Il a été présidé notamment par trois aînés, le mahæthera Jægaræ, le Vénérable Narindæbhidhaja, et le mahæthera Suma¼galasæmi, en présence d'environ deux mille quatre cents bhikkhu. La récitation de l'ensemble du corps du dhamma a duré cinq mois. Le travail de ce concile a également été de rediscuter du tipi¥aka dans son entier et de l'inscrire pour la postérité sur sept cents vingt-neuf plaques de marbre, en l'écriture birmane, après que la récitation ait été terminée, discutée et approuvée à l'unanimité.

Cette tâche monumentale a été réalisée par environ deux mille quatre cents bhikkhu érudits et beaucoup d'artisans habiles. Ils ont logé chaque plaque ainsi gravée dans une pagode miniature (mini maisonnette de pierre, à la fois pour les protéger et pour les mettre en valeur). Elles ont été installées dans un site, sur les terres du Roi Mindon. Dans le site de Kuthodaw, situé au pied de la colline de Mandalé, se dresse encore de nos jours, ce « plus grand livre du monde ».

 

par Pierre Langlais publié dans : Histoire
Vendredi 25 février 2005

 

Le deuxième concile s'est tenu cent ans après le parinibbæna de Bouddha (en - 444), afin de régler un sérieux conflit à propos de dix points qui avaient été rompus par quelques bhikkhu :

1. Stocker du sel dans une corne. (Un bhikkhu ne peut garder d'objet en corne, en ivoire, en os ou en nacre).

2. Manger après midi.

3. Retourner au village pour rechercher de la nourriture après avoir déjà mangé son repas.

4. Faire la cérémonie de l'uposatha avec des bhikkhu demeurant dans la même localité.

5. Mener à bien des actes officiels alors que l'assemblée n'est pas au complet.

6. Suivre une certaine pratique (seulement) parce qu'elle a été faite par son précepteur ou son enseignant.

7. Consommer du lait aigre après le repas de midi. (Le lait est considéré comme un aliment solide car il est nourrissant).

8. Boire une boisson forte avant qu'elle ait été fermentée. (Et à plus forte raison après).

9. Utiliser une couverture qui n'est pas de taille appropriée.

10. Utiliser de l'or et de l'argent.

Ces méfaits ont causé une polémique importante, car ils étaient considérés comme des contradictions des enseignements originaux de Bouddha. Le Roi Kæ¼æsoka était l'organisateur du deuxième concile qui eut lieu à Vesæli.

Un jour, tout en visitant la plantation de Mahævana à Vesæli, le plus ancien, le Vénérable Yasa, a appris qu'un important groupe de bhikkhu, connu sous le nom de Vajjia, violait la règle interdisant un bhikkhu de recevoir de l'or ou de l'argent. Non seulement ces bhikkhu en recevaient, mais de plus, ils en demandaient ouvertement à leurs dæyaka. Il a immédiatement critiqué leurs comportements, et leur réponse a été de lui offrir une part de leurs gains illégaux dans l'espoir de le gagner à leur cause. Le Vénérable Yasa a toutefois dédaigné leur comportement. Les moines l'ont immédiatement poursuivi en justice à travers une action formelle de « réconciliation », l'accusant d'avoir critiqué leurs dæyaka. Le Vénérable Yasa s'est donc concilié avec les laïcs, tout en leur faisant savoir que les moines de Vijjia avaient commis une faute. Il leur expliqua l'interdiction que Bouddha avait établie, quant au fait de recevoir ou de solliciter de l'or et de l'argent.

Les laïcs ont immédiatement soutenu le Vénérable Yasa et ont déclaré que les bhikkhu de Vajjia étaient des hérétiques. Ils ont également affirmé que le Vénérable Yasa est un vrai bhikkhu, un fils de Sækya, et que tous les autres ne sont pas des bhikkhu, pas des fils de Sækya.

Lorsqu'ils ont pris connaissance de cette conciliation avec les laïcs, sans se repentir, les bhikkhu de Vajjia ont suspendu le Vénérable Yasa sans l'approbation du reste du saµgha.

Le Vénérable Yasa a toutefois su contourner la censure impropre de ces « faux bhikkhu » en allant rechercher le soutien d'autres bhikkhu, qui ont confirmé la justesse de ses vues orthodoxes sur le vinaya. Soixante moines habitant la forêt de Pævæ et quatre-vingts moines des régions méridionales d'Avanti, qui étaient du même avis, lui ont offert de l'aider à surveiller la corruption du vinaya.

Ensemble, ils ont décidé d'aller à Soreyya pour rencontrer le Vénérable Revata, qui était un noble bhikkhu expert en matière de dhamma et de vinaya. Aussitôt que les bhikkhu de Vajjia ont été mis au courant de ceci, ils ont également recherché le soutien du Vénérable Revata en lui offrant les quatre nécessités (nourriture, robes, logement et médicaments), qu'il a promptement refusées. Ces bhikkhu ont alors recherché à utiliser les mêmes moyens de convaincre le préposé du Vénérable Revata, le Vénérable Uttara.

Au début, lui aussi refusa leur offre avec raison, mais ils arrivèrent adroitement à le persuader d'accepter, en disant que, lorsque Bouddha n'acceptait pas les quatre nécessités qui lui étaient destinées, il était demandé à Ænandæ d'accepter, ce qu'il faisait souvent. Uttara a fini par changer d'avis en acceptant les quatre nécessités. Sous l'influence de leurs fortes sollicitations, il a accepté d'aller persuader le Vénérable Revata pour déclarer que les moines de Vajjian disaient réellement la vérité et soutenaient le dhamma. Le Vénérable Revata mis à jour leur ruse et refusa de les soutenir. Il a renvoyé Uttara.

