http://www.dhammapiti.org/
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http://www.dhammapiti.org/article-21048803.html
Une nouvelle génération de maitres.
Rendons hommage aux bhikkhu occidentaux, qui rendent accessible le Dhamma sous une forme plus
familière et facilement compréhensible.
Peu sont les bhikkhu Français. Parmi eux, le vénérable Sasana et le vénérable Dhamma Sami. Ce
dernier a rendu accessible aux plus grand nombre toute l’essence du Dhamma grâce au site dhammadana.org.
Il est actuellement, retourné vivre en Birmanie.
Combien il est bénéfique que des bhikkhu occidentaux soient devenus au terme d’une longue expérience
monastique, des maitres de méditation, c'est-à-dire des personnes capables d’enseigner le Dhamma de Bouddha par l’atteinte des plus hautes réalisations des ariya savaka.
Ainsi, parmi ceux que j’ai pu connaitre, appartenant à la tradition des moines de la forêt :
Ajahn Tiradhammo qui est Canadien, Robin Moore (ex-Ajahn Suriyo) qui est Américain, ainsi que sister Ariya Nani qui est Suisse de la tradition Birmane.
Ces maitres, avec des mots adaptés aux occidentaux, savent rendre les concepts du Dhamma sous un
nouveau jour avec clarté. Ils s’en réfèrent souvent à Ajahn Sumedho (d'origine
Américaine) qui, lorsqu'il parle par exemple des trois formes de la « soif » Tanha, évoquant le désir de renaissance et celui de l’annihilation, le fait sous un aspect on ne
peut plus emprun du quotidien, et réellement lumineux :
«La renaissance est quelque chose que l’on peut voir directement, pas une théorie en
laquelle il faut croire. Il y a renaissance à chaque moment, dans tout ce que l’on fait. Comme il n’y a pas de soi, il n’y a rien qui renaisse en tant qu’essence personnelle ou âme passant
de vie en vie. Cependant, le désir est une façon de renaître, c’est chercher continuellement quelque chose en quoi s’absorber ou quelque chose à devenir. »
« Vous pouvez observer ce processus de renaissance dans votre propre esprit.
Qu’est-ce qui va du réfrigérateur à la télévision ? Est-ce une personne ? Est-ce là ce qu’est votre âme, cette essence qui va se perpétuer à travers l’éternité ? Ou bien est-ce le
désir ? N’est-ce pas simplement une errance sans but, une recherche habituelle de quelque chose à faire, quelque chose en quoi s’absorber ? »
« Pour la plupart
des gens, le sommeil est une forme d’annihilation. Quand on est endormi, on ne souhaite plus être quoi que ce soit, on n’a plus besoin de faire des efforts. Renaître tout le temps devient
ennuyeux, alors on en vient à souhaiter ne plus exister. »
(Extrait de L’esprit et la voie – Ajahn
Sumedho)
Ajahn Sumedho, à la demande d’Ajahn Chah, a fondé un monastère spécifiquement destiné aux
Occidentaux, dont il devint le premier abbé, le « Amaravati Buddhist monastery » en Angleterre.
Robin Moore (anciennement Ajahn
Suriyo), donne par sa présence, son engagement et sa totale ouverture, le Dhamma avec un éclairage nécessaire à la pratique quotidienne des Occidentaux, d’une manière douce mais rigoureuse. Il
est facile, dit-il, de ne pas se soucier de ce qu’il nous arrive, lorsque nous sommes heureux, mais bien vite l’insatisfaction nous regagne. Evoquant les saisons et le changement : « A
peine le printemps passé et son explosion fantastique et presque insupportable de couleurs et de formes dans la nature, l’on se dirige vers la décrépitude et la mort : le plus beau étant
déjà passé, dès le printemps ! »
Il enjoint chacun de se méfier des conceptions trop « brutes » dans le Dhamma qui nous
ferait pratiquer face à un « idéal ». Plutôt pratiquer concrètement « metta », par exemple, pour contrecarrer la colère, comme pour accepter toutes nos sensations. Une
particularité des moines de la forêt qui –tel Ajahn Tiradhammo- met un point d’honneur à ce que « metta », soit le cœur réceptif de notre observation
attentive.