Afin de régler le problème une fois pour toutes, le Vénérable Revata a informé à tous qu'un concile aurait lieu à Væ¼ikæræma, pour qu'il pose des questions sur les dix offenses au plus ancien des aînés de ce jour, le thera Sabbjakæmi. Une fois que son avis a été donné, il a été entendu par un comité de huit bhikkhu, qui ont approuvé sa validité par vote. Les huit moines, appelés pour juger le cas, étaient les Vénérables Sabbakæmi, Sa¼ha, Khujjasobhita et Væsabhagæmika, venant de l'Est, et les Vénérables Revata, Sambhuta-Sænavæsi, Yasa et Sumana, venant de l'Ouest. Ils ont discuté du sujet en profondeur avec le Vénérable Revata qui posait les questions et le Vénérable Sabbakæmi qui répondait. Après que la discussion ait eu lieu, ces huit bhikkhu ont rejeté ceux de Vajjian et leur verdict a été annoncé à l'assemblée.

Puis, sept cents moines ont récité le dhamma et le vinaya. Cette récitation est connue sous le nom de Sattasati parce que sept cents moines y avaient pris part. Ce concile historique s'appelle également le Yasatthera Sangiti en raison du rôle majeur joué par l'aîné Yasa et de son ardeur pour la préservation du vinaya. Les moines de Vajjian ont catégoriquement refusé la décision du concile. Ils ont alors organisé de leur côté un concile distinct, appelé le Mahæsa¼giti.

 

 

 

Le troisième concile s'est tenu principalement dans le but de débarrasser le saµgha de la corruption et des faux bhikkhu qui tiennent des vues hérétiques. Ce concile a eu lieu en 309 avant J.C. à Asokæræma, dans le royaume de Pa¥aliputta, sous le règne de l'empereur Asoka.

Il a été présidé par le mahæthera Moggaliputta Tissa. Mille bhikkhu y ont participé. La tradition maintient qu'Asoka avait gagné son trône en versant le sang de tous les fils de son père sauf son propre frère, Tissa Kumæra qui est par la suite entré dans le saµgha et a réalisé l'état d'arahanta. Asoka a été couronné à la deux cent dix-huitième année suivant le parinibbæna de Bouddha. Il a d'abord seulement rendu un hommage symbolique au dhamma et au saµgha et a également supporté des membres d'autres écoles religieuses comme son père avait fait avant lui. Cependant, tout ceci a changé quand il a rencontré le tout jeune mais scrupuleux bhikkhu Nigrodha qui lui a prêché « l'appamæda-vagga ».

Ensuite il a cessé de soutenir d'autres groupes religieux. Son intérêt et sa dévotion envers le dhamma se sont accrus. Il a pris l'habitude d'utiliser son énorme richesse pour édifier des pagodes et a ainsi fait construire jusqu'à quatre-vingt-quatre mille vihæra, tout en supportant largement les bhikkhu pour le reste des quatre nécessités. Son fils Mahinda et sa fille Sa¼ghamittæ ont été admis dans le saµgha.

Par la suite, sa générosité a fini par poser de sérieux problèmes dans le saµgha. Cette débordante générosité a attiré beaucoup d'hommes indignes, tenant des vues hérétiques. Ils sont entrés dans le saµgha en raison des offres coûteuses de l'empereur, autant pour la nourriture, pour les robes, pour le logement et les médicaments. Un grand nombre de ces hommes infidèles et avides, adoptant des vues fausses ont essayé de joindre la communauté mais ont été considérés incapables de porter la robe. En dépit de cela, ils ont saisi l'occasion d'exploiter la générosité de l'empereur pour leurs propres fins. Ils se sont alors vêtus de robes couleur terre et se sont joint à la communauté sans avoir été intégré dans le saµgha.

En conséquence, le respect des gens pour le saµgha a rapidement diminué. Lorsque la non-authenticité de ces (faux) bhikkhu a commencée a émerger, certains (véritables) bhikkhu ont fini par refuser de présenter l'uposatha (récitation du pætimokkha) et d'y participer en présence de ces faux bhikkhu hérétiques, au vinaya altéré.

Lorsque l'empereur a été mis au courant, il a cherché à rectifier la situation. Il a envoyé un de ses ministres au près des bhikkhu avec l'ordre de les faire exécuter la procédure. Cependant, l'empereur n'avait donné au ministre aucune indication quant aux moyens devant être employés pour effectuer cet ordre. N'acceptant pas de tenir l'uposatha en compagnie des faux bhikkhu, les autres ont catégoriquement refusé d'obéir.

Désespéré et fâché, le ministre a sorti son épée et commencé a décapiter les bhikkhu les uns après les autres, jusqu'à ce qu'il se retrouve devant le Vénérable Tissa, le frère du roi, qui avait fait son intégration dans la communauté. Brusquement horrifié de son action, le ministre a arrêté net la tuerie et s'est sauvé des lieux. Il a fait un rapport à l'empereur Asoka, qui a été profondément affligé par ces massacres. Ce dernier est alors allé demander conseil auprès du thera Moggaliputta Tissa.

Il a ensuite proposé que les bhikkhu hérétiques soient expulsés de la communauté et qu'un troisième concile soit immédiatement assemblé. Ainsi, c'est lors de la dix-septième année de règne de l'empereur Asoka que le troisième concile s'est tenu. Le thera Moggaliputta Tissa a dirigé les démarches et a choisi mille bhikkhu parmi les soixante mille disponibles pour les traditionnelles récitations du dhamma et du vinaya, qui ont duré pendant neuf mois. L'empereur a lui-même remis en cause les bhikkhu d'un certain nombre de monastères au sujet des enseignements de Bouddha. Ceux qui ont exposé des vues fausses ont été immédiatement expulsés du saµgha. De cette façon le saµgha a été purgé de tout hérétique et de tout faux bhikkhu.

Ce concile aura été utile pour d'autres choses également importantes. Le Vénérable Moggaliputta Tissa, afin de réfuter un certain nombre d'hérésies et de s'assurer que l'enseignement du dhamma reste pur, a rassemblé et dirigé un groupe de bhikkhu pendant ce concile, pour la rédaction d'un livre, appelé le « kathævatthu ». Ce livre se compose de vingt-trois chapitres, il est une compilation de discussions (kathæ) et de réfutations des vues hérétiques tenues par les diverses sectes sur des sujets philosophiques. Il s'agit du cinquième des sept livres de l'abhidhamma pi¥aka.

Les membres du concile ont également donné une approbation royale à la doctrine de Bouddha, la nommant le Vibhajjavæda, la doctrine de l'analyse. Elle est identique à la doctrine approuvée par le theravæda. Une des plus importantes réalisations de cette assemblée du dhamma, et qui devait porter ses fruits pour les siècles à venir, a été la décision de l'Empereur d'envoyer des moines érudits dans le dhamma et dans le vinaya enseignés par Bouddha, capables de le réciter par cœur dans sa totalité, pour l'enseigner dans neuf pays différents.

Ces moines Dhammadþta ont inclus le Vénérable Majjhantika qui est allé au Kashmir et au Gandhæra. Il a été invité à y enseigner le dhamma et à y établir un saµgha. Le Vénérable Mahædeva a été envoyé à Mahinsakamanda¼a (actuellement Mysore) et le thera Rakkhita a été acheminé à Vanavæsi (actuellement le nord du Kanara, dans le sud de l'Inde). Le thera Yonaka Dhammarakkhita a été envoyé dans l'Aparantaka supérieur (actuellement le nord du Goudjerate, Kathiawar, Kutch et Sindh). Le thera Mahærakkhita est allé à Yonaka-loka (la terre des lonians, de Bactrians et des Grecs.) Le thera Majjhima est allé à Himavanta (l'endroit touchant l'Himalaya.) Les Vénérables Sona et Uttara ont été envoyés à Suvannabhþmi (actuellement le Myanmar). Le thera Mahinda, le thera Ittiya, le thera Uttiya, le thera Sambala et le thera Bhaddasæla ont été envoyés à Tambapanni (actuellement Sri Lanka).

Les missions de propagation du dhamma de ces bhikkhu ont été une grande réussite. Elles ont porté de grands fruits au fil du temps et ont permis d'ennoblir considérablement les peuples de ces contrées. Le don du dhamma a totalement influencé leurs civilisations et leurs cultures.

Avec la diffusion du dhamma à travers la parole de Bouddha, l'Inde en est venue à être connue comme Visvaguru, l'enseignante du monde.

 

 

source: www.dhammadana.org

 

par Pierre Langlais publié dans : Histoire
Jeudi 24 février 2005

Le premier concile a été commandité par le roi Ajætasattu. Il a été réuni en 544 avant l'ère chrétienne (100 jours après le parinibbæna de Bouddha) dans la grotte de Sattapaññi, située dans les environs de Ræjagaha. Un compte rendu détaillé de cette réunion historique est décrite dans le Cþllavagga du vinaya pi¥aka. Selon ce texte, l'incident qui a incité l'aîné Mahæ Kassapa à convoquer cette réunion, était des remarques de dépréciation quant au sujet de la discipline stricte de la vie pour des bhikkhu.

En apprenant la disparition de Bouddha, beaucoup de bhikkhu le déploraient et étaient profondément affligés. Cependant, le Vénérable Subhadda, un ancien coiffeur entré tard dans le saµgha, n'était pas affligé ni déplorait son extinction. En exprimant sa réprobation de se conformer à toutes les règles du vinaya établies par le Parfait, il a déclaré : « Nous voilà bien débarrassés de cette séquestration ! Il était dérangeant lorsqu'il nous disait : "Ceci vous est permis, cela ne vous est pas permis". Désormais, nous pourrons faire ce qui nous plaît et ne serons pas obligés de faire ce qui ne nous plaît pas. » Cette remarque a profondément inquiété le Vénérable Mahæ Kassapa. Il craignait que le dhamma et le vinaya aient pu être altérés et ainsi ne pas survivre si d'autres moines devaient se comporter comme le Vénérable Subhadda, et interpréter le dhamma et les règles du vinaya à leur convenance.

Pour éviter ceci, il a décidé que cet enseignement devait être soigneusement préservé et protégé. Pour ce faire, après avoir obtenu l'approbation du saµgha, il a réuni un concile de cinq cent arahanta. En fait, le Vénérable Ænandæ, qui était inclus dans ce groupe de bhikkhu, n'avait pas encore obtenu le stade d'arahanta. Il a fait l'expérience qui l'a hissé à ce stade, à l'aube même du premier jour de ce concile, qui s'est tenu lors de la saison des pluies. Étant le bhikkhu le plus ancien du saµgha à ce moment-là, le Vénérable Mahæ Kassapa a présidé le concile.