Comment ne pas sentir sous cette constante sérénité, en apparence simple, la force de la
réalisation.
De même Sister Ariya Nani enseigne metta ainsi :
« Traditionnellement nous devons commencer par pratiquer mettā en premier
lieu pour nous-mêmes. Si nous sommes honnêtes avec nous-mêmes, nous devons reconnaître que tout ce que nous désirons c'est le bonheur. C'est un souhait fondamental que l'on retrouve chez tous les
êtres vivants. Ce n'est que quand nous reconnaissons et comprenons ce désir de bien-être profondément ancré en nous, que nous comprenons pleinement qu'en cela tous les autres êtres vivants ne
sont pas différents de nous. Sur la base de cette compréhension, il est plus facile de cultiver un cœur ouvert, tolérant et bienveillant envers tous les êtres, indépendamment de leurs croyances,
de leurs actes, de leur sexe ou de leur position sociale. Souvenons-nous que mettā
signifie amour universel quelles que soient les conditions et les circonstances.
En conséquence, nous devons commencer par développer mettā pour
nous-mêmes avec ces mots :
« Que je sois bien, heureux et en paix. Que je sois bien, heureux et en paix ». Quand nous sentons que
ce désir d'être bien devient fort et authentique, nous lançons un pont vers les autres êtres : « De même que je souhaite être bien, heureux et en paix, que tous les êtres soient bien, heureux et
en paix ». Ensuite nous continuons simplement avec le souhait de bonheur et de bien-être pour les autres. De même que nous souhaitons être traités gentiment, les autres veulent être traités
gentiment. De même que nous voulons être respectés, les autres veulent être respectés. De même que nous ne voulons pas être tués, les autres ne veulent pas être tués. mettā prend
naissance à la source de la considération que nous avons pour nous-mêmes et pour les autres. L'amour bienveillant jaillit d'un cœur compatissant, d'une empathie avec chaque être
vivant. »
]]>fr2008-07-10T15:59:12Z
http://www.dhammapiti.org/article-20669308.html
fr2008-06-22T23:03:12Z
http://www.dhammapiti.org/article-20428040.html
fr2008-06-22T22:59:34Z
http://www.dhammapiti.org/article-20040993.html
fr2008-05-31T21:15:18Z
http://www.dhammapiti.org/article-19775558.html
fr2008-05-21T23:05:25Z
http://www.dhammapiti.org/article-19527322.html
Le cyclone Nargis qui a noyé tout le sud de la Birmanie laisse derrière lui des milliers de morts, des familles endeuillés, des sans abris, des orphelins, la misère et l'urgence.
Après cette catastrophe, les survivants ont un besoin urgent d'eau, de vivres, de médicaments et de matériel pour se reconstruire.
Faites un geste pour eux.
-Soit par l'intermédiaire d'un Français résident à Yangon et grâce à une association, lequel fait parvenir directement les premières nécessités aux habitants des alentours de la capitale.
http://aidebirmanie.blogspot.com/
(Des informations sur la Birmanie : là .)
-Soit par une association humanitaire:
Où faire vos dons ? (source : l'Express)
La Croix rouge
Ses équipes se sont déployées à travers les cinq régions les plus touchées de Birmanie dès la fin du cyclone, afin de mieux évaluer la situation
et de venir en aide immédiatement aux populations. La Croix Rouge a déjà réussi à débloquer 122 000 euros pour réaliser ses deux priorités : fournir des abris d'urgence et garantir l'accès à
l'eau potable des habitants.
En savoir plus.
Médecins du Monde
MdM cherche à affréter le plus vite possible un avion chargé de matériel médical et de médicaments pour apporter de meilleurs soins aux
populations sinistrées.
En savoir
plus.
Action contre la faim
L'organisation a lancé un appel aux dons via son site internet. Elle attire l'attention sur l'augmentation fulgurante du prix de l'eau et de la
nourriture depuis que le cyclone a frappé la Birmanie.
En savoir plus.
Aide Médicale Internationale
L’équipe d’Aide Médicale Internationale en Birmanie/Myanmar, présente depuis 2001 dans les townships de Dala, Twantay, et de Seikgyi (dans la
banlieue de Yangon), s’est rendue dans certaines des zones les plus touchées par le cyclone Nargis. Aide Médicale Internationale travaille actuellement à la définition et à la mise en œuvre, sur
la zone de Dala, d’un plan d’action cohérent et efficace à destination des victimes du cyclone.