La première chose que fit Mahæ Kassapa était d'interroger le plus grand expert en vinaya du moment, le Vénérable Upæli sur les conditions de la discipline monastique. Ce bhikkhu était bien indiqué pour cette tâche car Bouddha lui avait enseigné lui-même la totalité du vinaya.

Mahæ Kassapa l'a d'abord interrogé sur toutes les spécificités de la première règle (pæræjika) autant en ce qui concerne l'énoncé détaillé de la règle, les cas où la faute est commise et les cas où elle n'est pas commise. Le Vénérable Upæli a donné les réponses adéquates, et toutes ses remarques ont reçu l'approbation unanime de la présidence du concile. C'est ainsi que le vinaya fut formellement approuvé.

Le Vénérable Mahæ Kassapa s'est ensuite tourné vers le Vénérable Ænandæ, expert remarquable dans tous les sujets liés au dhamma. Heureusement, à l'aube du premier jour du concile, le Vénérable Ænandæ avait atteint l'état d'arahanta juste avant de rejoindre les autres membres du concile. Le Vénérable Mahæ Kassapa pouvait alors l'interroger longuement avec une totale confiance. Cette interrogation avait notamment pour but de vérifier l'endroit où chaque discours avait été donné pour la première fois et la personne à qui il avait été adressé. Facilité par sa mémoire parfaite de chaque mot prononcé par le Parfait, le Vénérable Ænandæ a été en mesure de répondre exactement et ainsi, ces discours reçurent l'approbation unanime du saµgha.

Le premier concile a permis également de mettre l'accent sur le chapitre des règles dites mineures en précisant officiellement l'obligation de leur observance. Cela a pris sept mois à ces cinq cent bhikkhu pour réciter la totalité du vinaya et du dhamma. Dotés d'une mémoire remarquable, ils ont retenu de tête tout ce qui avait été récité.

Ce concile est connu sous le nom de Pañcasatika, indiquant que cinq cents arahanta y ont participé.

 

source: www.dhammadana.org

 

par Pierre Langlais publié dans : Histoire
Lundi 17 janvier 2005

 

Voici un texte de Dominique Trotignon, professeur à l'université Bouddhique Européenne. Il répond à quelqu'un demandant la différence entre Hihayana et Mahayana, notamment concernant la vacuité. C'est très instructif.

 


"Quand le Mahâyâna a commencé à émerger, au début de l'ère chrétienne, il existait quatre grands courants dans le bouddhisme, répartis en au moins 18 écoles. Un de ces courants du bouddhisme ancien était particulièrement "puissant" dans l'Inde du Nord, car soutenu par le monarque le plus important de l'époque, l'empereur Kanishka : c'est l'école des Sarvâstivâdin, dont le nom signifie "qui affirment que tout existe" et qu'on appelle aussi les "pan-réalistes".En revanche, l'école du Sthaviravâda (la "Voie des Anciens") - celle qui va devenir, à Ceylan, le Theravâda... - après avoir été puissante sous l'empereur Asoka, trois siècles plus tôt, n'était plus que très peu représentée à cette époque, essentiellement dans une région située sur la côte ouest de l'Inde, l'Avanti, et dans le sud de l'Inde, près de Ceylan. C'est-à-dire très loin des grands centres bouddhistes de l'inde du Nord où vont avoir lieu les débats entre Mahâyânistes et Sarvâstivâdin...
Or... les Sarvâstivâdin, s'ils admettaient la vacuité du Soi, affirmaient en même temps que les phénomènes "extérieurs", les phénomènes du monde, sont composés d'éléments (les dharma) qui, eux, existent réellement et ultimement (d'où le nom de l'école...), que seuls les ensembles produits par leur composition seraient "vides d'existence en soi" et impermanents. Ils affirment donc la vacuité du Soi mais non celle des composés ultimes des phénomènes.
Ce sont les Sarvâstivâdin que les Mahâyânistes critiquent quand ils parlent du Hînayâna... pas les Sthaviravâdin-Theravâdin, avec lesquels ils étaient d'accord sur ce point !!

En ce qui concerne samsâra et nirvâna, effectivement, les écoles anciennes -comme le Theravâda - les opposent strictement : soit on vit dans l'appréhension de phénomènes composés, transitoires, conditionnés, auxquels on peut s'identifier et s'attacher - et l'on est alors dans le samsâra - soit on expérimente le non-conditionné, le non-impermanent, le non-composé - le nirvâna- et il n'y a plus rien à quoi s'identifier ou s'approprier.
Pour le Mahâyâna, expérimenter le nirvâna devient synonyme de "expérimenter la non-réalité ultime" des phénomènes conditionnés ; le nirvâna n'est plus considéré comme "une réalité autre", mais comme "un autre aspect" de la réalité conditionnée, sa nature réelle, celle qui apparaît au-delà de nos constructions mentales.
C'est-à-dire que le terme même de nirvâna a changé de sens, ou au moins d'emploi...
Mais, là encore, cette nuance est surtout importante vis-à-vis de l'école qui affirme que "tout existe ultimement", donc vis-à-vis des Sarvâstivâdin !