En savoir plus.
"Quel rire, quelle exultation peut-il y avoir, alors que le monde brûle à jamais?
Etant submergé par l'obscurité, pourquoi ne cherchez-vous pas la lumière?"
Dhammapada 146
"Menez une vie de droiture, mais non une vie de corruption. L'homme qui marche dans la Voie du Dhamma vit heureux dans ce monde et dans le suivant.
Juste comme on verrait une bulle, juste comme on verrait un mirage, si une personne considère ainsi le monde, le Roi de la mort ne la verra pas."
Dhammapada 169, 170
Une prière pour le peuple Birman, vertueux et affligé.
]]>fr2008-05-13T19:31:56Z
http://www.dhammapiti.org/article-19494904.html
PERMETTRE AUX CHOSES DE SE MANIFESTER
Par le Vénérable Ajahn Sumedho
(extrait du livre les Quatre Nobles Vérités)
Texte intégral disponible ici :
http://dhammasukha.free.fr/biblio/4NoblesVerites.html#permettre
Avant de pouvoir vraiment lâcher prise et mettre les choses de côté, il faut en prendre pleinement conscience. La méditation
est un moyen de permettre au subconscient de se manifester consciemment. Toutes les déceptions, les peurs et les angoisses, tous les désirs inavoués et les ressentiments ont la possibilité de
devenir conscients. Beaucoup de gens aspirent à un idéal très élevé et, par conséquent, sont parfois très déçus de leur incapacité d’être à la hauteur – de ne pas se mettre en colère, par exemple
– tout ce que l’on devrait ou bien ne devrait pas être. Dans ces conditions, nous pouvons aisément créer le désir – et nous y attacher – de nous débarrasser de ces choses négatives qui ne
correspondent pas à notre idéal. Ce type de désir peut sembler juste au niveau moral. Vouloir se débarrasser de pensées cruelles, de ressentiments et de jalousie paraît bon, puisqu’une personne
respectable ne devrait pas les ressentir. C’est ainsi que l’on crée un complexe de culpabilité.
Si nous contemplons cela, nous prenons pleinement conscience du désir d'être à la hauteur de cet idéal et de nous débarrasser de ces tendances
négatives. Nous pouvons ainsi lâcher prise : plutôt que de travailler à devenir cet individu parfait, nous laissons de côté ce désir. Ne reste qu’un esprit clair et serein. Il n’est pas
nécessaire de devenir cet individu parfait, ce genre d’idéal n’étant qu’une création mentale apparaissant, puis disparaissant ; l’esprit originel reste le même.
L’idée de cessation est facile à comprendre au niveau intellectuel, mais réaliser l’expérience que constitue la cessation peut s’avérer très
difficile, car cela nécessite de bien vouloir cohabiter avec ce que l’on pense ne pas pouvoir supporter. Par exemple, quand j’ai commencé à pratiquer la méditation, je m’attendais à ce que cela
me rende plus gentil, plus heureux et me conduise à faire l’expérience d’états méditatifs très agréables. Mais, jamais auparavant, je n’avais connu autant de haine et de colère qu’au cours de ces
deux premiers mois. Je me disais : « C’est affreux, la méditation m’a rendu pire qu’avant ! ». Mais je réussis à contempler pourquoi tant de colère et d’aversion remontaient à la surface.
J’ai réalisé qu’en grande partie, ma vie consistait précisément à fuir tout cela. Lorsque j’étais un laïc, la lecture était une obsession. Où que j’aille, j’avais besoin d’avoir des livres en ma
possession. Lorsque la peur ou la colère commençaient à se manifester, je prenais refuge dans un bouquin… ou alors, j’allumais une cigarette… ou bien encore je mangeais quelque chose, convaincu
d’être quelqu’un de gentil, incapable de haïr les autres. Le moindre signe d’aversion ou de haine était réprimé.
C’est la raison pour laquelle, durant les premiers mois de ma vie monastique, j’avais désespérément besoin de trouver différentes activités. Je
cherchais les moyens de me distraire parce que la pratique de la méditation ramenait à ma mémoire toutes sortes de choses que j’avais essayé d’oublier. Des souvenirs d’enfance, mais aussi de mon
adolescence, refaisaient surface continuellement, accompagnés d’un sentiment de colère et de haine si fort qu’il devint presque intolérable. Mais je commençais à voir qu’il me faudrait supporter
ces émotions : j’ai donc fait preuve de patience. C’est ainsi que toute la haine et la colère que j’avais réprimée en trente ans d’existence fit irruption, pour ainsi dire, et put se consumer et
s’éteindre grâce à la méditation. C’était un processus de purification.
Pour permettre à ce processus de cessation de prendre place, nous devons être prêts à souffrir. C’est pourquoi j’insiste sur l’importance de la
patience. Nous devons faire de la souffrance une expérience pleinement consciente car c’est seulement en l’accueillant que la souffrance peut prendre fin. Quand nous prenons conscience que nous
souffrons physiquement ou mentalement, il convient alors de faire face à cette douleur qui est présente. Nous l’acceptons complètement, l’accueillons et la prenons comme objet de contemplation en
lui permettant d’être ce qu’elle est. Cela demande d’être patient et de surmonter le désagrément d’une condition quelle qu’elle soit. Au lieu de nous enfuir, nous devons endurer l’ennui, le
désespoir, le doute et la peur pour être à même de voir et de comprendre que ces conditions prennent fin.
Tant que nous ne permettons pas aux choses de cesser, nous continuons à créer du nouveau kamma qui ne fait que renforcer nos habitudes. Quand
quelque chose se manifeste, nous nous en saisissons et nous l’utilisons pour fabriquer toutes sortes de créations mentales. Tout devient plus compliqué ainsi. De cette manière, ces réactions sont
répétées continuellement au cours de nos vies. Tourner en rond à la poursuite de nos désirs dans l’espoir d’éviter nos peurs ne peut pas nous conduire à la paix. Nous contemplons la peur et le
désir pour qu’ils cessent de nous duper : il est nécessaire de comprendre ces forces qui nous mystifient pour qu’elles arrêtent de nous tromper et soient ainsi autorisées à cesser. Le désir et la
peur nous révèlent leurs qualités fondamentales : ils sont impermanents, insatisfaisants et impersonnels. Ils sont vus et compris pour ce qu’ils sont, c’est ainsi que la souffrance prend
fin.
Il est vraiment très important de comprendre la différence entre cessation et annihilation – le désir qui peut se manifester de se débarrasser des
choses. La cessation est la fin naturelle de toute condition qui est apparue. C’est autre chose que le désir ! Ça n’est pas une création mentale, mais l’achèvement de ce qui a commencé, la mort
de ce qui est né. Par conséquent, la cessation n’a rien de personnel, elle n’est pas le résultat de la volonté de se débarrasser de choses, mais se produit lorsque l’on permet à ce qui est apparu
de disparaître. Pour ce faire, on doit abandonner la convoitise. Ça ne veut pas dire rejeter ou refouler : abandonner possède plutôt ici le sens de lâcher prise, laisser de côté.
Lorsque la fin s’est produite, ce qui vient ensuite est l’expérience de nirodha : la cessation, la vacuité, l’absence d’attachement. Nirodha est un
autre terme pour évoquer la réalisation de Nibbana. Lorsque vous avez permis à quelque chose de partir et de cesser, il ne reste que la paix, la sérénité.
Vous pouvez faire l’expérience de cette tranquillité lorsque vous pratiquez la méditation. Quand vous avez laissé un désir se résorber, disparaître
de votre conscience, une paix profonde s’ensuit. Il s’agit de la sérénité véritable, située au-delà de la mort. Quand vous réalisez clairement cette expérience, quand vous comprenez vraiment de
quoi il s’agit en l’ayant vécu, vous réalisez Nirodha Sacca, la Vérité de la Cessation : un espace dans lequel il n’y a pas d'ego, mais où règnent vigilance et clarté. La véritable signification
du bonheur suprême, de la béatitude est cette paix de la conscience transcendant totalement la souffrance et l’angoisse.