Cette opposition entre Hinayâna et Mahâyâna - parfois très polémique - est relayée aujourd'hui en Occident, surtout, par les écoles tibétaines, qui perpétuent ainsi l'enseignement qu'elles ont reçu de l'Inde du Nord. Dans l'enseignement de ces écoles tibétaines, quand elles évoquent le bouddhisme ancien, on ne parle seulement que de deux des dix-huit écoles anciennes : les Sarvâstivâdin et les Sautrantika (qui sont une sous-école dissidente des Sarvâstivâdin).
Mais les Sarvâstivâdin et les Sautrantika ont disparu... et, des quatre grands courants du bouddhisme ancien, seul le Theravâda a perduré. Du coup - par manque de connaissances historiques... - on a appliqué aux Theravâdin les critiques qui étaient adressées aux seuls Sarvâstivâdin !
En fait, les écoles tibétaines n'ont jamais connu le Theravâda et ignore tout de lui... sauf depuis quelques décennies, depuis qu'elles l'ont "découvert", grâce à l'Occident !!"

Bien amicalement
Dominique Trotignon

http://www.bouddhisme-universite.org/

 


 

 

par Pierre Langlais publié dans : Histoire
Dimanche 16 janvier 2005

 

Les Bouddhismes.

 

 

Qu'est ce que le Bouddhisme?

Est-ce réellemment la religion du Bouddha?

Pourquoi, et comment des bouddhismes?

 

 

Aux yeux des observateurs extérieurs le bouddhisme est la religion du Bouddha. Ceux qui en connaissent un peu le contenu diront qu'il s'agit d'une philosophie. Ceux qui font du Dhamma leur ligne de vie, parle du bouddhisme en tant que pratique.

 

 

AUJOURD'HUI.

Il y a dans le bouddhisme, deux courants principaux. Tout d'abord le theravâda est "l'école des anciens" qui préserve et diffuse les paroles authentiques du Bouddha. Puis il y a le Mahayana qui est "le grand véhicule", bouddhisme adapté, le plus apparent en occident, dans lequel on trouve le bouddhisme tibétain, le vajrayana tibétain et les écoles japonaises. Le discours général veut que ces écoles soient comme les doigts de la main, ou branches ayant la même origine. Malheureusement la Doctrine, parfaite, du Bienheureux a été parfois remplacé par celle de maîtres, qui ont fait des apports, des modifications et des oublis, à travers le temps.

Il y a des points que l'on peut mettre en lumière par rapport au mahayana. Celui-ci se distingue, du bouddhisme théravâda, par des représentants très exposés, tel le Dalaï lama. La première différence est que dans le théravâda il ne s'agit pas de s'en remettre aux maitres, (il n'y a d'ailleurs pas d'équivalent au Dalaï lama dans cette école) mais tout juste de pratiquer sous les conseils d'un guide. La parole du Bouddha représente la Doctrine, le Dhamma. Les mahayanistes fondent leurs pratiques sur l'esprit d'éveil, et la compassion, ce qui est un "moteur" positif. Ils font le voeux "de libérer tous les êtres", au dépend de leur propre salut. Sans remettre en cause les bienfaits de la compassion, on peut se demander : Comment peut on croire pouvoir libérer tous les êtres, Bouddha être omniscient, lui même n'y étant pas arrivé et n'ayant pas évoquer cette possibilité ?

Pour essayer de comprendre cette énigme, je suis allé sur un forum de discussion d'un site de bouddhisme tibétain, et j'ai posé les questions qui me préoccupaient. J'avoue que c'est assez direct, mais j'ai eu la chance d'avoir la réponse d'un rinpoché. Mais très vite la discussion s'arrête, et reste sans suite.

 

http://www.dharmaling.info/index.php?name=Forums&file=viewtopic&t=257

 

Ce sont des problèmes de doctrine qui vous ennuient peut être. Mais c'est fondamental pour parvenir à éloigner les "vues fausses". Lorsque l'on connaît les dérives qui existent, si certaines personnes invoquent les Bouddhas tels des dieu, ... à quoi cela mène. C'est carrément opposé à la Doctrine de Libération enseignée par Bouddha. Si un gourou fou, soi disant bouddhiste se préoccupe de gazer des gens dans le métro, c'est qu'il y a aussi de gros soucis.  

Car concernant la doctrine elle même, cela n'engage que moi, mais je constate que le mahayana et ses enseignements amènent souvent plus de confusion qu'autre chose. En témoignent les si fréquents livres sur le Dharma, qui ne permettent pas de comprendre ce qu'est réellement la science de la Libération. Si bouddha établit des règles mathématiques -absolues-, celles du dhamma, on ne pourrait les détourner à son insu. Exemple pour le dhamma de bouddha:       

 

Samsâra x (les êtres sensibles + ignorance) = La souffrance (dans le samsâra).

Samsâra x (les êtres sensibles + dhamma correctement appliqué) = Le nibbâna (hors du samsâra).

On pourrait remplacer dhamma (enseignements du Bouddha) par Magga (la voie menant à Nibbâna).

 

Maintenant voici la règle du Mahayana:

Samsâra x (les êtres sensibles + bodhicitta) = Libération de tous les êtres du samsâra.

Le bodhicitta est l'esprit d'éveil, d'amour et de compassion qui permettrait de libérer tous les êtres.