Si nous ne laissons pas survenir la cessation, nous avons tendance à opérer sur la base de suppositions que nous faisons sans même en avoir
conscience. Parfois, ce n’est que lorsque nous commençons à méditer que nous nous rendons compte combien tant de peur et de manque de confiance remontent à des expériences de l’enfance. Je me
souviens que, lorsque j’étais un petit garçon, j’avais un très bon ami qui se désintéressa de moi et me rejeta. A la suite de cet événement, je fus vraiment déprimé pendant des mois. Cela laissa
une impression très profonde dans ma mémoire. Je compris par la suite, à travers la méditation, que cet incident apparemment minime avait profondément conditionné ma relation aux autres – j’ai
toujours ressenti une grande peur d’être rejeté. Je ne m’en étais pas rendu compte, jusqu’à ce que ce souvenir précis se mette à revenir continuellement au cours de la méditation. L’esprit
rationnel nous dit que c’est ridicule de passer notre temps à analyser les tragédies de notre enfance. Mais, si celles-ci ne cessent de visiter notre conscience, il est possible que ce soit parce
qu’elles essayent de nous dire quelque chose sur les suppositions et les conditionnements qui ont été mis en place lorsque nous étions enfant.
Si vous faites l’expérience, pendant votre méditation, de souvenirs ou de peurs obsessionnelles, au lieu de vous sentir frustré et contrarié,
apprenez à les voir comme des choses qu'il convient d'accepter en votre conscience, de façon à pouvoir les laisser de côté. Vous avez la possibilité d’organiser votre quotidien afin d’éviter de
voir ces choses ; ainsi, les conditions nécessaires à leur apparition sont réduites. Vous pouvez vous engager pour de grandes causes ou dans d’importantes activités ; dans ce cas, ces anxiétés et
phobies non identifiées ne deviennent jamais conscientes – mais que se passe-t-il lorsque vous lâchez prise ? Le désir ou l’obsession sont mouvants et ils se déplacent vers la cessation : ils
prennent fin. Par cette expérience, vous avez la révélation qu’il y a la cessation du désir. Ceci constitue le troisième aspect de la Troisième Noble Vérité: la cessation a été réalisée.
]]>fr2008-05-12T15:02:47Z
http://www.dhammapiti.org/article-18926429.html
Les quatre demeures divines en tant que qualités méditative.
« Session metta »
avec Ajahn Tiradhammo
(Retraite du 19 et 20 Avril 2008 organisé par l’association terre d’éveil.)
http://www.vipassana.fr/Sessions/SessionTiradhammo.htm
Lorsque nous lisons, évoquons ou méditons sur « metta », la
bienveillance, cela nous semble être quelque chose d’absolu, un amour inconditionnel que l’on délivre à tous les êtres.
Pourtant si nous ne sommes pas capable de nous aimez nous même –correctement-, nous ne pouvons prétendre aimez les autres,
inconditionnellement.
Dans le Bouddhisme nous faisons l’expérience des choses pour les connaître personnellement.
Ainsi, nous devons faire l’expérience de « metta » à notre niveau.
Metta a plusieurs sens, et plusieurs niveaux d’applications.
Nous commencerons avec un niveau qui soit facilement adaptable et compréhensible, metta en tant qu’amitié envers nous même et envers les
évènements qui nous arrive.
Il s’agit d’être ouvert et amical envers les phénomènes que nous considérons comme « ennemis » ou « négatifs ».
Habituellement nous rejetons de nombreuses choses, soit parce que nous ne souhaitons pas les voir, soit parce qu’elles nous font
souffrir.
Lorsque qu’une douleur physique se présente, nous exerçons une contraction autour de cette douleur, de manière naturelle. Nous l’isolons car
nous ne voudrions pas la ressentir. Ainsi, il se crée le sujet « moi » et l’objet « ma douleur », nous sommes dans la dualité.
C’en est de même pour la colère, il y a « moi » et il y a « ma colère ».
Le but de la méditation avec metta est d’être ouvert et d’accueillir amicalement ce qui nous semble désagréable.
Nous prenons la base de la vision pénétrante –vipassana- et l’observation de la respiration comme objet principal. Lorsque qu’une douleur
physique apparaît, soyons un peu plus amical envers elle, ne la rejetons pas.