 

La règle est très différente. Deuxième question : Bouddha qui, est-il dit avait l'omniscience (propre à son éveil), pourquoi n'a t'il pas enseigné cette règle de libération de tous les êtres? Là je peux vous répondre: Parce que nous seuls pouvons prendre en main notre destinée, nous seuls nous avons la possibilité de nous libérer, nous seuls avons la capacité de faire ce qui est bien pour nous. C'est tout le message du Bouddha. Son enseignement porte sur cette libération, par nous même.

"Soyez votre propre flambeau, votre propre lumière."

Est-ce que toutes les pratiques rituelles, les croyances en les divinités et les bouddhas des royaumes célèstes, les récitations de mantras, les prosternations, les divinations, courantes chez les Tibétains, ne sont elles pas opposées aux enseignements du Bouddha? ..... Je pense que tout ceci est très plaisant à pratiquer mais ce n'est pas le Dhamma.

 

Par exemple, voici une expérience à ce sujet : j'ai vu lors d'un voyage en Mongolie, des moines à Ulaan Bator, réciter des mantras après avoir bu une boisson très populaire, à base de lait de jument fermenté, c'est à dire alcoolisée. (voir les 5 préceptes de base)

J'ai aussi vu ce qu'était le bouddhisme japonais, cela n'a plus rien à voir avec le Dhamma. Les moines et responsables des sectes fonctionnent comme une entreprise, qui brasse et rapporte beaucoup d'argent, et sans payer de taxes. Les familles font appel à eux lors des décés, les "moines" récitent des prières, en échange d'un don moyennant 10 000 Euros pour une seule cérémonie. Et ceci pour une personne morte, la cérémonie se répétant après un an, trois ans, puis cinq ans. Est ce un moyen d'acheter sa prochaine vie?   

Dans le zen, est ce que l'omission de Magga (la voie menant à nibbâna), en une pratique philosophique autre, ne porte elle pas préjudice à la pratique du bouddhisme? .....Est ce que le bouddhisme est compatible avec le Bushido? (code d'honneur des samourais) 

Le théravâda a t'il le monopole de la pratique parfaite? Pas du tout! Môhan Wijayaratna rapporte dans son livre "le dernier voyage du Bouddha", qu'il fut un temps dans une contrée théravâdine où les moines demandaient aux villageois de laisser passer une nuit au monastère à leur fille qui allait se marier .... 

 

Alors, il s'agit bien de cela, ce que l'on nomme bouddhisme aujourd'hui... ce n'est pas le bouddhisme tel que l'a enseigné Bouddha. Et si vous me dites : Et la tolérance? Je vous répond : Pas de problème si on appelle un chat un chat! Car ce qu'à enseigné Bouddha, en dehors de toutes les adaptations aux cultures, de tous les aspects ésothériques et de mixité avec les croyances, c'est la voie qui méne à la libération de la souffrance et du cycle des renaissances, c'est la voie unique de l'observation directe des phénomènes. Et pas ... autre chose!

 

 

Lorsque les moines deviennent riches (eux qui sont censés ne pas toucher d'argent), là commence la corruption, le dharma devient un business. 

Et le pire, il ne faut pas être nourrit par la confusion. 

Les transformations n'ont pas épargné le Dhamma, Bouddha savait que son enseignement déclinerait, (soumis comme toutes choses à la non-permanence), à cause des moines dont la pratique serait pervertie.  

La pratique pervertie est elle celle qui est mieux représentée en France? Car ces écoles et ces lieux apportent beaucoup aux pratiquants, s'ils leurs apportent le bonheur, mais le bonheur lui même est impermanent. S'ils n'apportent pas le chemin menant à la pleine destruction des souillures mentales, à l'arrêt total des désirs insatiables, de l'aversion, de l'illusion et de la souffrance, que propose et enseigne Bouddha dans son Dhamma, alors qu'est-ce?

 

J'invite chacun à avoir une reflexion sur ces aspects de la réalité.

 

Voilà; ceci dit, oui, il existe le bouddhisme tibétain, haut en couleur avec les maîtres, les rinpochés, les émanations et les réincarnations. Ce n'est pas ce qui nous concerne ici, mais je les invite à se joindre à nous. Ceci dit, oui, il y a le zen, (que mon défunt grand père pratiquait) et la vacuité de l'être ici et là, le zazen et les koens, et aussi les mille sectes du Japon. Ce n'est pas ce qui nous concerne ici, mais je les invite à se joindre à nous. Ceci dit, oui, il y a le vajrayana, véhicule du diamant, le tantrisme, et le yoga, avec beaucoup de rituels secrets. Ce n'est pas ce qui nous concerne ici, mais je les invite à se joindre à nous.

 

 

 

HIER- AUJOURD'HUI.

 

Dans la mesure ou le Dhamma, la Réalité, les lois naturelles de l'univers sont intemporelles, ce Dhamma s'applique quelquesoit la culture ou l'époque.

L'urgence de notre sort dans le samsâra doit nous faire prendre conscience de notre terrible condition. Bouddha offre aux hommes et femmes l'ultime libération, celle du nibbâna, domaine hors des phénomènes conditionnés. Cette voie n'est certe pas évidente, elle est même décrite comme dure à concevoir et à appliquer, car notre mode de vie est basé sur l'attachement et la recherche de plaisirs, la convoitise.  

L'enseignement original a perduré. Et nous avons la preuve de son existence, la parole du "maître" est disponible. Comme le dit le Bhikkhu (moine) franco-suisse Dhamma Sâmi, vivant en Birmanie: "C'est une chance incroyable d'avoir toujours accès aujourd'hui aux enseignements du Bouddha". 

 

Le Théravada (l'école des anciens), qui est présent en Thailande, au Laos, en Birmanie, au Sri lanka, et au Cambodge, a préservé, le Bouddhisme du Bouddha, n'ayant connu aucune réforme, et maintenue par tradition orale la parole du "parfait" (mémorisation complète de tous les sermons du Bouddha à sa mort, puis retranscription du canon Palî pour éviter sa perdition, quelques siècles après la mort de Bouddha). Bouddha n'a jamais souhaité de division du Sangha.

 

LUI. (Eveillé mort pourtant depuis plus de 2500 ans)

Bouddha est l'homme délivré (des souillures mentales), qui a atteint "l'autre rive". Il propose à ceux qui l'entende et l'écoute le moyen de traverser jusqu'à cette rive, nommé le nibbâna. Lorsque Bouddha prêchait, tout son enseignement était visible, perceptible, exposé sous les yeux de chacun, par le corps et l'esprit irréprochable, l'attitude éthique parfaite du groupe de rennonçants, une communauté réunissant jusqu'à 100 000 moines. Ce Dhamma réalisable par chacune des personnes qui croisaient sa communauté, avait pour preuve vivante, le Bouddha, ses fidèles, et leur réalisation exemplaire.   

 

La croyance en la réincarnation était comme aujourd'hui courante, en Inde. Bouddha exprima qu'il s'agissait en réalité d'une renaissance. Nuance qui élimine la croyance en une âme immortelle, une conscience unique infinie, et d'autres théories éternalistes. Il ne dit pas non plus que tout fini lors de la mort. Si vous pensez que rien ne subsiste après la mort, il s'agit également d'une croyance. Dans le Bouddhisme, il n'est pas question de croire- une confiance en l'enseignement du Bouddha est nécessaire- mais par une observation des phénomènes tels qu'ils se produisent, nous expérimentons la connaissance d'absence d'un "soi", d'un "moi", d'un principe existant en soi, pour soi. Cette prise de conscience déshabille toutes nos conceptions et nos croyances aveugles. Etre bouddhiste aujourd'hui ce serait d'abord nous débarrasser de nos croyances en ce qu'est le Bouddhisme.    

 

Bouddha enseigne après l'avoir connu, que seul le principe de vie persiste et poursuit sa route de vie en vie, en changeant de formes, c'est "la soif" de revivre, d'expérimenter, de désirer, de s'attacher qui assure les renaissances successives. Cette soif, cet objet que Bouddha estime source de souffrances et d'errance dans le cycle des renaissances, le samsara. Pourquoi Bouddha a-t-il expérimenté la cessation (le nibbâna)? Parce qu'il a profondément observé, expérimenté et connu la nature réelle des phénomènes, qu'il nomme les 3 caractéristiques : Insatisfaction, impermanence, non-soi. Par le questionnement et l'observation sur l'origine de la souffrance, il en a déduit les 12 facteurs de conditionnements, la coproduction conditionné.

 

Lui observe le samsara depuis un point de vue extérieur, ayant complètement déraciné "la soif" de renaissance, de désir, d'attachement, d'illusion, propre à ce cycle. Lui propose la fin complète de la souffrance, des attachements et de la "soif" (tanha), l'ultime et parfaite voie de libération.  

 

Bouddha expose sa doctrine, il parle et montre. Parfois il expose la base: les 4 nobles vérités, souvent il répond à toute les personnes le questionnant. Ce sont tous des renoncants, des moines en robe rouge, bordeaux, orange, qui le suivaient et formaient sa communauté. Ils ne font toujours aujourd'hui qu'un seul repas par jour, et s'efforcent de faire des actions bénéfiques. Ils ne font qu'un seul corps avec le Dhamma, c'est le meilleur moyen d'honorer encore le Bouddha.

 

L'enseignement du Bouddha repose sur une base d'application d'une conduite éthique, puis de la pratique de l'attention, et le développement de la compréhension réelle des phénomènes. 

 

 

par Pierre Langlais publié dans : Histoire
Jeudi 13 janvier 2005

Les voeux du Bodhisatva...

"C'est une illusion de penser pouvoir libérer tous les êtres, Bouddha lui même n'a pas réussit!"  Ven. Dhamma Sâmi

 


 

Quelle est la différence philosophique entre Mahâyâna, Hînayâna, Theravâda et Lamaïsme ?

voir le texte complet de la question


Réponse :

Il ne m'est pas possible d'expliquer la différence philosophique entre bouddhisme Mahâyâna, Hînayâna, Theravâda et Vajrayâna. Tout d'abord, je ne dispose pas des connaissances suffisantes pour être pertinent sur ces différents sujets. J'ai toujours trouvé que pour y voir plus clair, il était toujours préférable de se référer à l'histoire de ces courants et leurs contenus actuels.

Tout d'abord, je voudrai redire qu'il n'existe pratiquement plus aujourd'hui d'écoles philosophiques du Hînayâna (Cf. historique). Ces écoles se développèrent surtout entre la disparition du bouddha historique et de ses principaux disciples et l'avènement due courant Mahâyâna. Je considère que le Theravâda a très probablement récupéré et annexé bon nombre d'apports issus des sectes Hînayâna. Le Theravâda est une refondation du bouddhisme qui se situe autour des Xème/XIème siècles principalement dans le sud de l'Inde et à Ceylan. La volonté était de lutter contre la dégénérescence du bouddhisme et les apports hétérodoxes notamment dans le courant Mahâyâna.