En déplaçant notre attention vers le cœur nous essayons de voir quelle sensation prédomine.
Nous devons nous relier avec notre cœur « spirituel », situé au milieu de la poitrine et laisser venir à nous les sensations
désagréables.
Il faut introduire un peu d’amitié dans cette sensation désagréable, si c'est une douleur, relaxer grâce à la respiration la zone douloureuse,
si c'est une émotion négative, faire preuve de compassion envers nous même.
La sensation désagréable fait partie de nous et ce n’est pas en la repoussant que nous pourrons réussir à nous en défaire,
complètement.
A chaque fois nous revenons à l’observation de la respiration, ou à l’attention au corps, à la connaissance de l’état d’esprit au moment
présent.
Si nous rencontrons un sentiment « négatif » comme par exemple l’irritation, il est fort probable qu’en observant attentivement ce
sentiment, on découvre derrière un autre sentiment duquel découle ce sentiment le plus apparent qui est « l’irritation ». Il peut s’agir de la frustration, et puis de la peur qui est
très relié à notre ego. Donc en rejetant l’irritation je ne fais que repousser une énergie très forte, je ne peux remonter jusqu’à la source de ce sentiment négatif. La peur est une force de vie
très puissante. Il nous faut l’examiner et non la renier.
Lorsque la colère est présente, essayons d’introduire un peu d’amitié dans cette colère. Ainsi d’une colère dense, nous aurons une colère plus
« amicale », d’une colère incontrôlable, nous aurons une colère plus enclin à être observée.
La colère est un sentiment tout à fait « commun », elle fait partie de nos gènes en quelque sorte.
Il ne s’agit pas de la réprimer ou de l’étendre.
En acceptant la colère nous acceptons d’être humain et de partager cette caractéristique.
En s’ouvrant à la colère, petit à petit, nous permettons à celle-ci de se transformer.
Il en est de même pour tous les aspects déplaisants que nous rencontrons.
En transformant notre rapport au monde nous arrivons à nous ouvrir totalement aux phénomènes, en intégrant même ceux que l’on considère comme
« ennemi » et que l’on veut séparer de nous mêmes habituellement.
Notre cœur a un mécanisme d’ouverture et de fermeture selon le contexte dans lequel nous nous trouvons.
Cependant bonheur et malheur sont des choses très relative, l’un existe par rapport à l’autre, et dépend de notre perception.
Plutôt que de concevoir metta comme un idéal extérieur à nous mêmes, la pratique de metta commence à l’intérieur de nous mêmes, grâce à la
méditation vipassana, et nous permet d’être réceptif à toutes les sensations sans créer de dualité, notamment d’être réceptif aux sensations déplaisantes.
Allant du personnel vers le transpersonnel, nous serons capable d’ouvrir notre cœur à toutes les expériences et de diffuser metta à tous les
êtres naturellement.
Le développement de metta sert de base aux trois autres demeures divines.
Karuna, la compassion est développée en demeurant présent avec la souffrance. D’abord avec celle que nous ressentons, en tant que douleur,
peine, puis comme compassion et partage de la souffrance avec autrui.
Mudita, la joie altruiste, se développe en éveillant en nous un sentiment de bien être et en lui permettant de demeurer.
L’équanimité, upekka, se rencontre comme résultat des pratiques précédentes. C’est une qualité qui permet de rester stable face aux
turbulences que rencontre l’esprit et de même, attentif face à un sentiment de paix.
Il ne faut pas confondre upekka avec l’indifférence qui met une distance entre le sujet et l’objet.
L’équanimité est un aboutissement car c’est l’union de la pratique de karuna et de mudita, de metta avec upekka. Là où, dépassant le moi, nous
rencontrons toutes les émotions avec la même bienveillance, capable d’être pleinement réceptif à tous les phénomènes qui se présentent, plein de bonté envers nous même comme avec autrui.
Continuez dans votre pratique et bonne chance !
Avec metta.
http://www.bodhinyanarama.net.nz/default.aspx?PageId=1
]]>fr2008-05-19T22:28:14Z
http://www.dhammapiti.org/article-18708528.html
fr2008-04-13T20:20:07Z
http://www.dhammapiti.org/article-18426163.html
fr2008-04-03T21:40:21Z