Le Theravâda, littéralement c'est la voie des anciens, c'est-à-dire le retour aux enseignements du bouddha historique et de ses principaux disciples. Le Hînayâna et le Vajrayâna sont des créations nouvelles sur un socle doctrinal bouddhiste. Selon moi, la différence fondamentale entre le Mahâyâna et le Theravâda c'est l'application universelle de la libération bouddhique à tous sans exception. Cette vision déborde largement le cadre du sujet pris comme élément de base et comme horizon unique de la libération telle qu'elle est perçue par le bouddhisme Theravâda. Le Mahâyâna suppose une démarche offensive vers l'extérieur visant à rallier tous les êtres au Dharma. Cette idée entraîne également des changements et des ajouts importants à la doctrine tendant à justifier et à expliquer cette nouvelle approche des choses C'est ainsi que l'on voit apparaître les Bodhisatva qui représentent des sages qui ont atteint le dernier niveau avant la libération et qui se consacrent à accompagner la libération des autres. Pour ma part, j'estime que cette approche entraîne vers des actions militantes voire politiques qui ne me paraissent pas compatibles à l'idée et à la réalité du développement personnel. En outre, on a vu dans l'histoire de ces 50 dernières années toutes les déviances de ces mouvements qui sont devenus de groupes de pression, des partis politiques voir de véritables puissances financières. De l'aveu même de leurs animateurs actuels, ces mouvements n'ont plus rien à voir avec le bouddhisme.

Le Vajrayâna, c'est le bouddhisme tantrique qui s'est particulièrement développé en Inde du Nord et surtout au Tibet. Ce mouvement agrège à une approche bouddhique de base différentes pratiques et différents savoirs issus de connaissances communes avec l'hindouisme et de différentes traditions (chamanisme, animisme, occultisme …). L'absence de lisibilité des ressorts de ce mouvement est parfaitement voulue et cultivée. Le tintamarre de la musique, le fouillis d'images bariolées rend compte de cette superposition des éléments intégrés dans ce courant au fil du temps. J'ai personnellement beaucoup d'estime pour ce courant, même si je n'y comprends pas toujours grand chose. Les connaissances accumulées notamment dans le domaine de la médiation sont indéniables. Le livre Tantra paru aux éditions du Seuil apporte des informations très intéressantes sur ce sujet, bien que les techniques évoquées ne soient pas nécessairement employées par les théravadistes.

Vous avez raison, la place de différents panthéons dans l'exposé de chaque tradition fait penser à un ensemble assez hétéroclite. Je crois qu'il ne faut pas s'y arrêter et qu'il faut pouvoir regarder toutes ces manifestations en situation et voir comment ces rites sont mis en œuvre, notamment auprès des populations locales. Le bouddhisme a rencontré de nombreuses histoires différentes, de nombreuses cultures différentes, il a occupé dans les différentes sociétés où il s'est développé des fonctions variées, il a du dans de nombreuses régions s'allier aux croyances préexistantes et parfois reconduire ces formes antérieures de spiritualité sous des aspects divers.

 




 

 

 

 

Texte complet de la question


Pourriez-vous expliquer la différence philosophique entre les diverses branches du Bouddhisme (Mahâyâna, Hînayâna ou Theravâda , Lamaïsme, etc.) Chacune semble en quelque sorte ignorer les autres et il est difficile de s'y retrouver. Les informations habituelles se centrent davantage sur l'histoire que sur les différences de pensée. Il semblent que certaines divinisent le Buddha (!!!), que d'autres admettent même le Panthéon hindou, que certaines sont très centrées sur les rites, d'autres sur la méditation privée, certaines sont plus formelles, d'autres plus libres, certaines invitent à l'illumination au prix de grands efforts, d'autres comme le Zen proposent d'y parvenir par l'intuition fulgurante...

 

Extrait de ce lien :

http://www.geocities.com/Athens/Forum/2359/qmahite.html#top

 

J'ajouterai qu'il est légitime d'avoir une vision d'ouverture sur les différentes cultures, et une tolérance face aux multiples croyances, mais vient un moment ou le fruit muri et il doit choisir sa couleur. La personne intéressé par le Dhamma devra dans la mesure du possible remonter jusqu'à la source des enseignements du bouddhisme, c'est à dire le Théravâda. En excluant toutes les choses superficielles et inutiles telles les rituels, les prières, les croyances aveugles, le pratiquant facilite sa capacité à obtenir une claire conscience des choses. En ayant une vision discriminante, la personne peut faire la part des choses et se libérer des vues fausses. Traditionellement l'enseignement du Théravâda est toujours gratuit.

 

par Pierre Langlais publié dans : Histoire
 

Dhamma

 Bouddha enseigna la Loi naturelle,

visible par tous, compréhensible en profondeur par ceux qui développent leur discernement.

 

 

"Evitez les mauvaises actions ; faites le bien autour de vous ; purifirez votre esprit."

Tel est l'enseignement de tous les Bouddhas.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

"Santal, tagara, lotus, jasmin, de tous ces parfums le parfum de l'éthique est de loin le meilleur."

 

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"La voie droite est proclamée, suivez-la, ne vacillez pas; Que chacun s'encourage soi-même, et, par étapes, atteigne le nibbâna."

 

 

 

 

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